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Aujourd'hui l'économie

L’économie en souffrance au cœur de l’élection présidentielle au Brésil

Audio 03:55
Les candidats à l'élection présidentielle lors du précédent débat télévisé, le 1er septembre 2014.
Les candidats à l'élection présidentielle lors du précédent débat télévisé, le 1er septembre 2014. REUTERS/Paulo Whitaker

Au Brésil s'est tenu lundi soir le second débat télévisé de l'élection présidentielle qui aura lieu en octobre. L'économie a été au centre des discussions.

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Depuis vendredi dernier, la pression s'est accentuée sur la présidente sortante Dilma Roussef avec l'annonce de la récession. Quand un pays connait deux trimestres consécutifs de croissance négative, il entre techniquement dans cette catégorie, même si sur l'ensemble de l'année il restera sans doute en situation de croissance, ce qui est le cas du Brésil. Le mot récession a dramatisé la campagne et fait gonfler le passif de la présidente.

Sa rivale la plus sérieuse, l'écologiste Marina Silva que les sondages donnent déjà vainqueur, a très bien résumé la mauvaise passe dans laquelle se trouve la première économie sud-américaine en personnalisant le sujet : « Madame Roussef fait-elle remarquer, a été élue en assurant qu'elle allait contrôler l'inflation, maintenir la croissance et baisser les taux d'intérêt. Aujourd'hui nous avons une inflation haute, une faible croissance et des taux élevés ».

Ces symptômes sont-ils imputables aux choix de Dilma Roussef ?

Selon son ministre des finances Guido Mantega, le Brésil souffre surtout du ralentissement mondial. C'est vrai que ce pays grand pourvoyeur de matières premières dépend du dynamisme mondial. Mais cette explication est un peu courte. Le ministre a d'ailleurs revu ses prévisions à la baisse comme l'ensemble des experts. Le Brésil connaitra sa quatrième année de croissance molle. Pendant la présidence de Lula, la forte croissance avait été portée par la consommation des ménages, dopée par les mesures redistributives.

Pour conserver cette dynamique, Dilma Roussef, qui a aussi fait beaucoup de redistribution, a demandé par ailleurs aux banques de prêter plus d'argent aux ménages. Mais cette politique pro active s'est retournée contre elle, car ce crédit facile a provoqué une hausse des impayés. Du coup les banques sont devenues plus regardantes et les entreprises qui avaient anticipé une demande en ébullition sont contraintes de revoir leur plan.

L'autre reproche fait à Dilma Roussef c'est son échec dans la lutte contre l'inflation

Effectivement depuis un an la banque centrale relève régulièrement son taux d'intérêt pour faire baisser les prix. Pour le moment ce remède assez classique n'a pas eu d'effets concrets puisque l'inflation reste élevée à 6 %. En revanche la hausse du taux de base, aujourd'hui à 11 % a dissuadé les entrepreneurs d'emprunter pour investir. La croissance déjà faiblarde a été littéralement gelée par cette politique monétaire. Et aujourd'hui les chefs d'entreprise ne bougent plus.

Parce qu'ils voient la demande baisser et parce qu'ils attendent aussi un nouvel élan. Les milieux d'affaires sont devenus des partisans déclarés de la candidate écolo. Dilma Roussef a beau s'enorgueillir du dynamisme du marché de l'emploi, le chômage reste limité à 4 %, elle a beau annoncé que les grands projets d'infrastructures relanceront la machine dès 2015, pour cette année le mal est fait et cela va peut-être lui coûter son poste.
 


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

Une bonne partie du gouvernement grec est en ce moment à Paris pour discuter avec tous les créanciers du pays

La délégation dirigée par le ministre des Finances doit rester trois jours dans la capitale française pour une série d'entretiens en présence de la troïka chargée de veiller au grain. L’objectif des Grecs : discuter d'un nouvel allègement de la dette.

L’exploitation des huiles de schiste pourrait être compromise par manque d'eau

C'est ce que démontre le World Resources Institute, un institut basé à Washington. D'après leur étude, un bon tiers des réserves en gaz de schiste se trouvent dans des pays arides ou en situation de stress hydrique. Or pour exploiter ces huiles non conventionnelles, il faut beaucoup d'eau. Le manque d'eau pourrait donc sérieusement freiner le développement de ces ressources énergétiques dans les pays les plus prometteurs. Exemple, la Chine, l'Algérie, la Libye ou le Mexique.

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