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Mario Draghi adopte une série de mesures pour enrayer la déflation

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Le gouverneur de la BCE a annoncé une série de mesures concrètes pour enrayer la déflation qui menace. Photo : Francfort, le 5 juin 2014.
Le gouverneur de la BCE a annoncé une série de mesures concrètes pour enrayer la déflation qui menace. Photo : Francfort, le 5 juin 2014. REUTERS/Ralph Orlowski

Pour endiguer la menace de la déflation, la Banque centrale européenne a sorti hier les grands moyens, les mesures annoncées ont été saluées par les marchés comme par les gouvernants.

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Effectivement, c’est un peu le jour de gloire pour Mario Draghi : les gouvernants européens, le FMI, tout le monde se réjouit des mesures adoptées hier par la BCE. Le patron de la Banque centrale européenne ne s’est pas contenté cette fois d’une déclaration pour ramener la confiance. Il a annoncé une série de mesures concrètes pour enrayer la déflation qui menace. Parce que le problème avec ce phénomène de baisse généralisée des prix, c’est qu’on s’en aperçoit souvent trop tard, et qu’une fois la déflation installée, il est très compliqué de la déloger, les Japonais en savent quelque chose, ils ont aujourd’hui beaucoup de mal à sortir de cette déflation qui les plombe depuis des décennies.

Mario Draghi a hier rassuré l’Europe en affirmant qu’il ne voyait pas les consommateurs repousser leurs achats en attendant que les prix baissent encore, pour lui la déflation n’est donc pas encore installée en zone euro, mais il agit préventivement. D’abord en abaissant le taux directeur principal de la BCE à un nouveau plus bas historique, 0,15 %, c’est moins que la Banque centrale américaine. En approchant le plancher, il marche d’ailleurs dans les pas de la Fed, avec l’approbation des gouverneurs allemands de la BCE, ce qui est assez remarquable.

Cette baisse des taux a dans un premier temps fait baisser l’euro sur le marché des changes

C’est une très bonne nouvelle pour les pays comme la France, qui réclame un euro moins cher pour doper les exportations. Ce matin, l’euro est légèrement remonté, mais la tendance est baissière. Par ailleurs, pour ranimer la croissance, Mario Draghi secoue un peu les banques, la BCE va les contraindre à faire leur job, c’est-à-dire à prêter de l’argent. Et pour les obliger à sortir du bois, celles qui laissent leur argent dormir à la BCE seront pénalisées par un taux d’intérêt négatif, de -0,10% sur leur dépôt. C’est une initiative totalement inédite en Europe, impensable pour les gardiens de l’orthodoxie financière de la Bundesbank, par exemple.

Mario Draghi a par ailleurs créé la surprise en annonçant des mesures pour financer les prêts aux entreprises

Comme en Europe ce sont surtout les banques et non les marchés qui financent les entreprises, le gouverneur de la Banque centrale propose donc deux prêts aux banques à partir de septembre puis décembre pour les aider à prêter de l’argent aux entreprises en général, aux PME en particulier. Mario Draghi a été très clair, l’idée n’est pas d’alimenter une nouvelle bulle, par exemple, ces prêts ne concernent pas l’immobilier, mais bien de mettre un peu d’huile dans les rouages de l’économie réelle. L’idée est séduisante, mais en France par exemple les banques ne prêtent pas volontiers aux PME surtout parce que l’énergie et les frais consacrés à ces prêts ne sont pas assez rentables à leurs yeux. Pour les faire changer d’avis, la Banque centrale européenne accordera ces prêts généreux seulement en fonction du volume de crédits que les banques auront accordés aux PME. 400 milliards d’euros seront dévolus à ce programme de relance. Et ce n’est pas tout, Mario Draghi a prévenu, en cas de besoin, il a d’autres munitions dans sa besace. 

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