Revue de presse française

A la Une : le danger islamiste

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AFP

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En ce 8 mai, jour de l’anniversaire de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, plusieurs journaux se penchent sur un type d’extrémisme qui fait florès en ce début du XXIe siècle : l’extrémisme religieux.

Avec tout d’abord, les filières du jihad contre lesquelles l’Europe a décidé de se mobiliser. En effet, relève Le Figaro, « les ministres de l’Intérieur des pays les plus concernés par l’envol de jihadistes vers la Syrie se réunissent aujourd’hui pour tenter de trouver des mesures qui parviendront à endiguer le flux de départs et surveiller les retours. »

Commentaire du journal : « c’est la guerre à ne pas perdre et elle se déroule, cette fois, sur notre sol, au bout de notre rue. Sinon, demain, des centaines de Mohamed Merah seront susceptibles de mettre à feu et à sang des quartiers et des banlieues de nos villes. Cet ennemi intérieur, on le redoute en France, mais aussi partout en Europe, relève encore Le Figaro. Cet ennemi intérieur, il a le visage de tous ces jeunes, mineurs pour certains, qui partent combattre en Syrie, au nom d’Allah. Quand ils reviendront du jihad, comment les contrôler ? Comment les empêcher de continuer la lutte contre cet Occident qui les a vus grandir mais qu’ils détestent ? C’est dire, constate Le Figaro, si la réunion qui se tient, ce jeudi, à Bruxelles, est importante. Les ministres de l’Intérieur de quelques pays de l’Union vont tenter de trouver des parades avec leurs homologues du monde arabo-musulman. Il y a urgence. »

L’épouvantail Boko Haram

Inquiétudes également à propos des agissements de la secte islamiste Boko Haram au Nigeria. « Boko Haram ou la sanglante escalade de la terreur », titre Libération. Libération qui s’interroge : « que cherche vraiment Abubakar Shekau, le leader de Boko Haram ? A imposer un califat islamiste dans le nord du pays, tout en rejetant les valeurs occidentales, selon la doctrine originelle de Boko Haram ? Mais dans ce cas, pourquoi prend-il le risque de s’aliéner une partie des populations du Nord musulman, en défiant les parents des jeunes filles enlevées ou en massacrant aveuglément de simples villageois, lundi, à Gamboru Ngala ? (…) Shekau et ses troupes, dont l’importance réelle reste une énigme, sont depuis plusieurs années engagés dans une surenchère, relève Libération, qui ne pouvait qu’aboutir à la fuite en avant sanglante qui se déroule aujourd’hui. (…) Alors qu’hier s’ouvrait à Abuja le premier “Davos africain”, en présence notamment du Premier ministre chinois, note également le journal, le Nigeria, géant économique du continent, apparaît comme un colosse aux pieds d’argile, incapable de faire face à un groupuscule terroriste contre lequel les Etats-Unis et la France vont désormais apporter leur aide. »

Le Républicain Lorrain pointe ce qu’il estime être un faux pas important de la secte islamiste : « analphabètes et fiers de l’être, les crétins de Boko Haram ont sans doute commis une erreur mortelle en revendiquant de manière aussi primitive l’enlèvement des 200 lycéennes. Cette apologie de l’esclavage force le reste du monde à faire pression sur un gouvernement nigérian peu disposé jusqu’ici à accepter la moindre aide étrangère. Maintenant que la vidéo d’Abubakar Shekau a fichu en l’air son “Davos africain” organisé au même moment à Abuja, le président Goodluck Jonathan est soumis à une obligation de résultat, estime Le Républicain Lorrain. En exigeant par exemple de ses généraux de s’en mettre un peu moins dans les poches avec la manne sécuritaire qui représente près du quart du budget de ce pays producteur d’hydrocarbures. »

En attendant des résultats, donc, dans la lutte contre la secte islamiste, « on tremble depuis deux semaines, constate la Dépêche du Midi, pour ces centaines de jeunes filles, enlevées, vendues, dispersées sans doute, mariées de force, dit-on, à des membres du groupe de l’autre côté des frontières camerounaises et tchadiennes. »

Et puis, rappelle aussi La Dépêche, autre type d’extrémisme religieux : « un peu plus au sud, voilà le terrible Joseph Kony ; on attribue 100 000 morts à sa cruelle armée de résistance du Seigneur, il a déraciné et enrôlé 66 000 enfants pour les transformer en soldats décérébrés ou en objets sexuels. »

Le vernis craque…

On revient à Libération qui nous propose un dossier sur les maires Front national… « Un mois après les municipales, le FN avance masqué », titre Libération. « Les onze maires du parti d’extrême-droite suivent la stratégie de normalisation de Marine Le Pen. Mais un peu partout, le vernis commence à craquer », affirme le journal. En effet, relève Libération, « un peu partout, derrière le masque de la respectabilité politique, pointe le vrai visage du FN. David Rachline, à Fréjus, a ouvert son mandat en ôtant le drapeau européen du fronton de sa mairie, Franck Briffaut, à Villers-Cotterêts, a annoncé qu’il ne commémorerait pas l’abolition de l’esclavage, Cyril Nauth, à Mantes-la-Ville, s’oppose à la construction d’une mosquée… Preuves, s’il en était besoin, que la dédiabolisation du Front vendue par Marine Le Pen, dans sa quête du pouvoir, trouve vite ses limites. »

Battu mais gagnant…

Football… Le PSG a perdu hier mais il est sacré champion… « Champions sans panache », s’exclame Le Parisien en Une. Battu en effet par Rennes, 2 buts à 1 hier soir, le PSG a profité du nul de Monaco contre Guingamp, 1 but partout, pour s’emparer du titre.

« Drôle de sacre pour le PSG », donc soupire Le Parisien. « On va retenir l’essentiel : Paris est champion. Pour le spectacle, on attendra la saison prochaine, parce que hier la prestation du PSG contre Rennes a été à l’image de son jeu depuis un mois : décevante. Pis, les quarante-cinq premières minutes ont été médiocres. Il a fallu attendre la deuxième mi-temps, et l’entrée d’Ibra pour les voir confisquer le ballon et inquiéter les Bretons. Il y a deux équipes en une, constate encore Le Parisien : le PSG avec Zlatan Ibrahimovic et le PSG sans l’attaquant suédois. Mais même celle-là n’a pas suffi hier à battre les Rennais. Alors champion, oui. Mais sur une défaite sans gloire. C’est dommage. »

« Champions quand même », s’exclame en Une L’Equipe pour qui « le sacre du PSG ne souffre d’aucune contestation malgré une fin de saison difficile. »

Enfin, et l’année prochaine ? « Le Paris SG risque-t-il de tuer l’intérêt de la Ligue 1 ? », s’interroge Le Figaro. « À dominer de la tête et des épaules quasiment chaque week-end ses adversaires en L1, le PSG donne l’impression de n’être qu’une puissance éthérée flottant au-dessus d’un championnat de fantômes. L’asymétrie du rapport de force existant entre le club parisien aux ambitions gonflées par les fonds qatariens et la plupart des équipes françaises en souffrance au niveau économique engendre des effets pervers, estime Le Figaro, dont le premier tient à l’intérêt même de la compétition. »

 

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