Chronique des matières premières

Le blé suit l'escalade en Ukraine et les températures aux Etats-Unis

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Le port d'Odessa en Ukraine.
Le port d'Odessa en Ukraine. Wikimedia CC BY 3.0 Aktron

Les cours du blé sont au plus haut depuis treize mois. Le conflit en Ukraine menace le port céréalier d'Odessa, et la sécheresse dégrade l'état des cultures aux Etats-Unis

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La courbe des prix du blé suit la montée de la violence en Ukraine et celle des températures aux Etats-Unis. La grande nation céréalière qu'est l'Ukraine est en proie à une guerre civile de plus en plus violente. Les affrontements ont fait une quarantaine de morts à Odessa. La base navale est le premier port céréalier de l'Ukraine, on craint donc que les exportations de grains soient perturbées. Il reste quinze jours de stock dans les entrepôts du port, estime Olivier Bouillet, correspondant d'Agritel dans le pays.

Mais pour la suite, c'est l'incertitude, d'autant que les agriculteurs font de la rétention, en attendant que la monnaie ukrainienne remonte un peu. Voilà pour l'ancienne récolte de blé. Mais la prochaine récolte est elle aussi menacée : l'Ukraine devrait produire 16 % de blé en moins, en partie faute d'engrais en quantité suffisante : importés, ces intrants sont devenus très chers depuis la dévaluation de la hryvnia. A 13 000 km de là, dans les champs de blé du Kansas, la température a franchi les 39 degrés, un record pour un mois de mai aux Etats-Unis.

Dans l'Oklahoma voisin, cette sécheresse pourrait conduire aux plus bas rendements de blé en 50 ans. En moyenne, sur tout le territoire américain, on est à 38 % de blé en mauvais ou en très mauvais état. Si l'Ukraine est le huitième exportateur de blé, les Etats-Unis sont le premier fournisseur du marché mondial. D'où l'ascension actuelle à la bourse de Chicago, non seulement du cours du blé livrable en juillet, mais du cours de la prochaine récolte, qui sera livré en novembre.

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