L'Épopée des musiques noires

Funky Family

Audio 26:31
Bootsy Collins.
Bootsy Collins. © bootsycollins.com

Il fut le bassiste de James Brown, il est un ami proche de George Clinton, il entretient la flamme d'un funk psychédélique hérité des années 70, il s'appelle Bootsy Collins. Le 1er août 2014, ce flamboyant virtuose faisait escale en France, à Saint-Nazaire, pour honorer la mémoire de son frère de cœur, le regretté Bobby Womack qui venait de disparaître, mais aussi pour annoncer le retour dans son groupe de quelques piliers du P-Funk originel, Joel « Razor Sharp » Johnson (le pianiste), Frankie « Kash » Waddy (le batteur), et Gary « Mudbone » Cooper (le chanteur et maître de cérémonie), en d'autres mots, les membres historiques du Rubber Band, la formation légendaire de Bootsy Collins.

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Frankie «Kash» Waddy, Gary «Mudbone» Cooper, Joel «Razor Sharp» Johnson et Bootsy Collins - 1er août 2014.
Frankie «Kash» Waddy, Gary «Mudbone» Cooper, Joel «Razor Sharp» Johnson et Bootsy Collins - 1er août 2014. © Joe Farmer

En ressuscitant sur scène le funk des origines, Bootsy Collins et ses comparses semblaient vouloir donner une leçon de groove à tous leurs héritiers, et peut-être entamer un nouveau chapitre de cette aventure musicale, née il y a plus de 40 ans. Après James Brown et George Clinton, l'équipe de Bootsy Collins représente la troisième génération de musiciens garants de la tradition funk. Un statut que ces vétérans se font un devoir d'entretenir avec un brin de fierté non dissimulée.

Face au retour d'une ségrégation raciale violente aux États-Unis, la « Funky Family » fait front et milite pour une vigilance sociale à travers la musique. Cet indicateur très explicite de l'engagement citoyen des artistes d'aujourd'hui est un soutien massif aux différentes actions des porte-paroles de la communauté noire dans le monde. Bootsy Collins reconnaît d'ailleurs avoir le plus profond respect pour tous ceux qui ont payé de leur vie leur désir d'unité, de paix, et de justice.

© bootsycollins.com

Bootsy Collins est connu pour sa maîtrise parfaite de l'idiome funk, mais il respecte aussi profondément le vocabulaire du jazz. Inviter Ron Carter, le contrebassiste historique de Miles Davis, sur son dernier album est pour lui une évidence. Derrière ce mélange ingénieux de différents styles musicaux, il honore ses héros et préserve un patrimoine culturel précieux qui narre au quotidien les soubresauts de l'Amérique noire d'hier et d'aujourd'hui.

http://bootsycollins.com/

© bootsycollins.com

 

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