Chronique des matières premières

La fuite en avant des grands producteurs de fer

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Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert.
Un camion transportant du fer extrait d'une mine à ciel ouvert. Getty Images/John W Banagan

Les prix du fer sont au plus bas depuis deux ans. Pourtant les géants miniers continuent à développer leur production.

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Depuis le début de l'année, le minerai de fer a perdu plus d'un tiers de sa valeur. Et le déclin pourrait bien continuer pour l'ingrédient indispensable à la fabrication de l'acier. Les stocks de minerai de fer grossissent à vue d'oeil dans les ports asiatiques et sur mer. Car les chantiers de construction ont marqué le pas en Chine. Alors que la production de minerai de fer, elle, ne cesse de progresser.

Comme une provocation, les géants du fer, Vale, BHP Billiton et Rio Tinto continuent même d'annoncer la mise en route de nouvelles mines, du Brésil à l'Australie, ce qui risque d'alourdir encore le surplus mondial. D'où l'exaspération du patron de Glencore, le géant du négoce, qui a récupéré des mines de fer dans l'escarcelle d'Xstrata. Selon lui la demande continue d'être importante, c'est le surplus de minerai qui va tuer le « supercycle » de cette matière première. D'autres sociétés minières plus modestes, comme les juniors australiennes, risquent de boire la tasse si les prix passent sous les 80 dollars la tonne, c'est la limite de leur rentabilité. Alors que les géants du fer brésilien et australie tablent sur une production massive et à bas coût. Rio Tinto se vante par exemple de produire du fer à 42 dollars la tonne, la marge est encore très grande !

L'intention est à peine voilée : il s'agit de dominer toujours plus le marché mondial du minerai en éliminant les plus fragiles, pour être en capacité de négocier les prix avec la Chine. Dans ce jeu Anglo American a une position intermédiaire : non spécialiste du fer, le groupe minier britannique n'en a pas moins tiré 40 % de ses bénéfices au premier semestre, avant la chute des cours. Anglo American vient donc d'annoncer qu'il lancerait comme prévu sa nouvelle mine de fer à bas coût au Brésil, mais son patron n'a pas caché qu'il était inquiet de cette offre grandissante de minerai parce qu'elle pourrait avoir un impact négatif sur les bénéfices du groupe.

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