Chronique des matières premières

Imperturbable, la Russie continue d'exporter ses matières premières

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Au 1er trimestre, les livraisons de gaz russe ont augmenté en volume par rapport à l'an dernier, de 4 % sur toutes les destinations et de +2 % vers l'UE, pourtant officiellement opposée à l'annexion de la Crimée, mais dépendante à 30 % du combustible russe
Au 1er trimestre, les livraisons de gaz russe ont augmenté en volume par rapport à l'an dernier, de 4 % sur toutes les destinations et de +2 % vers l'UE, pourtant officiellement opposée à l'annexion de la Crimée, mais dépendante à 30 % du combustible russe REUTERS/Radovan Stoklasa

Alors que les Occidentaux réfléchissent à de nouvelles sanctions contre Moscou, les statistiques révèlent que la Russie a continué à exporter ses matières premières à un bon rythme, y compris vers l'Europe.

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Les sanctions occidentales n'ont pas amputé le commerce, ni des hydrocarbures, ni des céréales, ni des métaux russes, bien au contraire. Au premier trimestre, les livraisons de gaz russe ont augmenté en volume par rapport à l'an dernier, de 4% sur toutes les destinations et de +2% vers l'Union européenne, pourtant officiellement opposée à l'annexion de la Crimée, mais encore dépendante à 30 % du combustible russe.

Le volume des exportations de pétrole s'est maintenu. La Russie n'a cependant pas pu valoriser aussi bien son brut, étant donné la chute des cours mondiaux du pétrole. En revanche, les exportations d'essence et surtout de diesel russes ont grimpé en flèche depuis le début de l'année, à la fois en quantité et en valeur. Les exportations de charbon, de potasse ont progressé au premier trimestre, celles des métaux ferreux également, mais aussi celles de palladium pour les pots catalytiques - la Russie produit annuellement près de la moitié de ce métal précieux.

Quant aux céréales, la Russie a exporté sur toutes les destinations six fois plus de blé que l'an dernier rien qu'au mois de mars. Autre grande spécialité russe, le nickel a quitté la Russie dans les mêmes quantités que l'an dernier au premier trimestre. Ce ne sont donc pas les perturbations réelles de l'approvisionnement russe qui ont fait grimper les cours du métal utile à la fabrication de l'acier inoxydable, tout au plus la peur qu'il y ait des interruptions, alors que l'Indonésie maintient déjà un embargo sur son minerai brut de nickel. La fermeture de l'usine de nickel de Vale en Nouvelle-Calédonie suite à une fuite d'acide n'a fait qu'accentuer cette hausse du nickel, profitable à la Russie.

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