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Chronique des matières premières

L'essor du cuivre en RD Congo se fait sans la Gécamines

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La Générale des carrières et des mines ne parvient plus à payer ses employés. Elle cherche 161 millions de dollars pour financer un plan de départ de ses salariés.
La Générale des carrières et des mines ne parvient plus à payer ses employés. Elle cherche 161 millions de dollars pour financer un plan de départ de ses salariés. AFP/PHIL MOORE

La Gécamines n'est décidément plus le fleuron de l'économie du cuivre au Congo-Kinshasa. La société publique cherche 161 millions de dollars pour financer un plan de départ de ses salariés, qu'elle a de plus en plus de mal à payer.

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La Gécamines, autrefois le fleuron minier du Congo-Kinshasa, cherche 161 millions de dollars pour payer les indemnités de départ de 6 000 de ses salariés, la moitié de son personnel. La « Générale des carrières et des mines » ne parvient plus à payer ses employés, qui sont en grève depuis la semaine dernière, après trois mois sans salaire.

La Gécamines peine décidément à sortir d'un endettement colossal, plus d'un milliard et demi de dollars, qui date de l'effondrement des cours du cuivre dans les années 1990. La société publique s'est déjà séparée de 10 000 employés dans les années 2000. Mais ce ne sont pas les malheureuses 35 000 tonnes de cuivre qu'elle produit aujourd'hui qui vont l'aider à repartir du bon pied - elle en produisait 15 fois plus dans les années 1980.

Paradoxalement, la République démocratique du Congo dans son ensemble n'aura jamais produit autant de cuivre que cette année : un million de tonnes. Mais ce sont les grands groupes miniers étrangers, l'Américain Freeport, le Suisse Glencore, et les sociétés chinoises qui ont eu l'envergure financière suffisante pour développer les mines congolaises, lorsque les cours du cuivre sont repartis à la hausse à la fin des années 2000. La Gécamines, elle, a beau s'obstiner à acquérir de nouveaux gisements, même très prometteurs comme Desiwa, elle n'a pas les moyens de les mettre en production. Est-ce encore sa vocation d'être un opérateur minier plutôt qu'une simple holding de partage des participations de l'Etat, qui récupérerait les revenus au bénéfice des infrastructures et des services publics du pays ? Certains experts s'interrogent. Cette quête effrénée de liquidités de la part de la Gécamines l'aurait en outre poussée à brader ses participations, notamment à Dan Gertler, un investisseur israélien. Reste le poids politique, régional et social de la Gécamines, la suppression de 6 000 emplois s'annonce comme un nouveau coup dur pour la province du Katanga.

 

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