Chronique des matières premières

El Niño: les marchés se gardent de spéculer

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Route emportée au Pérou lors de pluies diluviennes durant le El Niño de l'hiver 1997-98.
Route emportée au Pérou lors de pluies diluviennes durant le El Niño de l'hiver 1997-98. Domaine public

L’Organisation météorologique mondiale a prédit en avril dernier un probable retour du phénomène climatique El Niño, les marchés en parlent beaucoup mais se gardent bien de spéculer.

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Le retour d'El Niño est prédit, et pour l'instant les marchés jouent les saint Thomas. Ils attendent de voir, pour croire. Or pour l'instant, il n'y a rien à voir. Aucun effet annonciateur de l'enfant terrible qui avait fait des milliers de morts et des dégâts considérables en 1997 et 1998 en Asie du Sud-Est, dans le Pacifique et en Amérique latine.

Les marchés ont entendu en avril les prévisions de l'Organisation météorologique mondiale, puis ils ont choisi de mettre l'information de côté pour se concentrer sur les bonnes nouvelles, de celles qui rassurent. La taille des stocks constitués, les belles perspectives de production, la météo clémente, la qualité des récoltes, y compris celle de cacao en Afrique de l'Ouest commencée en avril. Pour le blé, la récolte australienne s'annonce bonne, selon Agritel les analystes partent sur des résultats très optimistes.

Trop optimiste peut-être ? Les discussions vont bon train sur les marchés, chaque alerte alimente les conversations, comme celle lancée à Kuala Lumpur par le président du groupe IOI spécialisé dans l'huile de palme, dont la Malaisie est le 2e producteur mondial. El Niño pourrait, selon lui, grever de 15 % la production attendue et ses effets pourraient se faire ressentir jusqu'en 2016.

La sécheresse, les pluies diluviennes, les faibles moussons, la température élevée des eaux qui caractérisent El Niño pourraient rebattre les cartes de la production mondiale, d'autant que pour bien des matières premières agricoles, on est au tout début du cycle de production, que tout reste à faire en somme. Mais, entre avoir connaissance d'un risque et l'intégrer dans un prix sur un marché, il y a une différence, spéculer sur un phénomène climatique qui a 70 % de chance de se produire, et 30 % de ne jamais arriver, au risque de le sous-estimer, c'est presque une spéculation trop risquée.

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