Chronique des matières premières

L'embargo russe fait retomber les prix mondiaux du lait

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La Russie a complètement fermé ses frontières au fromage européen, 20 000 tonnes de fromage par mois. L'industrie laitière européenne se retrouve donc avec des excédents de lait sur les bras, puisqu’elle continue d'acheter la production des éleveurs.
La Russie a complètement fermé ses frontières au fromage européen, 20 000 tonnes de fromage par mois. L'industrie laitière européenne se retrouve donc avec des excédents de lait sur les bras, puisqu’elle continue d'acheter la production des éleveurs. REUTERS/Eric Vidal

L'embargo russe contre les produits laitiers européens se fait sentir jusqu'en Nouvelle-Zélande où les prix de la poudre de lait s'effondrent.

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En un mois, l'embargo russe a fait perdre un quart de sa valeur à l'or blanc de Nouvelle-Zélande, la poudre de lait. Ce pays n'est pourtant pas visé par les représailles russes. Mais la Russie a complètement fermé ses frontières au fromage européen, 20 000 tonnes de fromage par mois. L'industrie laitière européenne se retrouve donc avec des excédents de lait sur les bras, puisqu’elle continue d'acheter la production des éleveurs. Pour ne pas perdre ce lait, elle le transforme en beurre et en poudre de lait, qu'elle veut vendre au plus vite avant que les prix ne chutent davantage. L'industrie laitière n'envisage pas encore de stocker la poudre pendant trois mois minimum, comme le lui propose la Commission européenne, en échange d'une aide financière : cela déprécierait trop la marchandise, les clients demandent en priorité de la poudre qui a moins d'un mois et demi. Il y a donc beaucoup de poudre de lait européenne à vendre en Afrique, au Moyen-Orient, et jusqu'en Asie, les marchés traditionnels de la poudre de lait de Nouvelle-Zélande, qui ne profite même pas vraiment d'être épargnée par l'embargo russe.  

En Europe, les éleveurs laitiers commencent aussi à faire les frais de cet embargo : le prix du lait à la ferme a déjà baissé en Allemagne - à 376 euros les mille litres contre 400 en janvier -, en Belgique et au Royaume-Uni. En France, où le lissage est plus important, c'est en janvier prochain que les producteurs devraient souffrir, ils sont encore payés entre 380 et 390 euros les mille litres. On est au bord d'une nouvelle crise laitière, s'alarme l'Association française de la transformation laitière (ATLA), qui juge insuffisante l'aide européenne au stockage de poudre. C'est une augmentation du prix d'intervention, le prix plancher auquel la Commission peut acheter de la poudre et du beurre qui pourrait, d'après elle, empêcher l'effondrement de se poursuivre. A quelques mois de la suppression des quotas de production (avril 2015), c’est un virage qui angoisse de nombreux éleveurs européens, rappelle-t-elle, la Commission de Bruxelles est assise sur un volcan.

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