Chronique des matières premières

L'Irak inquiète les marchés pétroliers

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Le ministre irakien du Pétrole, Abdul Kareem Luaibi à son arrivée à Vienne où il a participé à la réunion de l'Opep, le mercredi 11 juin 2014.
Le ministre irakien du Pétrole, Abdul Kareem Luaibi à son arrivée à Vienne où il a participé à la réunion de l'Opep, le mercredi 11 juin 2014. REUTERS/Heinz-Peter Bader

Les marchés pétroliers s'affolent de l'avancée des rebelles sunnites de l'EIIL en Irak alors que le pays était considéré comme l'un des plus prometteurs après la chute de la production pétrolière de la Libye.

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L'Irak fait bondir les cours du pétrole. La progression fulgurante de la rébellion sunnite menace l'intégrité de l'Etat irakien. Cette avancée des rebelles de L'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) menace dans le même temps de bouleverser la carte pétrolière de l'Irak. Un pays qui était pourtant considéré comme l'un des plus prometteurs pour les marchés pétroliers, capable de compenser la chute de la production libyenne et le retour plus lent que prévu de l'Iran aux exportations.

Cette carte du pétrole irakien comptait déjà deux sous-ensembles : les gisements contrôlés par le gouvernement chiite de Bagdad, et ceux qui étaient entre les mains de la région autonome kurde, au nord. La rébellion islamiste sunnite est venue accentuer cette division nord-sud en sabotant au mois de mars un oléoduc vers la Turquie : depuis deux mois déjà les autorités de Bagdad ne pouvaient plus exporter vers le Nord le pétrole extrait du gisement de Kirkouk, un champ pétrolier historique.

Avec l'avancée des rebelles sunnites, il est désormais difficile d'imaginer une réparation quelconque de cet oléoduc. Et c'est le gisement de Kirkouk lui-même qui pourrait échapper au gouvernement, ainsi qu'une très grande raffinerie qui alimente la capitale en produits pétroliers. Pour l'instant, les gisements du Sud sont épargnés, c'est-à-dire trois quarts de la production irakienne, dont des champs pétroliers géants développés avec l'aide des compagnies étrangères. Hier, le ministre irakien du Pétrole se voulait donc rassurant en soulignant que les exportations du sud du pays, depuis le port de Bassorah se faisaient tout à fait normalement.

Les marchés pétroliers n'en ont pas moins exprimé leur crainte hier sur l'avenir des fournitures irakiennes de brut : à Londres le cours du pétrole a enregistré 2% de hausse pour dépasser les 112 dollars le baril.

Carte du pétrole en Irak.
Carte du pétrole en Irak.

http://www.populationdata.net/cartes/asie/iraq-petrole.php

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