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Aujourd'hui l'économie

Super Mario face à la déflation

Audio 03:14
Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi (à gauche) et le président français François Hollande à l'Elysée, le 1er septembre 2014.
Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi (à gauche) et le président français François Hollande à l'Elysée, le 1er septembre 2014. REUTERS/Philippe Wojazer

Demain jeudi à Francfort se réunit comme chaque mois le conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne. Mario Draghi devra une nouvelle fois innover et rassurer pour juguler la déflation, le nouveau péril qui inquiète les marchés comme les gouvernants.

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La baisse des prix est une aubaine pendant les soldes, mais quand elle se généralise et s'éternise elle asphyxie l'économie. Les achats sont alors sans cesse remis à plus tard. Et le piège se referme: faute de demande, les usines arrêtent de produire, le moteur cale. Or la zone euro est progressivement contaminée par ce phénomène. En août, l'inflation n'était plus que de 0,3% et deux nouveaux pays, l'Italie et de l'Espagne sont carrément entrés en déflation, ce qui était déjà le cas de la Grèce et du Portugal.

La déflation a de multiples conséquences, la France par exemple, voit ses efforts de lutte contre les déficits publics anéantis par le ralentissement de l'inflation. En gelant les retraites, les salaires des fonctionnaires indexés sur l'inflation, le gouvernement escomptait des milliards d'économies faciles en tablant sur une inflation à plus de 1%, or elle sera beaucoup plus faible, les économies seront donc virtuellement moindres.

Que peut donc faire la banque centrale européenne pour stopper cette baisse généralisée des prix ?

Le plus évident, c'est de pénaliser l'épargne en abaissant le loyer de l'argent. Mais quand les taux d'intérêt sont déjà proches de 0, ce levier n'est plus opérationnel. Reste l'arme fatale, les mesures d'assouplissement monétaires, un euphémisme qui désigne le recours à la planche à billets. On inonde les marchés d'argent pour encourager les entreprises à emprunter, et donc à investir, c'est l'offre que l'on stimule.

Ce n'est pas du tout dans le cahier des charges de la BCE, et c'est impensable pour Angela Merkel opposée à toute démarche qui ferait gonfler le bilan de la BCE. Mais la chancelière a t'elle encore le pouvoir de s'opposer au sauveur de l'euro? A la faveur de la crise, Mario Draghi est devenu le nouveau messie. Il y a deux ans il a éteint le feu sur le marché de la dette souveraine en déclarant que la BCE était prête à racheter massivement de la dette publique en cas d'attaque. Cet été il est devenu encore plus révolutionnaire en évoquant un éventuel recours à l'assouplissement monétaire. 

Malgré l'hostilité de la chancelière allemande, il pourrait mettre en oeuvre une telle politique dès demain ?

Il est peu probable qu'il agisse aussi vite, car Mario Draghi veut d'abord épuiser ses cartouches. En juin la BCE a proposé du crédit bon marché aux banques qui prêtent aux PME, et c'est seulement à la mi-septembre que les banques intéressées pourront demander cet argent. Il faut donc d'abord voir quel résultat donne ce dispositif. Ensuite, si l'assouplissement monétaire devient incontournable, la BCE devra en préciser les modalités.

Car la déflation concerne surtout les pays du sud de l'Europe. En Allemagne ou aux Pays-Bas le crédit fonctionne bien, 80% des demandes émanant des entreprises sont satisfaites par les banques, la proportion tombe à 50% en Espagne ou en Italie. C'est donc du sur mesure que doit inventer Mario Draghi.
  


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

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Une mesure très politique pour sanctionner l'ingérence russe en Ukraine. L'Australie est l'un des principaux fournisseurs de combustible nucléaire, en revanche la Russie est loin d'être son principal client.

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