Aujourd'hui l'économie

Redresser l’économie, une priorité pour le nouveau président afghan

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Cérémonie d'investiture pour le nouveau président afghan, Ashraf Ghani (C) à Kaboul, le 29 septembre 2014.
Cérémonie d'investiture pour le nouveau président afghan, Ashraf Ghani (C) à Kaboul, le 29 septembre 2014. REUTERS/Omar Sobhani

Après des mois de crise et de tergiversations, Ashraf Ghani a été officiellement investi président de l'Afghanistan ce lundi 29 septembre. Il prend la tête d'un pays considérablement affaibli sur le plan économique.

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Les traitements des fonctionnaires du mois d'octobre seront versés avec quinze jours de retard a annoncé ce week-end le trésor public afghan. Ce n'est pas vraiment une surprise. Car depuis quelques mois les impôts ne rentrent plus dans les caisses de l'État. La campagne de l'élection présidentielle, avec son lot d'incertitude, a littéralement paralysé l'activité, et par conséquent privé le trésor public de recettes. La récession est sensible dans tous les secteurs et dans toutes les régions. Même les échanges avec les pays voisins, Pakistan, Inde, Iran, ont reculé ces six derniers mois. Des experts évoquent des pertes potentielles globales de 5 à 6 milliards de dollars, c'est-à-dire à peu près le quart du produit intérieur brut du pays. Cette crise des finances publiques c'est le coup de grâce pour une économie qui s'était déjà contractée comme une peau de chagrin avec le départ d'une grande partie des troupes étrangères.

La croissance à deux chiffres de 2012 était un mirage ?

Un phénomène artificiel largement alimenté par la demande des expatriés, militaires et personnel des ONG confondus. C'est cette demande qui a dopé le bâtiment comme l'agriculture ou l'industrie. Sur les 800 bases militaires déployées en Afghanistan, seulement trente sont toujours en activité. Le contingent américain sur place qui est monté jusqu'à 100 000 hommes n'est plus aujourd'hui que de 30 000 soldats. Le soufflé est donc retombé, la croissance de 14 % en 2012 est descendue à 3 % l'année dernière selon la banque mondiale. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'a repris de plus belle la culture du pavot, une activité où le débouché et les revenus sont garantis par une filière très bien organisée. Dévasté par des décennies de guerre, l'Afghanistan est toujours un pays sous perfusion internationale. Mais l'argent ne sert pas à innerver un développement durable, il est essentiellement mobilisé par la mission de paix. Un rapport publié cet été par l'administration américaine démontre que 60 % de l'aide a été engloutie dans des dépenses militaires. Le budget annuel de la défense afghane, entièrement versé par les pays de l'Otan est d'au moins 5 milliards de dollars. C'est-à-dire plus que le budget total de l'État afghan de l'ordre de 4 milliards de dollars.

Quelles sont les priorités du nouveau président ?

D'abord la stabilité et ensuite l'économie a-t-il confié à nos confrères du quotidien le monde. La première étant la condition indispensable à l'essor de la seconde. Pour cela Ashraf Ghani espère bien donner à son pays les moyens juridiques de construire une économie de marché performante. En tant qu'ancien économiste de la banque mondiale, il a le réseau et l'expérience requise. Il a démontré son savoir-faire lorsqu'il était en charge du ministère des finances, en lançant la nouvelle monnaie, et en réformant les impôts. Mais il doit surtout démontrer maintenant qu'il est capable de travailler avec Abdullah Abdullah, son ancien rival à la présidentielle devenu son premier ministre. Que l'exécutif travaille ensemble, c'est le minimum requis pour ramener la confiance, et donc remettre en marche une économie aujourd'hui pétrifiée.

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