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Aujourd'hui l'économie

La contre-attaque de la BCE pour relancer la zone euro

Audio 03:47
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Francfort, le 4 septembre 2014.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Francfort, le 4 septembre 2014. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Une fois encore, le patron de la banque centrale européenne brise les tabous. Hier à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs Mario Draghi a annoncé le recours à une politique monétaire tout à fait inédite dans la zone euro pour relancer la croissance.

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Mario Draghi a abaissé le principal taux directeur de la BCE, il n'est plus que de 0,05%, c'est l'aspect le plus conventionnel des mesures annoncées hier. Pour motiver les banques qui rechignent à prêter, la BCE assortit ce coup de pouce d'un programme de rachats d'actifs, qui commencera en octobre prochain. La BCE va racheter aux banques leur créance à risque. Elle va en quelque sorte soulager les établissements qui n'osent plus prêter. Parce que le climat économique est incertain, morose et aussi parce qu'elles sont contraintes par de nouvelles règles à la plus grande prudence dans l'octroi de crédit.

Pour faire bonne mesure, la BCE rachètera aussi des titres adossés à des crédits hypothécaires. Tous ces crédits seront morcelés et revendus, comme au bon temps des subprimes, c'est de la titrisation. Du jamais vu dans la zone euro. En inondant les marchés de liquidités, la BCE espère relancer la machine, c'est urgent pour enrayer la déflation rampante. La BCE s'inspire de l'assouplissement monétaire allègrement pratiqué en Angleterre ou aux États-Unis. En gros la banque centrale fait tourner la planche à billets pour mettre de l'huile dans les rouages.

Ces annonces ont fait grimper les bourses et chuter l'euro, c'est bon signe ?

L'euro est passé en dessous de la barre des 1 dollar 30. Voilà qui rend les exportations de la zone euro meilleure marché à peu de frais. C'est de la compétitivité retrouvée sans effort. C'est excellent pour la reprise. La baisse des taux d'intérêt c'est aussi un coup de pouce pour tous les emprunteurs, y compris les États, l'Italie et l'Irlande connaissent en ce moment des taux historiquement bas, une situation assez incroyable pour ces pays récemment pris pour cible sur le marché de la dette souveraine, au plus fort de la crise.

Par ailleurs le moment est bien choisi : la planche à billets américaine commence à ralentir, la Fed réduit progressivement ces achats massifs de bons du Trésor, car l'économie américaine est maintenant sortie du gué, les investisseurs vont donc aisément se reporter sur le marché européen, d'autant plus que le dollar grimpe.

Cette panoplie accommodante pour le crédit est un cadeau pour les États du Sud

C'est une bulle d'oxygène pour ceux qui voient leur croissance anéantie par l'austérité. En ce moment la zone euro est au point mort, la croissance a été nulle au deuxième trimestre, a confirmé ce matin l'Office européen des statistiques. Mais Mario Draghi a prévenu les dirigeants européens : l'assouplissement monétaire ne les exonère pas de mener les réformes structurelles pour libérer la croissance.

Un message qui s'adresse à la France et à l'Italie, car il n'y aura pas de miracle : la politique monétaire peut raviver l'inflation, mais elle ne ramènera pas les emplois, l'activité, c'est-à-dire la demande indispensable pour sortir la zone euro de sa léthargie. Et pour réveiller la demande, pourquoi pas adoucir l'austérité ? C'est ce que vient d'annoncer aujourd’hui le Portugal. De là à remettre en cause la sacro-sainte lutte contre les déficits, pas vraiment, ce n'est pas ce que Mario Draghi souhaite, et c'est tout bonnement impensable pour la puissante Allemagne.


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

A la bourse de Paris, l'action de Carmat, le fabricant français de coeur artificiel a bondi ce matin

C'est l'annonce par la presse d'une deuxième implantation d'un coeur artificiel qui a fait flamber le titre. La première implantation a été une prouesse technologique mais le patient est décédé deux mois plus tard pour des raisons toujours pas élucidées. Carmat attend d'avoir réalisé une série d'essais avant de communiquer sur son invention bionique.

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