Chronique des matières premières

La consommation de pétrole a plus bondi aux Etats-Unis qu'en Chine

Audio 01:42
Les Etats-Unis ont englouti 400 000  barils par jour de plus en un an, soit 18,9 millions de barils par jour au total.
Les Etats-Unis ont englouti 400 000 barils par jour de plus en un an, soit 18,9 millions de barils par jour au total. AFP/Frederic J. BROWN

Pour la première fois depuis 14 ans, les États-Unis ont augmenté leur consommation de pétrole plus que la Chine.

Publicité

La soif de pétrole a davantage augmenté aux Etats-Unis qu'en Chine l'an dernier, c'est ce que souligne le rapport annuel de la compagnie britannique BP. 2013 marquera donc l'inversion brutale d'une tendance de quatorze ans. Depuis 1999, c'est la Chine qui avait coutume d'avoir la plus forte hausse de consommation de brut au monde. Mais le ralentissement de la croissance de l'économie chinoise à 7,7% l'an dernier s'est traduit par un ralentissement encore plus marqué de la demande chinoise de pétrole, + 4,7% seulement, contre 8,5% en moyenne depuis dix ans.

390 000 barils/jour supplémentaires ont été consommés par la Chine l'an dernier (10,8 millions de barils/jour au total). Alors que les Etats-Unis en ont englouti 400 000 de plus en un an (18,9 millions de barils/jour au total). Contrairement à l'industrie chinoise, qui a modéré sa consommation de diesel et de fuel, l'industrie américaine s'est montrée encore plus vorace en produits pétroliers en 2013. Elle pouvait se le permettre avec, sur son propre sol, tant de pétrole de schiste bon marché.
Car les Etats-Unis ont dans le même temps augmenté comme jamais dans l'histoire leur propre production de brut, pour la deuxième année consécutive. Les Etats-Unis ont pompé, en 2013, 1,1 million de barils de plus par jour selon BP, pour atteindre les 10 millions de barils quotidiens, quasiment le niveau des deux premiers producteurs mondiaux, l'Arabie Saoudite et la Russie.

C'est ce bond de la production américaine qui explique la stabilité des prix du brut depuis trois ans, malgré les perturbations de la production en Libye, au Nigeria, et l'absence du pétrole iranien. Ce qui explique l'envolée somme toute très modérée des cours depuis l'aggravation des troubles en l'Irak. En tout cas, jusqu'à présent, les puits du sud irakien étant pour l'heure hors de portée des jjihadistes. L'Agence internationale de l'Energie dit suivre de près la situation, sans évoquer pour l'instant une quelconque libération des réserves stratégiques dans les pays consommateurs. 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail