Revue de presse française

A la Une: Spéciale Jaurès

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AFP
Par : François-Xavier Freland
12 mn

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La Libye de plus en plus seule

Les derniers ressortissants français sont rentrés hier par voie maritime selon Le Parisien, qui parle de « guerre civile » en Libye. Une quarantaine de personnes au total, une poignée d’hommes d’affaires et quelques diplomates. L’opération s’est partiellement déroulée de nuit, à la sauvette pour ne pas attirer l’attention, précise le journal. Deux frégates ont été discrètement dépêchées au large du port de Tripoli, préalablement sécurisé par des commandos. Les Français, accompagnés de 7 ressortissants britanniques, ont ensuite pris place dans des embarcations légères et ont rejoint le navire « Montcalm », qui a aussitôt mis le cap sur Toulon où il est attendu dans quelques jours. « Le tout sous la supervision d’un drone américain que les Etats-Unis ont mis à notre disposition », nous apprend Le Parisien.

Dans le journal La Croix, Myriam Benraad, chercheur spécialiste du monde arabe craint la partition de la Libye et dénonce l'absence de prise de position de la part de la communauté internationale à un moment majeur de son histoire. « L’Europe redoute deux choses selon elle, d’abord, la menace directe du terrorisme, ensuite qu'une intervention ne se traduise par une contagion à l'Algérie, la Tunisie ou l'Egypte, avec une pression migratoire que les européens veulent à tout prix éviter ». Pour cette spécialiste du Monde arabe à lire dans La Croix, l’Europe n’interviendra pas.

L'occident sanctionne, Moscou menace

Pendant ce temps, Moscou continue de défier l'occident, en marge du conflit ukrainien.

Pour Le Figaro, la Russie minimise l’impact des sanctions, « les plus fortes prises pourtant depuis la guerre froide à son encontre », selon lui. Entre autres, Bruxelles a décidé de limiter l’accès des banques russes aux marchés des capitaux européens et imposé un embargo sur les armes. Interdit, aussi, d’échanges de technologies pour l’exploration et la production du pétrole, Moscou promet en revanche « une hausse des prix sur le marché de l’énergie en Europe, accusant l’Union européenne d’être à la botte de Washington ». Et Apparemment, à en croire Le Figaro, pour les russes, les sanctions pourraient doper l’économie de la Sibérie orientale et les relations avec l’Asie.

A Saint-Nazaire, l'accueil sibérien des marins russes

Et toujours selon le Figaro, une ambiance de guerre froide règne à Saint-Nazaire.

Le Figaro est allé enquêter du côté des docks. « Fraîchement accueillis le 30 juin, dans un climat de défiance vis-à-vis d’une Russie en pleine crise diplomatique ukrainienne », lit-on, les marins qui se forment au maniement du Vladivostok, [...] ne sont pas contents de l'accueil qu'il leur a été fait. « On n’a eu droit ni au salut des nations, ni à une réception déplore un marin militaire. Le quai où stationne notre navire est très éloigné, et en plus, il est entouré d’une grille. Les gens nous regardent comme si nous étions des animaux dans un zoo. Ils nous filment, nous prennent en photo. » Les marins russes s'ennuient et passent leur temps sur internet. Ils ne consomment à peu près rien sur place au grand dam, des commerçants locaux, même pas de Vodka. Les marins russes, passeraient leur temps à écrire à leur femme le soir en buvant de la bière russe.

Un vent d'ouest en Ukraine

Et à l'est de l'Ukraine, A Donetsk, c'est un peu la même ambiance du côté des séparatistes pro-russes. « Ca sent la fin de règne des miliciens pro-russes », à en croire Libération ce matin.

