Revue de presse française

A la Une: Economie, la France sous surveillance

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AFP
14 mn

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Par Norbert Navarro

Standard & Poor’s, l’une des trois agences de notation mondiales, qui n’ont pas leur pareil pour distribuer bons et mauvais points aux pays comme aux grandes entreprises faisant appel public à l’épargne, qui font et défont les réputations de bons ou mauvais payeurs des Etats, institutions ou grands groupes, a finalement maintenu la note de la France à AA (la troisième meilleure dans son échelle de notation). Mais elle a révisé à la baisse sa perspective, de stable à négative. Et Le Figaro le relève en Une.

Pour le journal, c’est le « dernier avertissement » à la France. Car de cette note vont dépendre les conditions de crédits futurs accordés au pays par les banques. Selon les estimations de l’agence américaine de notation, la situation budgétaire se « détériore au regard des perspectives de croissance économique ». Le déficit de la France atteindra par exemple 4,1 % de la richesse du pays sur la période 2014-2017. En avril dernier, le gouvernement français avait prévu 3,2 % pour la même période. François Hollande vise un objectif de 2,8 % à la fin de son quinquennat. Autant dire que S&P n’y croit pas et dresse un « tableau noir » de la situation de la France, tranche, lapidaire, Le Figaro.

Nobel de la Paix : entre gloire et dédain

Les réactions sont mitigées en Inde comme au Pakistan après l’attribution, vendredi, du double prix Nobel de la paix. Les journaux français ont bien sûr demandé à leurs correspondants sur place d’observer ces réactions une fois connus les noms des deux lauréats. Au Pakistan, dans la région d’origine de Malala, on éviterait plutôt de trop en dire. Pour elle, le plus grand « défi » reste sans doute de faire accepter son combat dans son propre pays, où elle est encore « largement critiquée » par une partie conservatrice de la société, souligne Libération, mais aussi en raison de la présence des « espions talibans ».

C'est la raison pour laquelle il reste dangereux d’afficher son soutien à Malala, explique Libé. Le journal relève à ce sujet qu’il y a un mois à peine, une enseignante a été tuée par une attaque « à la grenade » contre une école de Peshawar, blessant aussi des enfants. L’établissement avait reçu des menaces exhortant les élèves à porter des tuniques longues « traditionnelles » plutôt que des vêtements occidentaux.

En Inde, le quotidien a constaté que les réactions étaient aussi mitigées, même si, là-bas, les filles ne subissent pas d’interdits religieux pour se rendre à l’école. Mais sur place, ce double prix Nobel de la paix a été reçu « entre fierté et ironie », même s’il a été décerné dans le « bruit des canons », formule Libé.

Nobel de la Paix : coup de craie dans les ténèbres

Reste que dans son ensemble, la presse française salue ce prix Nobel de la paix 2014. L'académie Nobel a offert un « magnifique message d'espoir », se félicite Les Dernières nouvelles d’Alsace. Car ce ne sont pas simplement deux personnalités physiques, figures de proue d'une lutte sans relâche contre l'obscurantisme, qui ont été distinguées. C'est une vision d'avenir. Il s'agit du « pari fou et magnifique » que la connaissance viendra un jour à bout des ténèbres et que la « dictature de la barbarie » n'est pas une fatalité, se réjouit le journal de l’est de la France.

Pour son concurrent local L’Alsace, Malala est devenue un symbole de ce « combat contre la crétinerie meurtrière mêlée de religion ». Son combat ne peut « que nous interpeller », alors que des collégiennes françaises rêvent d'abandonner leurs études pour « se consacrer au jihad ». C'est dire, souligne L’Alsace, à quel point l'éducation demeure « fragile ».

Le Journal de la Haute-Marne salue lui aussi l'adolescente Malala, qui nous rappelle avec les mots de l'adolescente que cette liberté ne peut germer « que sur les bancs de l'école », sans distinction de sexe. Une simplicité salutaire, sans doute « plus efficace que de longs discours ». Ses convictions, Malala les a défendues « dans sa chair », rappelle le quotidien régional.

En effet, Malala a même pris une balle dans la tête. Elle a survécu et poursuivi son combat pour le droit à l'école « avec la fraîcheur d'une adolescente », insiste L’Est Républicain. Elle a « perdu son innocence » pour « gagner cette force intérieure » lui permettant de « voir la terreur dans les yeux » des terroristes, leur peur panique devant « le pouvoir de l'éducation ».

Seulement voilà, modère La Charente Libre, la jeune Malala ne peut toujours pas retourner sans risques dans son propre pays où sa tête est « mise à prix » par les fondamentalistes musulmans.

Ebola : la France s’inquiète

L’épidémie d’Ebola vue de France, où l’inquiétude gagne du terrain. C’est ce que constate Le Figaro après que deux fausses alertes en moins de 24 heures aient fait craindre l’arrivée du virus sur le sol français. Le journal estime que ce scénario est « probable » avec l’explosion des cas en Afrique. La ministre de la Santé Marisol Touraine a tenu conférence de presse vendredi pour en dresser l’état des lieux. Elle reconnait que la situation est « évolutive ». La ministre a notamment annoncé que les contrôles au départ et à l’arrivée des vols directs entre la France et l’Afrique de l’Ouest touchée par le virus pourraient être renforcés dans les jours qui viennent, relève Le Figaro. Air France a ainsi annulé ses liaisons avec Freetown en Sierra Leone mais assure encore une liaison quotidienne avec Conakry en Guinée et Port Harcourt et Lagos au Nigeria, complète le journal.

Quand aux contrôles préventifs à l’arrivée, ils reposent essentiellement sur une mesure : la prise de la température, la fièvre étant le premier symptôme de la maladie. Mais, nombre d’experts soulignent qu’un individu souhaitant « masquer » une fièvre peut aisément prendre un médicament antipyrétique de type paracétamol, objecte Le Figaro. Le journal rappelle que si les inquiétudes européennes sont légitimes, elles ne doivent pas masquer « l’urgence » à tarir la source du virus en Afrique de l’Ouest, où l’épidémie connaît une croissance exponentielle.

Trierweiler : la battante

Valérie Trierweiler aurait perdu ses nerfs lors d’une soirée mondaine à Paris. L’ex-compagne de François Hollande aurait tout bonnement giflée l’ancienne épouse du ministre de l’Economie Michel Sapin lors d’une soirée dans une boite gay de Paris. Le Parisien reprend ce samedi matin une information du journal people France Dimanche selon laquelle l’ex-première compagne n’a pas supporté que ses amies de longue date lui tournent le dos après la publication de son livre à scandale. Cela prouve que François Hollande peut encore compter sur des amis.

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