Invité Afrique

Cheikh Hadjibou Soumaré : nous sommes dans un «monde globalisé»

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Cheikh Hadjibou Soumaré.
Cheikh Hadjibou Soumaré. Rignese/CC/Wikimedia Commons

Notre invité ce 9 septembre est Cheikh Hadjibou Soumaré, président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette institution régionale organise aujourd’hui à Dubaï, aux Emirats arabes unis, le forum Investir en UEMOA. L’objectif est d’attirer plus de 10 500 milliards de francs CFA - soit environ 16 milliards d’euros - pour financer des projets d’infrastructures. Il répond aux questions de Gaëlle Laleix.

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RFI : C’est aujourd’hui que démarre le sommet « Investir dans l’UEMOA ». Quel est l’objectif de cette rencontre?

Cheikh Hadjibou Soumaré : Le monde est devenu un monde globalisé. Et tout le monde sait que tous les pays, aussi bien sous-développés que développés, se tournent vers les pays du Golfe pour essayer de palier au tarissement de certains financements. Participant à la mondialisation aussi, nous avons le devoir, et je pense, le droit aussi d’aller voir d’autres partenaires qui peuvent se joindre à nous. Et cela, avec le soutien de nos partenaires traditionnels qui eux-mêmes sont conscients aujourd’hui que le soutien qu’ils nous ont toujours apporté, ils ont compris que eux aussi, face à leurs problèmes, ils ne peuvent pas tout faire.

On sait déjà qu’il y a des investisseurs de Dubaï qui sont intéressés par la zone UEMOA, notamment à Dubaï Port World qui a la concession du port à conteneurs de Dakar, mais qui aujourd’hui se retrouve dans la tourmente de l’affaire Karim Wade. Est-ce que vous n’avez pas un peu peur que cette affaire nuise aux relations avec une place comme Dubaï ?

Je fais la part des choses. Vous êtes en train de parler de dossier qui concerne un de nos pays. Moi je vois une région. Ce dossier est un dossier qui est en cours. Je ne peux pas en parler. Donc ce que je peux dire, c’est qu’aujourd’hui, en tant que pays, en tant que région, nous avons intérêt à travailler avec tout le monde. Nous avons intérêt à aller chercher l’argent où il se trouve.

Vous disiez tout à l’heure en coulisse que ce qui a longtemps été un boulet au pied du continent africain, c’était sa réputation. Or là, on est en plein dans une crise de corruption?

La corruption existe partout. On en a longtemps fait une affaire africaine, mais vous savez bien que la corruption n’est pas seulement africaine. Il faut comprendre que le problème de la corruption, c’est l’homme.

Dans ce cas-là, Monsieur Wade?

Dans nos politiques régionales, nous avons des politiques de gouvernance. Si nous avons créé dans les Etats des cours de comptes régionales, chaque pays a sa cour de compte. Les Etats ont créé autour de la Banque centrale, des instruments pour essayer de surveiller les transactions internationales dont on ne sait pas d’où elles viennent. Il faut nous créditer aussi de la bonne gouvernance.

Justement l’UEMOA a pris position très récemment dans un dossier très complexe qui est celui de l’attribution du deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan, ce terminal attribué à Bolloré. Du coup, la commission de la concurrence de l’UEMOA dit bien que c’est une position assez proche du monopole, en tout cas une position abusive?

Il ne faut pas confondre les choses. Nous, nous voulons aussi en tant que membres, être une organisation sérieuse, aussi sérieuse que toute organisation. Cette structuration que nous avons, veut que quand un Etat ou quand un opérateur économique se sent lésé, agisse, comme on le fait à l’Union européenne. En Europe, quand il y a un débat par exemple sur des monopoles, la commission de l’Union européenne est saisie, rend son verdict. Ce dossier est en cours. Il ne faut pas aller très vite en besogne.

Les conclusions du rapport de la commission de la concurrence de l’UEMOA pose la question : est-ce qu’il ne faudrait pas remettre en cause l’attribution du deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan. Du coup, quelle est la suite?

Ce que je dis, le dossier est en instruction. Pourquoi vous me dites, quelle est la suite ? Comme si c’est moi qui décide.

C’est juste une recommandation?

Je vous l’ai dit, le dossier est en cours. Je ne tiens pas à ce que notre organisation soit perçue comme une organisation partisane. Nous faisons simplement ce que fait tout le monde. Nous étudions les dossiers et nous disons ce que nous en pensons.

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