Alors que l’armée ukrainienne se trouve à quelques kilomètres de la ville occupée, les habitants qui n’ont pas fui vivent à la merci des forces séparatistes, mais plus pour longtemps à en croire Libé, même si les plus militants n’envisagent pas la défaite apparemment. « Nous nous en sortirons avec l’aide de Dieu… et de Poutine. » professe l'un d'eux dans le reportage. Selon le Pentagone, de l'armement de plus en plus lourd, dont des chars et des lance-roquettes multiples Grad arrivent régulièrement pour renforcer l'arsenal des 15 000 membres « des troupes russes aux intentions inconnues. » Mais le moral ne semble pas au beau fixe du côté de ces milices dont on sait qu'elles sont dirigées désormais par des Russes de Russie. Les habitants ne cessent de rabâcher les méfaits de celles-ci. « Dans mon quartier, raconte une cliente d'une boulangerie les miliciens pro-russes échangent même leurs chargeurs de kalachnikov contre de la vodka et se saoulent. »

Jaurès renait dans la presse

Il y a cent ans jour pour jour, Jean Jaurès le grand homme politique de gauche mourrait assassiné au café du croissant. Les journaux lui rendent tous hommages à leur façon.
Le premier d'entre eux, c'est évidemment l'Humanité, qui ressort « vous allez en reparler », la une historique du journal au lendemain de son assassinat avec ce titre: « Jaurès assassiné. »
Et ce visage à la barbe broussailleuse mythique, ce regard perçant, que l'on retrouve aussi en une de Libération notamment, avec cette question en suspens : Et s'il revenait. Libération publie au passage quelques planches de la BD de Rey Macutay « au remarquable dessin » selon lui. On y retrouve notamment la célèbre scène de l'assassinat. Pour Libération Jaurès n'est en réalité jamais mort, « il est toujours vivant » avec cette citation en exergue, presque un épitaphe : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe […] Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. ». Que manque-t-il d’autre à la gauche d’aujourd’hui ? interroge enfin Libération sans vraiment y répondre.

Une figure iconique pour tout le monde

« Pourquoi est-il toujours aussi populaire ? », se demande Le Parisien. « Politiques de gauche mais aussi de droite, artistes, écrivains, tous s’arrachent la figure devenue quasi iconique », constate le quotidien.

Son message a trouvé une nouvelle résonance selon lui. « La permanence de Jaurès provient aussi d’un désenchantement démocratique, le fait que la politique ne fait plus rêver. Avec l’évocation de Jaurès, on revient vers cet âge d’or de la politique et on se prend à rêver à nouveau de justice sociale, de culture populaire, de solidarité avec les opprimés. » lit-on plus loin. Le Parisien qui publie au passage de nombreuses photos du grand tribun de gauche, au café du croissant.

Jaurès et les conférences payantes

 

 

Alors, un Jaurès toujours populaire, même si certains journaux préfèrent relever les failles du personnage.

C’est le cas du Nouvel Observateur qui nous apprend que « le leader des députés socialistes, l'éditorialiste vedette de L'Humanité », se faisait grassement payer ses conférences au Brésil, en Uruguay ou en Argentine, un peu comme Nicolas Sarkozy aujourd'hui s'amuse au passage l'hebdo de centre gauche. Certains avançaient alors le chiffre de 10 000 francs la conférence, ce qui représentait une coquète somme à l'époque. Un chiffre sans doute exagéré qui avait le don de mettre Jean Jaurès en fureur, relève le Nouvel Obs. Les historiens préfèrent parler de 40000 francs, somme qui pour la plupart, terminait dans les caisses de l'Humanité, en difficultés financières chroniques, relève le Nouvel Observateur, alors que Jean Jaurès avait le train de vie d'un modeste bourgeois.

Jaurès bien mort dans La croix

Pas très catholique l'attitude pour sa part, du journal La Croix qui n'évoque rien sur les cents ans de l'assassinat de Jean Jaurès. Pas un mot, pas même une photo. Il est vrai que La croix en a déjà parlé dans des numéros précédents, et puis Jaurès plutôt athée, était très critique de la religion catholique. Donc La Croix préfère nous parler ce matin d'un autre intellectuel très engagé en politique, Chateaubriand, beaucoup plus pieux celui-là qui écrivait dans ses mémoires d'outre-tombe, dont La croix publie un extrait : «Tout n'arrive que par la permission de Dieu, vous n'avez rien à craindre des mauvais esprits tant que vous serez bon chrétiens ». Jaurès, effectivement ne devait pas l'être assez.

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