Chronique des médias

France: LCI la perdante et BFM TV la gagnante

Audio 02:29
La chaîne LCI risque de cesser d'émettre après le refus du CSA d'autoriser son passage sur la TNT gratuite, le 29 juillet 2014.
La chaîne LCI risque de cesser d'émettre après le refus du CSA d'autoriser son passage sur la TNT gratuite, le 29 juillet 2014. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies, nous parle de la bataille des chaînes d’informations en France où BFM TV ressort grande gagnante depuis le refus du CSA d’accorder à LCI une diffusion gratuite.

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La bataille des chaînes d’infos a fait d’ores et déjà une victime : c’est la chaîne du groupe TF1, LCI, qui est aujourd’hui sérieusement menacée puisque ses accords de distribution en tant que chaîne payante arrivent à échéance à la fin de l’année. Or, son patron, Nonce Paolini, ne fait rien, jusqu’à présent, pour renouveler ces accords qui lui rapporte de moins en moins. Il estime que la chaîne est dans une situation intenable depuis que le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), lui a refusé un passage sur la TNT gratuite, fin juillet, au motif que le paysage publicitaire ne le permettait pas. LCI perd près de 7 millions d’euros par an. Pour son patron, il n’y a donc pas d’autre choix possible que de fermer la chaîne dans sa forme actuelle. « Vingt ans, ce n’est pas un âge pour mourir », avait-il plaidé, sans succès, au CSA, en mai dernier.

La mort de la chaîne est-elle pourtant si sûre ? Pour ses 247 collaborateurs, qui est sûr, en tout cas, c’est qu’un plan social semble inévitable. Les salariés ont d’ailleurs écrit au président du CSA, pour lui demander s’« il était fier de sa décision qu’ils qualifient d’incompréhensible ». Cela ne doit pas être pour déplaire à Nonce Paolini qui sait qu’il a intérêt à faire monter la pression sur le CSA. Au cas où le marché publicitaire de la télévision retrouverait des couleurs, rien n’interdit en effet TF1 de représenter sa candidature à la TNT gratuite. C’est l’option sur laquelle semble pencher l’actionnaire, Martin Bouygues, qui préférerait garder un levier d’influence politique avec LCI même si la Une est convaincue, qu’à l’heure d’internet, on ne peut plus concevoir une chaîne comme il y a vingt ans.

Toutes les pistes sont donc ouvertes, y compris la vente aux actionnaires du Monde, candidats à la reprise de LCI, ce qui laisse sceptique Nonce Paolini. Mais on peut aussi imaginer une sorte de LCI de veille, à effectifs réduits, qui maintiendrait sa présence sur Internet et alimenterait en vidéo le site d’actualité My TF1 News.

En attendant, le grand gagnant c’est bien lui Alain Weill, le patron de BFM TV. Sa chaîne s’est fait détester du gouvernement pour sa façon de dicter son agenda aux politiques et à François Hollande en particulier. Le CSA l’a renforcé en faisant valoir son indépendance face au soutien dont bénéficiait LCI à l’Elysée. Elle affiche plus de 20% de rentabilité avec 250 journalistes et pèse 2,1% de l’audience, soit bien plus en part d’audience que CNN ou Sky News. Seule la chaîne d’information polonaise fait mieux dans son pays. Et I-Télé, la chaîne de Canal+, est encore très loin derrière.

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