Chronique des matières premières

France : livre blanc pour stimuler le recyclage des déchets

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Bouteilles en plastique mises en balles au centre de collecte sélective de Sarcelles.
Bouteilles en plastique mises en balles au centre de collecte sélective de Sarcelles. RFI/Ariane Gaffuri

Les premières assises de l'économie circulaire sont organisées aujourd'hui à Paris. A cette occasion, les entreprises françaises du recyclage font des propositions pour mieux transformer les déchets en matières premières recyclées.

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Les entreprises françaises du recyclage présentent leur livre blanc pour un meilleur recyclage des déchets. 40% des matières premières utilisées par l'industrie en France et en Europe sont issues, aujourd'hui, du recyclage des déchets (ferrailles, vieux papiers et cartons, verre ou plastique). Mais la crise a donné un coup d'arrêt à cette activité où pourtant les investissements avaient été massifs en 2007. Moins d'activité économique, c'est moins de déchets industriels : l'an dernier, les recycleurs se sont battus pour la ferraille et les métaux non ferreux, dont les volumes ont baissé de 12% à 15%. Cathodes de cuivre et lingots d'aluminium recyclés se sont donc vendus très cher.

Globalement, cette offre irrégulière de matériaux recyclables, cela dissuade les entreprises d'adapter leur « process » de fabrication ; surtout si le matériau recyclé leur coûte plus cher que le matériau vierge, comme c'est le cas en ce moment de certains plastiques comme la résine, dont le prix mondial est dicté par les Etats-Unis où les hydrocarbures de schiste sont bon marché.

Pour fidéliser la demande en France et en Europe, il faut augmenter la collecte des déchets - l'obligation en 2020 d'en recycler la moitié au lieu de les mettre en décharge est une bonne nouvelle pour les entreprises du recyclage. Et il faut dans le même temps développer les débouchés pour stimuler leur recyclage, c'est ce qui s'est passé avec l'essor des chaudières à bois, qui a accéléré le recyclage des meubles. Une baisse de la TVA récompenserait les industriels vertueux, propose la Fédération des entreprises du recyclage. Federec souhaite aussi qu'un centre technique du recyclage permette aux petites entreprises, majoritaires dans ce secteur de 9,5 milliards d'euros, de profiter des avancées technologiques. Elle prône enfin l'interdiction du paiement en espèces des déchets dans toute l'Europe pour empêcher les fuites de matières hors de France. Sans pour autant vouloir empêcher les exportations, qui permettent de donner un prix de marché à ces nouvelles matières premières.

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