Chronique des matières premières

Pas assez de cacao pour l’industrie, pas assez de revenus pour les planteurs

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Un sac de cacao en provenance de Côte d'Ivoire.
Un sac de cacao en provenance de Côte d'Ivoire. Getty Images/Jacob Silberberg

Deux ans après la première édition à Abidjan, en Côte d’Ivoire, la deuxième conférence mondiale du cacao se réunit à Amsterdam, premier port d’importation en Europe. L’industrie craint de manquer de cacao, tandis que les pays producteurs veulent de meilleurs prix.

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Va-t-on manquer de cacao, c’est en tout cas le souci du négoce et de l’industrie du chocolat : ils déplorent la hausse des cours de leur matière première depuis un an, fève, poudre et beurre de cacao. Pendant ce temps les principaux pays producteurs affichent à Amsterdam leur bonne volonté pour redynamiser cette culture. Côte d’Ivoire, Ghana, Indonésie, Nigeria, Cameroun, tous proclament qu’ils veulent retenir les jeunes dans les plantations de cacao.

Au moyen de prix minimum plus élevés pour les producteurs, de distribution de semences dites améliorées - les Mercedes en Côte d’Ivoire, les hybrides au Ghana - et d’engrais.

Pourtant, pas de quoi révolutionner le secteur : la productivité du cacao en Afrique reste très basse, moins de 500 kilos à l’hectare contre… 2 à 3 tonnes au Brésil ! Ce qui manque aux producteurs, c’est le choix d’améliorer leurs parcelles comme ils l’entendent, estime un agronome, ils sont complètement liés à un système. Les Etats producteurs d’Afrique de l’Ouest se savent incontournables sur le marché mondial, même si Côte-d’Ivoire et Ghana refusent d’être considérés comme « l’OPEP du cacao ».

Ils sont en fait satisfaits des prix mondiaux actuels, qui leur permettent de remplir les caisses publiques, pas question de risquer la surproduction qui ferait s’effondrer les cours. « Nous versons désormais 60 % du prix international aux paysans », rappelle la directrice générale du Conseil ivoirien du café-cacao. « C’est aux industriels, estime Massandjé Touré Litsé, d’être plus généreux, 3% seulement de la valeur d’une tablette de chocolat revient au producteur, le prix du cacao ne doit plus être un sujet tabou », a-t-elle martelé.
 

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