Aujourd'hui l'économie

Uber, le cauchemar des taxis

Audio 03:13
En janvier 2014 les chauffeurs de taxis étaient déjà en grève contre les VTC.
En janvier 2014 les chauffeurs de taxis étaient déjà en grève contre les VTC. RFI/Ariane Gaffuri

Mobilisation générale dans le monde des taxis. Une manifestation est prévue demain en Europe pour protester contre la concurrence, déloyale à leurs yeux, des VTC, véhicule de tourisme avec chauffeur, que la start-up californienne Uber a propulsé avec une application installée sur les téléphones portables.

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Uber, en 4 ans d'existence est déjà un bolide du transport. Et pourtant la société n'a pas de flotte de voitures et très peu d'employés. La start-upnée à San Francisco est un pur produit de l'internet. Son métier repose sur une application disponible sur un portable avec un système de géolocalisation. En mettant en relation un VTC, une voiture de tourisme avec chauffeur, avec un client en quête d'un moyen de transport cette appli a bouleversé le marché traditionnel des taxis.

L'idée a germé dans la tête du concepteur l'Américain Travis Kalanick, lors d'un séjour à Paris où il était confronté comme de nombreux habitants de la capitale à la pénurie de taxis, très sensibles à certaines heures de la journée. Uber propose maintenant ce service dans les grandes villes d'une trentaine de pays.

La start-up qui n'est pas encore cotée en bourse pourrait valoir 17 milliards de dollars, selon les dernières estimations du Wall Street Journal

Cette valorisation a été faite ce vendredi au moment où l’entreprise levait 1,2 milliard de dollars. Ce chiffre, 17 milliards, paraît astronomique à l'aune de son chiffre d'affaires actuel. En prélevant 20 % sur les transactions, ses recettes annuelles sont aujourd'hui de plusieurs centaines de millions de dollars. Comment expliquer une estimation aussi optimiste ? Eh bien en regardant d'abord la taille du marché.

Le marché mondial des taxis c'est à peu près 100 milliards de dollars. Uber n'a pour l'instant que les miettes du gâteau. En étendant sa couverture de la planète, en prenant une part croissante du marché, et pourquoi pas en augmentant ses prélèvements sur les transactions, elle pourrait donc grossir très rapidement.

Les taxis ont donc vraiment du souci à se faire

Leurs craintes sont justifiées si on considère que le gisement de la clientèle est limité. Mais Uber voit les choses autrement. En offrant un service aussi simple, à portée de clic sur le portable, elle pense être en mesure de convaincre les citadins de renoncer à leur voiture personnelle. C'est donc l'explosion du marché qu'Uber espère provoquer plutôt que son assèchement. D'ailleurs, les fondateurs de la start-up n'entendent pas se cantonner au marché des taxis.

Avec cette géniale application à portée de clic, Uber se voit en future plateforme logistique, capable de faire des livraisons à l'instar de FedEx ou UPS. C'est un empire que son créateur, Travis Kalanick, est en train de construire. Les investisseurs l'ont compris et certains loin de croire à une bulle internet imaginent déjà qu'Uber pèsera demain non pas 17, mais 100 milliards de dollars.
 



♦ En bref dans l'actualité économique :

En Finlande la dette publique dépassera cette année 60% du PIB, soit la limite maximale autorisée par Bruxelles

C'est la première fois que les vertueux Finlandais ne rentrent pas dans les clous de Maastricht. Les rentrées fiscales sont bien moindres qu'espérées à cause de la récession installée depuis deux ans déjà. Les pépites de son économie, l'industrie du papier et l'électronique ne parviennent pas à enrayer le déclin.

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