Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une: changement surprise de Premier ministre au Mali

Audio 04:40
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Publicité

 

Passation de pouvoir hier entre l’ancien Premier ministre, Oumar Tatam Ly - qui a démissionné ce week-end - et son successeur Moussa Mara. On attend toujours la composition du nouveau gouvernement mais le nouveau Premier ministre malien a d’ores et déjà fixé le cap : améliorer la gouvernance, les services publics et les relations entre l’Etat et les citoyens.

La presse malienne est plutôt circonspecte… Pas sur son programme en particulier mais surtout sur les conditions de sa nomination, qui provoquent beaucoup de questions.

Ainsi, « Mara Premier ministre : conspiration ou cadeau empoisonné ? », s’interroge Le Républicain. « Sa nomination à la Primature pourrait lui apporter plus d’ennuis que de succès quant à son avenir politique », estime le quotidien malien qui cite cette petite phrase d’un observateur politique : « Il s’est jeté dans un fleuve dont il ignore la profondeur ». Commentaire du Républicain : « La nomination de Mara à la Primature semble être en passe de semer les germes de la division au sein de la classe politique en général, du parti présidentiel, le RPM et son parti Yèlèma, en particulier. » En effet, précise le quotidien bamakois, « les ingrédients sont réunis pour un échec cuisant de Moussa Mara à la tête de la primature : colère au RPM, effervescence au sein de la majorité présidentielle, qui est mécontente de la violation du fait majoritaire, appétit au sein du parti Yèlèma dont les cadres pensent que leur tour est arrivé. C’est à douter, conclut Le Républicain, si le choix porté sur lui n’est pas tout simplement un cadeau empoisonné. Son empressement à vouloir goûter aux délices du pouvoir ne va-t-il pas lui coûter cher ? »

Les cadres du RPM déçus…

En fait, relève L’Informateur, autre quotidien malien, en nommant Moussa Mara Premier ministre, « le président IBK a dribblé le RPM », le parti présidentiel. « En effet, explique le journal, Moussa Mara, même si son parti, Yèlèma, est de la majorité présidentielle, n’est pas issu du parti du président de la République. Or, beaucoup de cadres du RPM, à l’image de son secrétaire général, Bocary Tréta, anciennement ministre du Développement rural, luttaient pour récupérer la Primature. Aujourd’hui, donc, ce sont tous ces gens du parti présidentiel qui sont déçus, puisque pris à contre-pied par le président de la République, qui a préféré nommer quelqu’un d’un autre bord politique (…). »

Le Canard Déchaîné renchérit en parlant de « désaveu cinglant d’IBK pour les cadres du RPM, qui percevaient la primature comme leur chasse gardée. »

Toutefois, le président n’a-t-il pas accordé la priorité à la compétence, tout simplement ? Le Canard Déchaîné rappelle que Moussa Mara occupait précédemment le poste de ministre de l’Urbanisme et de la politique de la ville. « En quelques mois, il s’est forgé, relève le journal, une réputation à ce département. On dit que c’est le seul ministère où les travailleurs étaient ponctuels, comme les aiguilles d’une montre ; où, il était pratiquement impossible aussi de voir des fonctionnaires prendre le thé aux heures de travail. Moussa Mara a forcé l’admiration du président de la République et de ses concitoyens par sa rigueur et son intégrité intellectuelle et morale. Mais surtout, son amour pour le travail bien fait et le service rendu à ses concitoyens. »

Alors pour donner plus de poids politique à ce jeune Premier ministre de 39 ans, Le Canard Déchaîné propose une solution : « lui trouver au moins une place de vice-président au sein du Bureau du RPM », afin qu’il « ne soit plus perçu comme un intrus. Celui-ci disposerait ainsi des moyens politiques nécessaires à sa mission, occuperait la première ligne de défense pendant que le président de la République apparaîtrait comme le garant moral de l’action gouvernementale. »

Priorité…

En tout cas, parmi les nombreux dossiers qui attendent le nouveau chef du gouvernement malien, il en est un de brûlant… A savoir la sécurité et la réconciliation nationale. En effet, pointe Le Pays au Burkina, « la guerre n’est pas terminée au Mali. (…) Les islamistes du Nord-Mali n’ont pas encore renoncé à leur projet de reconquérir et d’administrer le septentrion malien. Loin s’en faut. Les tirs de roquettes que Kidal a essuyés lundi dernier, visant les camps militaires malien et français, ainsi qu’une école, montrent que les islamistes n’ont pas encore lâché prise ou, du moins, ne sont pas prêts à se faire oublier. »

Et le quotidien burkinabé d’avertir : « Ces coups de canon à Kidal montrent que Bamako n’a pas droit à l’erreur, qu’elle doit toujours garder l’arme au pied. Cela est d’autant plus nécessaire que le nouveau round de négociations avec les groupes armés du Nord peine à prendre corps. En vérité, conclut Le Pays, tant que les démons de l’obscurantisme, de la division et de la violence ne s’endormiront pas à jamais, il faudra craindre le pire pour le Mali. »

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.