Revue de presse Afrique

A la Une : CPI, Blé Goudé plaide non coupable

Audio 04:45
© AFP/Pius Utomi Ekpei
10 mn

Publicité

L'ancien chef des « jeunes patriotes » s'est montré offensif à la barre. Il a assuré avoir tout fait pour préserver la paix en Côte d'Ivoire, épinglant tout à la fois la CPI et l'actuel pouvoir ivoirien. Et ce matin, Charles Blé Goudé est en Une en Côte d’Ivoire. En Une, bien sûr, de la presse dite « bleue », c'est-à-dire proche de l’ex-président ivoirien. « Blé Goudé tout feu, tout flamme », lance ainsi en manchette Notre Voie, à la Une duquel l’ex-ministre de Laurent Gbagbo apparaît, lunettes, costard-cravate et mains en offrande, à la barre de la CPI.

Le quotidien historique de la presse bleue, à l’instar de ses autres confrères de cette dite-presse, retranscrit en pages intérieures « l’intégralité de son intervention », et reproduit en première page cette déclaration de Charles Blé Goudé devant la Cour : « Non, je ne suis pas l’assassin des musulmans de mon pays ». Et « il confond Bensouda », complète Notre Voie, en référence à la procureur de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda.

« Charles Blé Goudé casse la baraque », rehausseLe Temps. C’est peu dire que cet autre titre-phare de la presse bleue a apprécié le discours de l’ancien « général de la rue », avant d’évoquer « l’émotion » et les « larmes » versées hier à Yopougon, faubourg d’Abidjan et fief des « jeunes patriotes » chers à Charles Blé Goudé, quand ce dernier a parlé devant la Cour. Autre titre de la presse bleue, LG Infos a lui aussi vivement apprécié la prestation de son champion. « Blé Goudé parle et le régime panique », lance le journal.

De son côté, Le Nouveau Courrier anticipe. Les charges contre le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N'Gbo seront-elles confirmées ?, se demande-t-il. « Si l'on s'en tenait à la logique juridique normale, la réponse à cette question serait évidemment négative. » Mais voilà : la CPI n'est pas un tribunal normal. Procès après procès, forfaiture après forfaiture, elle est en train de mettre en place une jurisprudence de l'ignominie, digne des « procès de Moscou » et « des pires républiques bananières », bucheronne Le Nouveau Courrier.

Du côté de la presse indépendante, le ton est plus distancié

Le journal L’Inter évoque en manchette ce qu’il appelle « le show de Blé Goudé hier à la CPI ». Soir Info écrit que Blé Goudé « fait de graves révélations ». Enfin, si nous terminons sur ce sujet le tour d’horizon de la presse ivoirienne par les journaux proches de l’actuel pouvoir, c’est tout simplement parce que la plupart d’entre eux ne nous étaient pas encore parvenus ce matin d’abord, ou parce qu’ils n’ont pas estimé opportun de hisser le sujet Blé Goudé-CPI en Une.

Témoin Le Nouveau Réveil, quotidien proche du PDCI-RDA, l’ancien parti unique toujours dirigé par l’ex-président Henri Aimé Konan Bédié, dont la Une ne pipe pas davantage mot concernant Blé Goudé que celle du quotidien gouvernemental Fraternité Matin. Au Burkina Faso voisin, en revanche, le sujet a retenu l’attention du journal Le Pays. Lequel a trouvé que, devant la CPI, le « général de la rue (a été) dans la logique du déni » et qu’il n’avait pas « fait dans la dentelle ».

Pour autant, le quotidien ouagalais estime que Charles Blé Goudé « ne peut cacher le soleil avec sa main ». Car s’il n’a « certes pas tué 3 000 personnes », la responsabilité de l’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo « ne serait-ce que morale, est si grande dans le malheur qui a frappé la Côte d’Ivoire, qu’il lui serait difficile de se soustraire des fourches caudines de la CPI » (sic).

Certes, complète Le Pays, « il est vrai que le camp du président Alassane Ouattara (…) a aussi marché sur des cadavres. Et il faudra que tôt ou tard, tous ceux qui ont leurs doigts tâchés de sang d’innocents Ivoiriens, fussent-ils partisans du régime en place, répondent de leurs actes. Mais, poursuit le confrère, Blé Goudé aurait tort de vouloir utiliser cet argument pour se défendre. » Et le journal soupire pour conclure sur la perspective d’une « vraie réconciliation en Côte d’Ivoire ».

Burkina Faso : les clous au clou

Report du tour cycliste du Faso 2014, par crainte de l’épidémie Ebola. Et c’est très sobrement que le site internet du quotidien L’Observateur Paalga évoque ce matin cette décision de report sine die de la course.

« Si au Burkina, aucun cas n’est pour le moment signalé, explique le journal, il n’en demeure pas moins que la vigilance doit être de rigueur. » Car cette compétition sportive regroupe un grand monde « qui se côtoie tous les jours », complète L’Observateur, et ce pendant plus de deux semaines. Le virus Ebola se transmettant par contact, si quelqu’un est atteint de la maladie, la transmission étant rapide, les dégâts seront « innombrables », estime le confrère qui, pour qualifier les dégâts potentiels de l’épidémie Ebola, a préféré cet adjectif (« innombrables ») pour... qui sait ? Peut-être son côté distancié, voir euphémistique, allez savoir… En tout cas, pour le Tour du Faso 2014, les clous sont au clou.. Dommage.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail