Revue de presse Afrique

A la Une : carnage au Nigeria

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Double attentat, hier, sur un marché de Jos dans le centre du pays. Bilan : au moins 118 morts. Et tous les regards se portent une nouvelle fois sur Boko Haram. « Le crime prend l’échelle à une vitesse exponentielle et les autorités en perdent le nord, s’exclame le site d’information Guinée Conakry Infos. Alors que les critiques sur le laxisme du président Goodluck Jonathan sur le rapt des 223 lycéennes de Chibok, dans l’Etat du Borno, sont loin de s’éteindre, voilà que cette double attaque vient aggraver la situation avec plus de 2 000 morts depuis le début de cette année ! La fréquence de ces attaques meurtrières et la résilience des groupes à refaire surface, et à frapper de plus en plus fort, ont de quoi vraiment inquiéter la communauté internationale, relève Guinée Conakry Infos, qui, malgré la mobilisation de nombreux moyens logistiques, dont des drones américains, ne parvient toujours pas à empêcher ces bandits de commettre de nouvelles forfaitures. »

Qui plus est, note encore le site guinéen, « les militaires nigérians comme le président Goodluck Jonathan semblent “débordés” de tous les côtés par la fulgurance des attaques, leur audace et leur fréquence. Des actes qui exigent des réponses concertées et foudroyantes. A défaut, Boko Haram et tous les groupes de son acabit se croiront encore, hélas, tout permis. »

Finalement, soupire L’Observateur Paalga, au Burkina, « le sommet de Paris n’aura servi à rien, en tout cas pour le moment. Les chefs d’Etat africains qui s’étaient réunis le week-end dernier autour de François Hollande pour trouver une réponse adéquate à Boko Haram se sont à peine quittés que le Nigeria était de nouveau ensanglanté. (…) Petit à petit le pays sombre dans le chaos, car en l’espace de deux mois, c’est la quatrième action d’envergure contre ce géant du continent (…). Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, aurait voulu faire la nique à ceux qui promettaient de le réduire en cendres qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Plus que jamais, estime L’Observateur Paalga, s’impose l’action globale projetée par les conférenciers de Paris pour venir à bout de l’hydre sanglant, et le plus tôt serait le mieux, car, au rythme d’un attentat toutes les deux semaines, ce géant dont on sait les pieds particulièrement fragiles est en train de sombrer dans l’abîme. »

Goodluck Jonathan sur la sellette…

De son côté, Le Pays, toujours au Burkina, ne ménage pas ses critiques envers le président nigérian… « Goodluck Jonathan est sur la sellette », relève le quotidien ouagalais. Malgré ses promesses, il ne s’est toujours pas rendu à Chibok, rencontrer les parents des jeunes filles enlevées, il y a maintenant un mois. « Par ce rendez-vous manqué, le président nigérian envoie un message négatif à son peuple, allant du manque d’humanité à la couardise face à Boko Haram, surtout si cette annulation est guidée par des raisons sécuritaires comme le laissent entendre certaines voix. (…) Boko Haram qui aurait donc réussi à faire peur au président d’un pays qui se veut l’un des plus puissants d’Afrique. Cela est un terrible aveu d’échec et d’impuissance, de quoi émousser même l’enthousiasme de la communauté internationale qui s’est mobilisée pour lui venir en aide. »

Résultat, constate Le Pays, « la question de sa capacité à présider aux destinées de son pays est de plus en plus sujette à caution pour ses contempteurs dont beaucoup pensent qu’il n’est pas à la hauteur de la charge. En cela, l’on pourrait dire qu’avec cette affaire, son avenir politique semble se dessiner en pointillés. (…) D’autant plus que bien avant ces événements, le vide avait commencé à se faire autour de lui avec la défection de plusieurs poids lourds de son propre camp, dont des gouverneurs et des députés, pour aller grossir les rangs de l’opposition. Conséquence, son parti, le PDP a perdu la majorité à l’Assemblée nationale. »

Mater les rebelles assassins !

Et puis au Mali, le débat se poursuit par voie de presse après l’attaque de Kidal samedi dernier. Le quotidien L’Indépendant fait le point sur les attributions des différentes forces en présence. Les forces internationales, Serval et Minusma, ont pour mission, rappelle-t-il, « de traquer et d’anéantir les hordes narco jihadistes. Elles n’ont pas vocation à aider les forces armées maliennes à combattre et annihiler les groupes rebelles “nationaux”. A cet égard, les différentes résolutions du Conseil de sécurité sur le Mali ne souffrent d’aucune ambiguïté. (…) Dans une telle situation, relève L’Indépendant, le Mali ne peut compter assurément que sur lui-même pour libérer Kidal de l’emprise du MNLA et recouvrer l’entièreté de sa souveraineté nationale. Le président IBK et son Premier ministre Moussa Mara ont pris l’unique décision qui s’imposait, estime le quotidien bamakois : envoyer la troupe pour mater les rebelles assassins. Et ceux-ci devront être enchainés, transportés à Bamako pour y être jugés et condamnés pour ce qu’ils sont : des auteurs de crimes contre l’humanité. »

 

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