Revue de presse Afrique

A la Une : regrets et espoirs

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Les onze titulaires nigérians réunis tous ensemble autour de Vincent Enyeama avant le coup d'envoi.
Les onze titulaires nigérians réunis tous ensemble autour de Vincent Enyeama avant le coup d'envoi. REUTERS/Dylan Martine

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La presse du continent continue de commenter ce mercredi l’élimination avant-hier en quarts de finale des deux derniers représentants africains à la Coupe du monde de football, à savoir le Nigeria et l’Algérie.
La presse algérienne est unanime pour rendre hommage à ses joueurs. A commencer par le quotidien La Tribune : « des regrets, il y en aura eu pour cette équipe, qui pouvait aisément créer l’exploit et écarter l’ogre allemand durant 120 minutes de bataille homérique. Le futur de l’Algérie en Coupe du Monde sera probablement fait d’autres grandes émotions et d’exploits exceptionnels. Mais l’histoire le retiendra, c’est ce groupe composé des Feghouli, Slimani, Brahimi, Medjani, Djabou, M’bolhi et les autres qui aura eu l’insigne honneur d’aller au delà du premier tour et faire voler en éclat ce mur psychologique qui perdure telle la guigne depuis 1982. L’Algérie rejoint les autres nations africaines qui ont réussi dans les éditions précédentes du Mondial à jouer au delà du premier tour. » Et La Tribune de conclure : « passer au second tour de la plus prestigieuse des compétitions footballistiques de la planète, jouer des huitièmes de finale et rivaliser jusqu’au bout avec la grande Allemagne aura été au-delà des espérances lucides. La plus belle des Coupes du Monde. »
Les Verts « sortent par la grande porte, renchérit Liberté. D’abord, pour avoir arraché, pour la première fois de l’histoire du football algérien, ce billet qualificatif pour le second tour. Ce faisant, ils nous ont donné le droit de rêver d’atteindre les quarts de finale. Un rêve qui ne fut pas loin de se réaliser. Ensuite, parce que, désormais, tout le monde se souviendra de ces Verts qui auront été, avec leurs adversaires du jour, les artisans d’une des plus belles empoignades du Mondial du Brésil. Et ce n’est pas peu dire. »

« Au bout, l’Europe et le Blanc gagnent toujours… »

Changement de ton dans L’Intelligent en Côte d’Ivoire… L’Intelligent qui déplore l’état d’esprit des joueurs du continent. « Depuis lundi, exit le Nigéria et l’Algérie. Et paradoxalement, relève le quotidien ivoirien, toute l’Afrique et le monde entier semblent bien s’en contenter. Seule la voix discordante de Stephen Keshi, l’entraîneur du Nigéria, qui a dénoncé l’arbitrage partisan en faveur de la France, fait tâche d’huile, dans ce fleuve de contentement béat. Le beau jeu, la combativité, l’illusion, l’admiration et l’émotion. Voici ce que l’Afrique semble vouloir se contenter de faire, déplore L’Intelligent. (…) Des demi-efforts, des initiatives qui ne sont pas finalisées, des occasions ratées à la pelle. Au bout, l’Europe et le Blanc gagnent toujours, comme s’il y avait un complexe chez nos joueurs. Ils jouent pourtant bien dans les championnats européens, mais quand ils arrivent en sélection ou en Coupe du monde, ils en oublient leur football latin et le propre cartésien de ce qu’ils apprennent chez les Blancs… »
Et L’Intelligent de conclure : « quel gâchis : les victoires du Nigeria et de l’Algérie auraient conduit à une confrontation entre les deux pays et assuré une demi-finale à l'Afrique. Et là encore, tout restait possible. Mais l’émotion et l’illusion sont toujours nègres et africaines. »

Remise en cause ?

Des regrets, l’Afrique peut en avoir, estime aussi Le Pays au Burkina : « quand on va à une compétition, c’est pour la gagner. Après avoir atteint les quarts de finale à trois reprises, figurer dans le carré d’as, voire remporter le trophée devait être le principal objectif des équipes africaines. »
Alors la faute à qui ou à quoi ? « Le bilan mitigé des représentants africains à la fête du ballon rond pourrait en partie s’expliquer, répond Le Pays, par les sempiternels problèmes qui entourent leur participation à ces grandes compétitions, notamment la question des primes, bref de la mal gouvernance des dirigeants sportifs que les représentants du continent renvoient à la face du monde. Car quoi qu’on dise, cet environnement moral déteint inévitablement sur la prestation des joueurs. »
Conclusion, pour Le Pays, « il appartient à l’Afrique de tirer les leçons de sa participation à ce mondial 2014 pour en corriger les failles et se préparer pour les prochaines compétitions. C’est ainsi qu’on peut rêver un jour de remporter le trophée mondial. En tout cas, l’Afrique a tout à gagner, en débarrassant ses équipes des tares qu’elles traînent depuis bien trop longtemps. C’est en ayant le courage de se remettre en cause que le continent reviendra plus fort à la prochaine Coupe du monde. »
 

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