Revue de presse française

A la Une: embuscade et coup d’Etat à Bangkok

Audio 06:23
AFP
13 mn

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Casque léger et mitraillette, les militaires en treillis patrouillent dans les rues de Bangkok. La photo est à la Une du Figaro. Le coup d’Etat ? Bah ! N’est-ce pas une « tradition » à Bangkok, modère pourtant le journal. Depuis 1932, quand ce royaume est devenu une monarchie constitutionnelle, la Thaïlande « a connu dix-huit coups d’État ou tentatives » de coup d’Etat, rappelle le quotidien. Sauf que cette fois-ci, l’armée thaïlandaise a « innové », souligne le journal. Son putsch, elle l’a effectué « en deux temps ». Mardi, les militaires avaient décrété la loi martiale ; jeudi, ils ont tendu un « guet-apens » aux politiciens, complète Libération. Hier après-midi, en effet, l’ensemble des leaders des différentes factions engagées dans le conflit politique avait été « convoqués » pour une session de négociation au Club de l’armée. La suite ? Libé la raconte : « Les invités sont bien arrivés. La porte a été fermée… et les militaires ont arrêté tout le monde, les partisans du gouvernement comme ses détracteurs ».

Alors, que va faire l’armée ? Quelles sont ses intentions ? « Nul ne (le) sait », concède Le Figaro. Mais les militaires émanent d’un « establishment royal et politique » représentant les élites traditionnelles de la Thaïlande. Et à l’image des grandes institutions du pays, elle « penche du côté des manifestants antigouvernementaux », rappelle le confrère.

« Alliée traditionnelle de ces classes moyennes ultraroyalistes », l’armée, qui est désormais au pouvoir, essaie de « gagner du temps », explique Le Parisien. Le journal évoque déjà la tenue d’élections nationales. Et rappelle que depuis 2006, date à laquelle le Premier ministre Thaksin Shinawatra fut chassé du pouvoir par un coup d’Etat, les alliés de son clan, soutenus par les chemises rouges, ne cessent de « revenir au pouvoir par les urnes » et qu’à chaque fois, l’armée ou le pouvoir judiciaire « les en chasse ».

Européennes : les raison de la colère

J – 2 pour les élections européennes en France. Le FN est donné en tête. Un sondage Harris-Interactive pour Le Parisien crédite le Front national de 23 % des intentions de vote, soit un point de plus que lors de la précédente enquête une semaine plus tôt, contre 21 % pour l’UMP, qui reste stable, et 16 % pour le Parti socialiste, qui perd un demi-point. Quand aux centristes, avec 11 % des intentions de vote, ils gagnent trois points par rapport à la semaine dernière.

Il faut dire, commente L'Humanité, que l’Europe est un « nœud de colères. A commencer par celle des électeurs dont les voix n'ont pas été respectées hier et qui ne seraient pas entendues demain si elles restaient trop faibles ». Attention, prévient le quotidien communiste ! La colère, « si elle tournait à l'aigre de la haine, pourrait s'avérer dévastatrice ».

Et pourtant « que serait une France isolée dans le monde tel qu'il est ? », sermonne La Croix. Comme le souligne le quotidien catholique, d'autres pays et d'autres hommes, à ses marges, ou très lointains, « rêvent » de rejoindre l’Europe. Voilà pourquoi, au moment de mettre un bulletin dans l'urne, chaque électeur européen devra s'interroger sur ce « rêve », professe La Croix.

Seulement voilà, diagnostique le quotidien L’Opinion, l’Europe est en panne. Car son moteur franco-allemand « ne tourne plus ». Et si celui-ci est défaillant, c’est parce que Paris a cessé de « l’alimenter en carburant ». Selon le journal, l’Allemagne a besoin d’une France qui « n’hésiterait pas à se réformer ».

UMP : Copé vire sur l’aile

Au lendemain des européennes, c’est une autre crise qui menace : celle au sein de l’UMP. C’est mardi que le parti, dont l’ancien président Nicolas Sarkozy porta les couleurs aux présidentielles de 2007 et 2012, réuni son bureau politique. Et son président a promis d’y présenter un « rapport » sur les comptes de l’UMP. Or hier matin, Jean-François Copé, puisque c’est de lui dont il s’agit, a négocié un vrai virage sur l’aile au sujet de l’affaire des surfacturations (ou des fausses prestations, c’est selon) de la société de communication Bygmalion. Dirigée par des proches de Jean-François Copé, cette agence, en 2012, aurait facturé pour 20 millions d’euros de prestations pour le moins controversées.

Hier matin, donc, le président de l’UMP a dit sur la radio RTL que la révélation de cette affaire par la presse a fait naître chez lui « des interrogations ». Et il a dit « merci » à la presse de lui avoir en quelque sorte décillé les yeux.

Alors, forcément, ce matin, le quotidien Libération se marre ! Lui qui est à l’origine des dernières révélations dans « l’affaire Bygmalion » se réjouit. « Sans nous, Jean-François Copé n’aurait jamais rien su, lance le journal. (…) Il serait demeuré ignorant des opérations troubles de quelques collaborateurs et d’anciens amis… ».

Mais au-delà de l’ironie, Libé y va de ce conseil au président de l’UMP, sorte de « chiche » à Jean-François Copé. « Plutôt que d’attendre on ne sait quelle échéance ou convocation judiciaire, il doit lever l’omerta sur les comptes de son parti », étant rappelé que l’omertà, en Sicile, c’est la loi du silence au sein de la mafia..

Gaz de schistes : pourquoi pas ?

En France encore, l’extraction des gaz de schistes revient dans l’actualité. On la croyait sous terre, revoilà cette question sur le devant de la scène. Et c’est par voie de presse qu’elle fait son retour. Dans un entretien au journal Le Parisien, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie ne ferme pas la porte à l'extraction du gaz de schiste à condition que soient mises au point « de nouvelles technologies non dangereuses », dit Ségolène Royal. « Moi, je ne suis pas dogmatique, lance-t-elle, et si de nouvelles technologies non dangereuses apparaissent, pourquoi pas ? »

Pape : dans les pas du Christ

Le pape entame demain un voyage en Terre sainte. En levant les yeux sur son passage, le souverain pontife devrait s’apercevoir en majesté sur la banderole géante déployée en façade d’un immeuble de la vielle ville de Jérusalem, au dessus d’un message de bienvenue en anglais et en hébreu.

Cette image, le journal La Croix la publie en une. Le quotidien catholique propose un dossier sur les enjeux du voyage du pape François en Jordanie, en Israël et dans les territoires palestiniens. Le quotidien catholique analyse notamment les enjeux diplomatiques et œcuméniques de ce pèlerinage « strictement religieux », précise La Croix. Quand aux discours du pape, ils seront « courts et denses », croit savoir Le Figaro. En Terre sainte, le pape, qui va « mettre ses pas dans ceux du Christ » (une affaire « délicate », souligne le quotidien), « dosera » prudemment les « symboles ». Mais dans la manche de sa chasuble, François ne manque pas d’atouts. Certes il « garde ses distances » vis-à-vis d’Israël, mais il « aime les juifs », souligne le journal. Et à l’instar de ses prédécesseurs, il soutient la cause palestinienne.

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