L'Épopée des musiques noires

La Nuit Africaine !

Audio 45:59
Youssou N'Dour.
Youssou N'Dour. © Kamel Senna

Le 11 juillet 2014, le Festival «Jazz à Vienne» a choisi d'honorer le continent africain en invitant plusieurs artistes, dont le talent indéniable reflète la diversité culturelle d'une terre nourricière ancestrale. Il fallait bien la présence d'un ambassadeur universel pour défendre les couleurs musicales de l'Afrique et réaffirmer le rôle essentiel des traditions. C'est donc Youssou N'Dour qui fut désigné porte-parole de cette «Nuit Africaine» au Théâtre antique de Vienne en France, devenant pour un soir le centre névralgique de toutes les sonorités afro-festives, afro-militantes, afro-mondiales !

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Légende photo : « You » au Maroc © Kamel Senna
Personnalité engagée, «You» n'est pas seulement porteur d'une forme d'expression populaire du Sénégal, le Mbalax, il est l'avocat des plus démunis, des oubliés, des opprimés. Ses nombreuses prestations citoyennes ont modifié au fil des décennies son caractère, sa vision, sa conscience politique. Le 16 juin 2014, à Fès au Maroc, il rendait hommage, avec son ami Johnny Clegg, à celui qui détermina son volontarisme social, le père de la nation arc-en-ciel, Nelson Mandela. Car Youssou N'Dour a de la mémoire et sait combien la lutte pour l'égalité et le respect entre les peuples se vit au quotidien. 25 ans après sa participation légendaire à la tournée Amnesty International qui avait réuni les grandes figures du rock planétaire, il ne baisse pas la garde ! 
Certes, les contours du combat racial ont été redessinés. Certes, des avancées ont été constatées mais la musique doit continuer à mobiliser. Elle est une force de persuasion internationale dont Youssou N'Dour est l'un des artisans majeurs...
http://www.rfimusique.com/artiste/musique-africaine/youssou-ndour/biographie
 

 

Légende photo : Taj Mahal © David Rae Morris.
L'Afrique fut longtemps un rêve, un fantasme, pour de nombreux artistes noirs américains trop éloignés de leurs racines originelles pour en ressentir les vibrations ancestrales. Le guitariste Taj Mahal, né à Harlem (New-York) en 1942 a pourtant très tôt exprimé ce besoin de se rapprocher de la source... Il a progressivement acquis la conviction que son blues devait se nourrir d'autres cultures. Lorsqu'il fit paraître l'album «Kulanjan» en 1999 en duo avec le maître de kora malien, Toumani Diabaté, Taj Mahal entrait à son tour dans la famille africaine. Il affirmait son désir réel d'appeler l'esprit de ses ancêtres.  

Plus récemment, c'est aux côtés d'un autre brillant musicien malien, virtuose du N'Goni, Bassekou Kouyaté, que Taj Mahal eut l'occasion d'entrer à nouveau en contact avec son histoire. Sur l'album «Jama Kô», il accepta d'enregistrer un titre profondément enraciné dans l'âme noire... Peut-être avait-il pris la mesure de l'enjeu historique de cette session qui se tenait durant les heures troubles de mars 2012 au Mali ?  

L'association de Bassekou Kouyaté et Taj Mahal est un cadeau pour tous les amateurs de sonorités pures et authentiques. Doit-on parler de blues ? Inutile de définir la musique de ces deux fortes personnalités... Elle est l'essence de la vigueur artistique africaine ! Les spectateurs du Théâtre antique de Vienne ne connaissent peut-être pas l'épopée de ces deux hommes mais en ressentiront, à coup sûr, le poids patrimonial !
http://bassekoukouyate.com/

http://www.tajblues.com/ 

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