Chronique des matières premières

Le blanc de titane malgache souffre du déclin du bâtiment en Chine

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Installation minière au sud-est de Madagascar.
Installation minière au sud-est de Madagascar. Copyright © 2014 Rio Tinto

La construction immobilière ralentit en Chine, et avec elle, la demande de blanc de titane de Madagascar, qui sert à fabriquer les peintures.

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Le blanc de titane malgache souffre du déclin du bâtiment en Chine. Le blanc de titane ou ilménite, c'est un des minerais lourds extraits des sables de plage. On l'utilise à 95 % comme pigment blanc dans les peintures, rappelle Christian Hocquart du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Depuis le début des années 2000 la demande d'ilménite ne cessait de croître : les constructions poussaient comme des champignons en Chine ; qui dit nouvel édifice, dit couches de peinture. On s'était mis à développer des gisements d'ilménite sur tout le pourtour l'océan Indien : en Australie, le premier producteur au monde, en Inde, au Kenya, en Afrique du Sud, et à Madagascar, où la teneur en ilménite est très forte. A partir de 2005, le géant minier Rio Tinto investit (via sa filiale canadienne Qit) près d'un milliard de dollars aux côtés de l'Etat malgache dans des installations très modernes de dragage et dans un port en eau profonde à Hehoala, près de Fort-Dauphin, au sud-est de la Grande Ile.

Mais les prix de l'ilménite, encore très élevés lors de l'entrée en production du site malgache en 2009, s'effondrent depuis l'an dernier : les autorités de Pékin ont mis un frein à la spéculation immobilière en Chine, et donc à l'usage de ce blanc de titane dans les peintures qui recouvraient murs et plafonds. Le bâtiment ne se porte pas non plus très bien aux Etats-Unis ou en Europe. Alors l'Australie réduit sa production d'ilménite, Madagascar voit ses exportations divisées par deux au premier trimestre de cette année, selon l'administrateur du port cité par l'AFP ; les revenus du port d'Hehoala plongent. De l'autre côté de l'Afrique, au Sénégal, un autre projet d'exploitation des sables de plage mené par Eramet entre en production au plus mauvais moment. Il s'agit cette fois d'extraire du zircon, un opacifiant pour les céramiques. Moins de constructions nouvelles sur la planète, c'est aussi moins de salles de bains, et donc, moins de consommation de zircon.

 

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