Aujourd'hui l'économie

Les films français cartonnent à l’étranger

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L'actrice Adele Exarchopoulos, propulsée l'an dernier par <i>La vie d'Adèle</i> d'Abdelatif Kechiche, sur le tapis rouge de la montée des marches du Festival de Cannes pour la projection de <i>Grace de Monaco</i>, le 14 mai 2014.
L'actrice Adele Exarchopoulos, propulsée l'an dernier par <i>La vie d'Adèle</i> d'Abdelatif Kechiche, sur le tapis rouge de la montée des marches du Festival de Cannes pour la projection de <i>Grace de Monaco</i>, le 14 mai 2014. REUTERS/Eric Gaillard

La France est le deuxième exportateur de films au monde, derrière les Etats-Unis. Pour vendre ses productions, elle dispose d'une formidable rampe de lancement, le festival international du film de Cannes. La soixante-septième édition démarre ce soir.

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C’est un film réalisé par un français qui ouvre la compétition. Olivier Dahan présente Grace de Monaco, l'histoire de l'actrice devenue princesse. Ce que le producteur français espère avec cette biographie romanesque interprétée par Nicole Kidman, c'est évidemment de répéter le triomphe planétaire enregistré par la Môme en 2007. La biographie d'Édith Piaf réalisée par le même Olivier Dahan, auréolée de l'oscar attribué à Marion Cotillard, est l'archétype des machines à cash qui font rêver le cinéma français. Le film a rapporté 66 millions d'euros à travers le monde, soit trois fois son budget initial. Mais dans le cinéma français, les années se suivent et ne se ressemblent pas.

2012 a été une année exceptionnelle, en termes de recettes et d'entrée

Les recettes pour 2012 c'est 500 millions sur le territoire national, et près de 900 millions d'euros à l'étranger. Et cela grâce à trois succès phénoménaux. The Artist, lancé par Cannes et porté au pinacle à Hollywood avec l'oscar du meilleur film, la comédie Intouchables et surtout Taken 2, le film d'action qui est le deuxième plus grand succès public français. En revanche en 2013, entrées et recettes ont plongé à l'international, comme en France. Les deux marchés fonctionnent en miroir. À de rares exceptions près, les films qui marchent bien dans l'hexagone rencontrent du succès à l'étranger. Et ils se complètent en terme de revenus: les recettes à l'étranger sont en moyenne équivalentes à celles dégagées en France. L'exportation devient donc une source appréciable de financement.

Mais si les films d'auteur, très prisés par la critique contribuent au rayonnement du 7e art tricolore, ce sont surtout les comédies, les comédies romantiques et les drames que le public étranger plébiscite selon une étude d'UniFrance – organe public chargé de promouvoir le cinéma français, dévoilée aujourd'hui à Cannes et comme le démontre le cru 2012. Les exceptions, ce sont par exemple en 2013 le dernier film de Bernadette Laffont, Paulette, qui a fait un tabac en Allemagne, ou encore La Cage dorée de Ruben Alves qui a réalisé un score plus élevé que Gravity au Portugal avec un million d'entrées.

La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche, la palme d'or l'année 2013 a-t-elle été une locomotive du cinéma français à l'étranger ?

Le film a trouvé son public avec plus d'un million d'entrées en France sans devenir pour autant le blockbuster de l'année. Il a commencé une belle carrière à l'international avec quelques déboires, puisque cette histoire d'amour entre deux femmes a été interdite au moins de 18 ans dans certains pays. Aux États-Unis cela n'a pas empêché une bonne diffusion du film.

Les États-Unis sont le pays où l'on vend le plus de films français, vient ensuite la Chine. Il n'y a pas que la palme pour faire le buzz. La comédie française qui explose en ce moment en salle, Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? a déjà plus de 6 millions d'entrées au compteur et elle ne fait pas partie de la sélection officielle. Mais toute l'équipe du film sur les préjugés racistes descend à Cannes, car c'est sur la croisette qu'on signe les ventes.



♦ En bref dans l'actualité économique :

Les Américains sont devenus en 2013 les premiers buveurs de vin au monde, devant les Français

Les Français en fait ont été plus sobres et plus sélectifs selon les chiffres publiés par l'organisation internationale du vin tandis que les Américains ont consommé à peu près toujours la même quantité. À 80 % des vins produits chez eux. Globalement le volume des vins exportés a légèrement baissé l'année dernière, mais en valeur les échanges ont augmenté, ils se montent à 73 milliards d'euros. Le vin est un bien qui s’exporte de mieux en mieux à travers le monde.

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