Revue de presse Afrique

A la Une: Hollande en Afrique, la tournée des amis

Audio 04:45
© AFP/Pius Utomi Ekpei
Par : François-Xavier Freland
10 mn

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La tournée africaine de François Hollande a débuté hier en Côte d'ivoire. Sur Abidjan.net, on les retrouve en photo tout sourire, comme liés par une certaine complicité, Alassane Ouattara et François Hollande, regardant dans la même direction. C'était juste avant la conférence de presse. On les voit confortablement assis sur des fauteuils Louis XVI, ou des répliques, aux lustres très monarchiques, avec en fond, Abidjan, la capitale ivoirienne, ses tours, ses buildings de la modernité.

La crise de 2011 semblait loin hier, tant durant ses 48 heures François Hollande a semblé fouler un pays en plein dynamisme économique. Pour preuve, il a clôturé avec son homologue ivoirien le forum économique franco-ivoirien qui portait sur le thème de la « ville durable ». On le sait, on l'a répété, François Hollande est venu pour renforcer les vieux liens d'amitiés qui unissent les deux pays, mais aussi pour redynamiser les échanges économiques entre les deux pays. Abidjan.net, rappelle qu'il y a 800 entreprises françaises en Côte d'ivoire qui emploient en tout 110 000 personnes. Alors hier, plusieurs gros contrats ont été signés pour des partenariats en matière de construction d'infrastructures, notamment un gros projet d'assainissement de l'eau dans certains quartiers d'Abidjan, d'équipement hospitalier, etc. Le Président François Hollande, constate encore Abidjan.net, a salué l’important travail accompli par le Président Alassane Ouattara pour le redressement de son pays après la grave crise qu’il a connue.

Et Fratmat, le grand quotidien ivoirien, retient pour sa part justement de cette visite qui doit s'achever ce matin cette petite phrase du président Français. « Si le FPI veut exister, le Front Populaire Ivoirien du président déchu Laurent Gbagbo, il doit être présent aux élections ». Manière d'inviter le parti d'opposition pro-Gbagbo à ne pas boycotter le prochain scrutin présidentiel. Des élections qu'il souhaite « transparentes et ouvertes à tous », se réjouit FratMat.

Hollande et la diplomatie chinoise

Mais les premiers pas de François Hollande en Afrique de l'Ouest n'ont pas convaincu tout le monde.A l'image du Quotidien d'Abidjan, le journal pro Gbagbo qui titrait hier : « Bienvenue à Hollande au pays des crimes de la France » , rappelant au passage, le chiffre officiel selon lui de 698 prisonniers politiques.

Guinée Conakry Info relève au passage que Hollande n’a accordée que 30 petites minutes à l’opposition ivoirienne. Un président français pour qui, rien ne justifierait donc le boycott des élections de 2015, « pas même l’acharnement de la justice ivoirienne et même celle internationale contre exclusivement les partisans du président déchu » , estime le site d'information en ligne guinéen pour qui la diplomatie Hollande est calquée sur la chinoise, à savoir le réalisme économique avant tout, au détriment des droits humains.

Hollande et son ami Issoufou

Le président français redécolle ce matin d'Abidjan pour le Niger lors d'une visite d'Etat qui « réaffirme, pour mieux la valoriser, selon le quotidien pro-gouvernemental Le sahel, l'amitié sincère entre le président Issoufou et le président Hollande, deux hommes qui se connaissent de longue date et qui partagent la même vision du monde, un monde sécurisé et débarrassé de tout fondamentalisme ». On n’a pas forcément la même grille de lecture de cette tournée africaine à Niamey que dans certaines autres rédactions du continent. « Mun godé ! Iri sabu ! Le peuple nigérien est heureux d'accueillir sur son sol un grand démocrate et ami sincère de l'Afrique et des Africains, se réjouit dans son éditorial Mahmadou Adou. Tout le monde connaît le rôle qu'a joué, et continue encore de jouer le Président Hollande dans la résolution des conflits en Afrique et dans le reste du monde, écrit-il encore. (...) Et pour Le Sahel, tout cela explique en partie, que « dans un contexte d'insécurité généralisée dans la sous–région - la dislocation de la Libye, des menaces terroristes de Boko Haram au Nigéria, de l'insécurité dans le Nord du Mali- le Niger est un havre de paix » .

Hollande présent au Mali sans y être

Le président François Hollande ne passe pas par le Mali, mais on en parle quand-même.

Malijet a retenu une autre phrase du président français hier à Abidjan : « L'Opération Licorne s'achève et elle va prendre une autre forme, une dimension régionale ». L'Opération militaire française Licorne s'était déployée en Côte d’Ivoire, rappelle Malijet aux lendemains de la crise militaro-politique ivoirienne de septembre 2002. Bien-sûr, le président Hollande faisait allusion à la prochaine opération Barkhane voulue pour éradiquer le terrorisme au Sahel et notamment au Mali.

Malijet qui publie au passage la feuille de route des négociations des différents groupes armées du Nord, MNLA en tête rendu public hier lors discussions qui se déroulent actuellement à Alger. L’objectif de celle-ci « est de contribuer à la préparation d’un cadre convenu de commun accord des parties belligérantes, lit-on dans Malijet. Et à noter, ce détail sur une longue liste de promesses, les mouvements réitèrent, conformément au Préambule de l’Accord préliminaire de Ouagadougou, le principe de respect de l’intégrité territoriale », lit-on dans Malijet.

Comme le titre le quotidien L'aube, « Alger, ça passe ou ça casse », alors que d'un côté le gouvernement malien ne veut nullement entendre parler d’indépendance et de l'autre, les groupes armés qui espèrent arracher une (sorte d’) autonomie aux autorités maliennes, plus que jamais affaiblies sur le terrain. Plus discrète que sur d'autres dossiers, la diplomatie française y jouera sûrement un rôle.

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