Chronique des matières premières

Le fixing de l'or à Londres: presque centenaire et sous surveillance

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Créé en 1919, le fixing de Londres, la référence mondiale du prix de l'or, est soupçonné de manipulations.

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Le fixing de l'or à Londres a presque cent ans. Mais ce n'est plus une institution vénérable ! Ce club de cinq grandes banques est chargé depuis 1919 d'annoncer deux fois par jour le cours de l'or, une fois par jour celui de l'argent, à l'issue de conférences téléphoniques d'un quart d'heure avec les clients de ces banques, que ce soit les autres grandes institutions financières ou les banques centrales. Selon que ces opérateurs sont plutôt acheteurs de lingots que vendeurs ou l'inverse, les cours des métaux précieux montent ou descendent.

Ce marché physique de gré à gré n'est pas le seul instrument de mesure des prix de l'or et de l'argent, il y a aussi les marchés à terme de New York et de Shanghaï. Mais Londres est «LA» référence quotidienne mondiale pour les groupes aurifères qui vendent de l'or, pour les joaillers ou les industriels qui l'achètent, pour les banques centrales qui remplissent ou vident leurs caves de lingots en échange de liquidités, et bien sûr pour tous les fonds d'investissement adossés à l'or, en tout un marché quotidien de 20 000 milliards de dollars !

Pourtant, les soupçons de manipulation grandissent, depuis la fin de l'année dernière : BaFin, le gendarme allemand des finances a décidé d'enquêter sur le fonctionnement très opaque du fixing londonien. Des chercheurs, aux États-Unis et en Australie, ont remarqué des comportements suspects des prix de l'or depuis dix ans, qui tendraient à indiquer qu'il y a eu collusion ou délit d'initié.

Depuis des investisseurs américains ont lancé une douzaine d'actions de groupe en justice contre les cinq banques du club : les Britanniques Barclays et HSBC, la Canadienne Scotia, la Française Société Générale et l'Allemande Deutsche Bank. Cette dernière a décidé de quitter le club en janvier. Depuis, elle n'a pas trouvé de remplaçant, même la Sud-Africaine Standard Bank, rachetée par une banque d'État chinoise, n'a pas voulu du siège. C'est dire si le fixing londonien, autrefois nec plus ultra de la finance, a perdu, faute de transparence et de réforme, son aura de respectabilité.

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