Revue de presse Afrique

A la Une : la Centrafrique sous haute tension

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Rien ne va plus en République centrafricaine depuis l’attaque meurtrière de l’église Notre-Dame de Fatima, dans le centre de Bangui, mercredi 28 mai.

Dans la capitale, chaque citoyen est à la merci du « pire », et la ville s’est installée dans la « logique totalitaire » de la « terreur permanente », déplore Le Pays, au Burkina-Faso. Et aujourd’hui, en Centrafrique, personne ne sait vraiment quoi entreprendre pour y « séparer le religieux et le politique. Pire, la sphère politique a été complètement abandonnée au monde de la violence d’essence religieuse », complète le quotidien ouagalais. Qui refuse pourtant de se résigner : « Non, lance-t-il, demain, aucun fascisme religieux ne régnera sur le pays de Boganda ».

Depuis quarante-huit heures, c’est « le chaos après le carnage » à Bangui, lance en France le journal Libération. La capitale « s’est figé(e) » hier, les barricades fumantes sur les principaux axes l’ayant « paralysée ». Et la population civile « s’est soulevée » pour dire sa colère.

Depuis deux jours, la capitale connaît un « dramatique pic de violence », constate aussi ce matin en France le quotidien Le Parisien. Quand aux musulmans, ils ont fui plus au nord, à la frontière avec le Tchad et le Cameroun, « menaçant le pays d’une partition de fait », note à son tour le journal.

Centrafrique : Bambari la peur
 
Plus au nord, justement. A Bambari aussi, la tension reste vive. Le Journal de Bangui rapporte des informations de Centrafrique Libre qui signale qu’à Bambari, des « désertions » sont signalées dans les rangs des ex-Seleka depuis que l’application des mesures de confiance leur est imposée. Des mesures qui, rappelons-le, exigent le cantonnement des éléments de l’ex-coalition.

Reportage, à Bambari, justement, du journal La Croix. Bambari où les Français sont « dans la tourmente », lance le quotidien catholique. On y croise de jeunes musulmans au barrage du pont de l’Ouaka armés de machettes, poignards, arcs et flèches. Ils sont drogués au tramadol, un cachet contre la douleur absorbé à haute dose avec de l’alcool de palme. « À l’évidence, ils veulent tuer », s’effare le quotidien catholique.

Tuer pour ne pas l’être. Car les musulmans de Bambari ont peur d’être à leur tour la cible des anti-balaka, comme l’ont été leurs frères de Bangui, puis ceux de l’Ouest, explique le journal.

Seulement voilà, à Bambari, le souvenir des exactions, des crimes et des vols commis par la Seleka à son arrivée, en décembre 2012, a « laissé des traces profondes » parmi leurs victimes chrétiennes « qui crient vengeance », soupire La Croix.

Mali : Boubeye le sacrifié

Au Mali, le nord du pays demeure en proie à l’instabilité. Malgré l’opération Serval, lancée par la France début 2013, et l’éloignement de la menace islamiste, la réconciliation nationale « ne trouve pas de traduction sur le terrain », euphémise La Croix. Qui le constate : pour l’heure, l’accord de cessez-le-feu n’a pas permis de sécuriser le Nord.

Et puis la presse continue de commenter l’éviction du gouvernement malien du ministre de la Défense. Au Burkina Faso, Soumeïlou Boubeye Maïga est qualifié de « bon fusible » et de « bouc émissaire idéal » par L’Observateur Paalga. Qui lui rend hommage en le qualifiant de « grand artisan de la normalisation du camp militaire de Kati, lui qui a contribué à diligenter les enquêtes sur les disparitions de militaires bérets rouges ».

On le voit, Boubeye, comme on l’appelle familièrement au Mali, ne manque pas d’appui dans la région. Et son éviction du gouvernement « aura des conséquences sur le pouvoir d’IBK », le président, prévient le journal L’Indépendant à Bamako. Lesquelles ? Le confrère bamakois se garde bien de le dire, se bornant pour l’heure à se demander si la « brouille, c’est un euphémisme », ajoute-t-il, scelle-t-elle un « divorce » entre les deux hommes. Car Boubèye apparaît comme une « tête brulée » dans la sphère politique nationale au mali, un véritable « dur à cuire » au sein du pouvoir d’IBK, prévient L’Indépendant.

En tout cas, après la démission de « Boubeye », à qui le tour ? C’est la question posée par L’Indicateur du Renouveau. « Il faut que d’autres têtes tombent, martèle le confrère malien. Pourquoi pas celle du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité », propose-t-il ? En tout cas, pour le journal bamakois, c’et sûr, IBK « n’a pas encore fini de tirer les conséquences de la débâcle de l’armée malienne à Kidal ».

 

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