Aujourd'hui l'économie

Un pacte et des allègements d’impôts inscrits dans le budget 2014

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Lors du conseil des ministre de ce matin, le Premier ministre Manuel Valls a présenté son projet de loi de finances rectificatif.
Lors du conseil des ministre de ce matin, le Premier ministre Manuel Valls a présenté son projet de loi de finances rectificatif. REUTERS/Philippe Wojazer

Manuel Valls a présenté ce mercredi son projet de loi de finances rectificatif en Conseil des ministres. Avec une série d'exemptions d'impôts, la politique de l'offre choisie par le gouvernement pour ranimer la croissance est confirmée.

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Le cadeau fiscal fait aux entreprises se monte à 21 milliards d'euros, via essentiellement le crédit d'impôt compétitivité emploi. Si on ajoute les diverses exonérations de charge, le secteur privé dispose de 30 milliards d'euros pour doper son activité. Le gouvernement inscrit donc définitivement son pacte de responsabilité et de solidarité dans la loi de finances. Pour faire bonne mesure, la pression fiscale sur les familles les plus modestes est fortement abaissée.

Plus de 3,7 millions de ménages vont en bénéficier, c'est 500 000 de plus que prévu. La relance par les entreprises d'un côté, la solidarité de l'autre sont les deux gros bidons de ce budget 2014 côté dépenses. Mais comme la France est censée réduire son endettement, comme l'anémie de la croissance ne fournira pas beaucoup de surplus de recettes fiscales, l'État doit faire de sérieuses économies.

Pour l'année 2014, quatre milliards d'euros d’économie ont été trouvés

Les ministères vont devoir se serrer un peu plus la ceinture, y compris la Défense et l'Education nationale. Il faudra peut-être vendre quelques biens immobiliers pour trouver un peu d'oxygène. Seul le budget du personnel de l'État est sanctuarisé. L'essentiel des économies réalisées proviendra des coupes dans les prestations de la sécurité sociale. Les investissements d'avenir censés rallumés la flamme de l'innovation en France sont aussi mis à contribution, une partie de l'enveloppe est décalée.

Tout ça pour parvenir à un déficit à 3,8 % du produit intérieur brut, conformément à l'engagement pris devant les partenaires européens pour ramener le déficit public à un niveau soutenable. Cet objectif est maintenu tout comme la prévision de croissance à 1%. Des prévisions trop optimistes aux yeux du Haut conseil des finances publiques, ce conseil des sages chargé depuis un an de donner son avis sur le projet de loi de finances a réitéré ses réserves dans l'avis qu'il a publié ce matin.

Le Haut Conseil dirigé par le président de la Cour des comptes Didier Migaud doute fort d'une croissance à 1%, il est aussi très sceptique sur les recettes fiscales escomptées, le gouvernement une fois de plus surévalue ses revenus et il sera sans doute conduit à des révisions douloureuses. N'oublions pas que le projet de loi de finances rectificative présenté ce matin est contraint de l'argent frais, car les recettes fiscales pour 2013 ont dérapé.

Une bonne nouvelle pour les finances publiques : l'allègement du poids de la charge de la dette

Effectivement, les remboursements sur les intérêts baissent comme par magie de 1,8 milliard d'euros. La charge de la dette serait finalement de 45 milliards d'euros en 2014 grâce à la baisse historique des taux alors que la dette totale s'alourdit. Avec la baisse du taux directeur décidé la semaine dernière par la BCE, cet allégement indolore pourrait d'ailleurs s'accentuer. C'est bien, mais il n'y a pas de miracle, la charge de la dette reste l'un des premiers postes de dépense de l'État.
 


♦ En bref dans l'actualité économique :

Dans l'industrie textile, le fait de fabriquer en Europe ne garantit pas des salaires décents aux ouvrières

C'est ce que révèle un rapport de l'ONG la Déclaration de Berne. Dans 9 pays d'Europe de l'Est ainsi qu'en Turquie, les couturières travaillant pour les donneurs d'ordre européen comme Zara, H&M, Hugo Boss ou encore Benetton touchent des salaires comparables au standard courant en Asie. En Moldavie, les salaires sont plus bas qu'en Indonésie, en Roumanie ou en Bulgarie le salaire minium est inférieur à ce qui se pratique en Chine selon l'ONG suisse.
 

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