Nouvelles technologies

L’ordinateur éprouvette

Audio 02:03
Le biochimiste Stanley Miller.
Le biochimiste Stanley Miller. DR

Des physiciens français et italiens ont reproduit par ordinateur la célèbre expérience du biochimiste Stanley Miller, qui avait démontré en 1953 la possibilité d’une formation spontanée des briques élémentaires de la vie en soumettant à une décharge électrique les matières de la Terre primitive. Une simulation informatique qui sera utilisée par les chimistes à la place des éprouvettes pour comprendre comment la vie est apparue spontanément sur notre planète… ou ailleurs, à l’autre bout de l’univers.

Publicité

La fée « électricité » serait à l’origine de toute vie sur Terre. La romancière Mary Shelley en 1818 nous contait l’histoire étrange du docteur Frankenstein qui, à partir de morceaux de cadavres et à l’aide d’éclairs électriques, donnait naissance à un monstre échappant à son contrôle. Une partie seulement de cette histoire terrible est vraisemblable.

En 1953, le jeune biochimiste Stanley Miller a réalisé une expérience étonnante. Il a mélangé trois ingrédients dans une énorme éprouvette surmontée d’électrodes, dans laquelle il a recréé les conditions primitives de la terre, comme l’atmosphère de l’époque, de l’eau bouillante pour simuler l’océan originel et des décharges électriques reproduisant les effets de l’orage. Le jeune chercheur observe alors dans sa « soupe primordiale », la formation de molécules complexes d’acides aminés, les briques fondamentales du vivant.

Cette expérience vient d’être reproduite uniquement sur ordinateur et sans la moindre éprouvette par une équipe de physiciens français et italiens. Les chercheurs ont étudié à l’aide d’une simulation informatique, l’effet d’un champ électrique intense sur une « soupe primordiale » virtuelle. L’expérience a permis d’établir les conditions nécessaires à la formation d’acides aminés. Les scientifiques ont également observé la présence de composés moléculaires inattendus, des sortes intermédiaires indispensables au processus complexe de la chimie du vivant.

Par ailleurs, les physiciens ont déterminé l’intensité du champ électrique se révélant capable de déclencher les bonnes réactions qui est de l'ordre de 50 millions de volts par centimètre. Ces conditions qui semblent extrêmes à l’échelle macroscopique sont pourtant très courantes entre les atomes, notamment à la surface des minéraux comme l’argile.

Selon les chercheurs, les simulations informatiques remplaceront un jour les éprouvettes des chimistes. Et qu’on se rassure, aucun docteur Frankenstein, n’a participé à leurs travaux, la création d’un organisme biologique complet et fonctionnel, avec un peu de matière et une batterie de voiture, n’est vraiment pas pour demain. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail