Revue de presse Afrique

A la Une : la guerre mondiale contre le terrorisme

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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L’enlèvement d’Hervé Gourdel, cet alpiniste Français de 55 ans, continue de faire la Une bien sûr en Algérie et au-delà… « Le ministère de la Défense a annoncé un énorme déploiement de soldats en Kabylie, relève le quotidien Le Matin. L’opération de ratissage et de recherche engagée par les forces de l’Armée nationale populaire, suite au kidnapping du ressortissant français, est toujours en cours dans la wilaya de Tizi-Ouzou. » Pour l’instant, donc, sans résultat…

En tout cas, relève El Watan, « avec l’enlèvement d’Hervé Gourdel, dans ce qui apparaît comme une opération savamment préparée, la donne change complètement dans la mesure où, l’on ne sait trop comment, la menace proférée à partir de quelque part en Irak a été mise à exécution quelques jours à peine après en Algérie. Cet enlèvement fait basculer brusquement l’Algérie dans le cercle des pays infestés par l’Etat Islamique. »

« Il faut souhaiter un dénouement heureux à cette épreuve », relève pour sa part Liberté, autre quotidien algérien, une épreuve qui « paie le prix, poursuit-il, de nos approximations et improvisations politiques et diplomatiques. » Liberté qui dénonce en effet le discours mené par le régime algérien, celui du « triomphalisme » contre le terrorisme, un discours, écrit-il, « ressassé sans retenue pour mieux cacher nos déficits internes en matière d’ouverture politique et d’évolution démocratique. (…) L’on a fini par croire à nos propres mensonges, déplore encore Liberté, jusqu’à oublier le caractère forcément fallacieux d’une 'victoire nationale' sur un phénomène porté, financé et alimenté en hommes et en logistique par une organisation transfrontalière et transcontinentale : et cela ne va pas sans exposer le pays à la vendetta terroriste. »

Personne n’est à l’abri

En effet, « cette guerre est mondiale, relève L’Observateur Paalga  au Burkina, et à chacun de s’y préparer. (…) Le rapt opéré en Algérie vient de transposer sur le continent africain une guerre qu’on croyait confinée à l’autre bout du monde, montrant ainsi, si besoin en était encore, qu’aucun pays n’est à l’abri de la folie de ces sans foi ni loi qui pensent pourtant agir au nom d’Allah. Aujourd’hui, c’est le pays de Bouteflika, demain ça peut bien être le Nigeria avec Boko Haram, la Somalie avec el Shebab, la Libye en pleine déliquescence, le Mali voisin ou qui savons-nous d’autre encore. »

Le site d’information Fasozine  dénonce « le chantage sans fin et indécent des djihadistes : (…) si le groupe Djouned el Khelafa met sa menace d’égorger Hervé Gourdel à exécution, ce serait horrible à supporter par une opinion internationale qui en a déjà marre d’assister à cette barbarie érigée en loi par l’Etat islamique. En même temps, pointe encore Fasozine, ce serait une interpellation pour l’Algérie et également pour l’Union Africaine, jusque-là trop molle sur la question de la lutte contre le terrorisme, de se jeter dans cette guerre qui paraissait si loin du continent. Que ce soit en Irak ou dans un autre pays du monde, l’Afrique doit apporter sa contribution, aussi moindre soit-elle, pour éradiquer ce genre de crime ignoble contre l’humanité. »

Croisade ?

En tout cas, pour Le Pays, « la fermeté affichée par la France est courageuse et responsable. » Et « on est parti pour une guerre dont nul ne peut prévoir la durée. (…) Cela est d’autant plus vrai que le phénomène djihadiste est devenu planétaire. Il peut frapper là où on l’attend le moins. Le monde libre avec à sa tête les USA, en est conscient. »

Le Pays qui parle carrément de « croisade du XXIe siècle : (…) derrière la large coalition contre l’Etat Islamique, regroupée autour du leader de la pensée libre, les Etats-Unis, on pourrait lire une guerre des valeurs qui ne dit pas son nom. D’un côté, nous avons la galaxie djihadiste fondée sur des valeurs liées à une lecture rigoriste et biaisée de l’islam, qui ne concède aucune liberté à l’individu ; de l’autre, nous avons le camp de l’Occident, pour lequel le droit à la différence, la laïcité et les libertés individuelles ne sont pas négociables. C’est pourquoi, estime Le Pays, on peut être tenté de dire que l’on s’achemine vers les croisades du XXIe siècle. Paradoxalement, on peut relever que les moyens dont se servent les djihadistes pour diffuser leur message, sont ceux de l’Occident 'païen'. Il s’agit notamment des outils liés aux technologies de l’information et de la communication. On est donc parti pour une guerre dont nul ne peut prévoir la durée, pointe encore le quotidien burkinabé. Il reste à soumettre à la réflexion de ceux qui croient qu’ils tuent au nom de Dieu, conclut Le Pays, cette citation de François Jacob, tirée de son ouvrage intitulé Le jeu des possibles : 'Rien n’est aussi dangereux que la certitude d’avoir raison. Rien ne cause autant de destructions que l’obsession d’une vérité considérée comme absolue. Tous les crimes de l’histoire sont des conséquences de quelque fanatisme'. »

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