Revue de presse française

A la Une : ligue des Champions, Madrid touche le ciel

Audio 04:57
AFP
Par : François-Xavier Freland
11 mn

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A la Une, la brillante victoire de l’Atletico Madrid 3 à 1 hier contre Chelsea, en demi-finale de ligue des champions.

Une revue de presse très sportive et mondiale ce matin, car aucun journal français n’est dans les kiosques en ce 1er mai, jour de la Fête du travail. Ce n’est pas le cas des journaux espagnols, qui ont au moins assuré leur édition en ligne, en tous les cas pour fêter l’événement, la victoire du deuxième grand club de la capitale espagnole hier.

« Mémorable leçon de football », s’exclame en Une le quotidien sportif Marca, pas avare de superlatifs ce matin, à propos d’un match « Grandiose et historique », avec cette photo pleine page des héros rouges blancs de la soirée, dont l’attaquant Diego Costa, la star brésilienne de l’Atletico, auteur d’un but sur pénalty. Pour Marca, les deux clubs espagnols sont au paradis, selon une expression locale qui dit « De Madrid au ciel ».

« Une victoire tactique » selon Marca de Diego Simeone, l’entraineur madrilène contre le géant portugais Mourinho. Le coach argentin de l’Atletico a fait dans la finesse hier à l’heure de commenter la victoire de son équipe : « Je veux remercier les mamans de mes joueurs, a t-il dit, d’être nés avec des oeufs aussi gros ». Pas de traduction possible en français. « L’Atletico était le plus grand », titre sobrement El Pais.

« Europe, c’est un derby », se félicite en Une, le quotidien espagnol qui voit d’un bon œil cette finale 100 % espagnole en Ligue des champions. Ça sera donc Atletico Madrid contre le Real Madrid.

Ce n’est que justice, estime El Mundo : « quarante ans après une finale européenne perdue, l’Atletico a opté une nouvelle fois pour devenir l’un des plus grands clubs d’Europe ». « Affectueusement Mou » s’amuse encore El Mundo, qui salue le fair play de Mourinho, le sélectionneur portugais de Chelsea qui a assumé sportivement la défaite hier. « Mourinho, l’ancienne bête noire de l’Atletico, lorsqu’il dirigeait le Real Madrid. Ils méritent d’aller en final, a t-il dit, et qu’ils gagnent ». Pas très sympa pour son ancien club, le Real.

Très fair play, le quotidien britannique The Gardian, estime que les bleus ont perdu face à l’immense puissance de feu des madrilènes.

Alstom : General Electric, la meilleure offre

Alors qu’on murmure de plus en plus la reprise d’Alstom par le géant américain General Electric, Patrick Kron, le PDG du groupe français s’en explique dans un long entretien accordé au Monde, dans son édition paru hier après midi. Un PDG qui est apparu les traits tirés aux journalistes du Monde, visiblement fatigué par la pression qui repose sur ses épaules et par le fait que certains l’accusent d’avoir déjà fait son choix au détriment de l’Allemand Siemens. « Je ne suis pas un anti-germanique primaire », se défend ce dernier, qui estime que l’offre de General Electric est tout simplement la meilleure, de « très grande qualité, je ne peux le nier » dit-il, « puisque c’est moi qui l’ai négocié ». Le PDG d’Alstom estime que l’avenir du groupe n’est pas menacé à court terme mais « laisser Alstom seul serait risqué et dangereux », pense Patrick Kron qui veut absolument éviter « le cauchemar de 2003 » comme il l’appelle. « Il y a une dizaine d’années, l’entreprise était exsangue, dit-il. Nous avons dû supprimer la moitié des emplois », avant d’ajouter : « J’assume la perspective d’un adossement de certaines activités d’Alstom à un groupe qui a la capacité de mieux relever les défis du futur ». Patrick Kron avoue avoir eu des échanges très tôt avec le PDG de General Electric, qu’il a rencontré récemment aux Etats-Unis et avec qui il dit avoir trouvé des solutions à des sujets fondamentaux, sans quoi il ne pourrait y avoir d’accord. Il y aura donc une offre ferme de 12,35 milliards d’euros de General Electric pour racheter Alstom.

Le Monde qui souligne au passage que Siemens; le groupe allemand est déçu du manque de coopération de l’industriel français. Le groupe allemand qui négocierait en sous main, l’achat d’une partie des actifs de Rolls Royce dans l’énergie.

Irak : les élections de la peur

Enfin, les élections législatives en Irak se sont déroulées ce mercredi. C’est le premier vote en Irak depuis le retrait des troupes américaines. Et si les Irakiens se sont rendus massivement aux urnes avec un taux de participation autour de 60%, en défiant la violence donc, ils ont pour le New York Times voté dans un climat d’extrêmes mesures de sécurité. Hier, outre d’importantes forces de police et militaires déployées dans tout le pays, les autorités avaient décrété le couvre feu, trafic automobile interdit, aéroport fermé pour quelques jours. Ces mesures n’ont pas été suffisantes puisque des dizaines d’attaques meurtrières ont visé des bureaux de vote : « Toutes les élections en Irak se sont déroulées dans des circonstances difficiles, rappelle le New York Times, mais cette fois, le défi était d’autant plus grand que les troupes américaines n’étaient pas là pour assurer le boulot ». Il n’y avait pas beaucoup d’observateurs internationaux à cause du manque de sécurité et par conséquent, les soupçons de fraude sont inévitables estime Le New York Times. Car « si al Maliki ne gagne pas largement cette élection, cela peut laisser penser qu’il aura peut-être usé de son influence sur les institutions irakiennes pour faire pencher le résultat du scrutin en sa faveur ».

A l’issue de ce scrutin, « il risque de se poser la question de la légitimité du vote », conclue Le New York Times.

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