Revue de presse française

A la Une: Gourdel, l’égorgeur démasqué

Audio 06:25
AFP
13 mn

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Par Norbert Navarro

Il s’appellerait Kherza Bachir. Il y a dix-huit jours, c’est cet activiste quinquagénaire, natif de Bab el-Oued, quartier populaire d’Alger, qui aurait égorgé l’alpiniste français. Depuis, l’homme est « traqué par les Algériens », assure en Une Le Parisien Dimanche. Dans les montagnes de Kabylie, l’armée a déployé un nombre « très important » de soldats, dont des parachutistes, pour retrouver les assassins d’Hervé Gourdel, complète le journal.

Cette traque continue d’être directement suivie tout à la fois par le quotidien algérien El Watan, embarqué dans les cantines de l’armée algérienne, et par procuration dans les colonnes du Parisien Dimanche. « Cela va prendre beaucoup de temps. Mais les résultats sont inévitables, assure, dans les colonnes du journal, un des officiers sur place. Avant que la première neige ne tombe, le groupe doit être totalement anéanti. C’est l’objectif fixé. »

Dans les montagnes du Djurdjura, les militaires algériens ont retrouvé le lieu de l’enlèvement d’Hervé Gourdel. Un officier qui mène la section en opération explique à El Watan : « C’est ici, devant ce bassin, que les terroristes ont enlevé Gourdel. Vers quelle destination l’ont-ils emmené ? Aucun des accompagnateurs n’a pu nous le dire. Cependant, ce qui est certain, c’est que l’endroit est à deux kilomètres seulement du campement du groupe ».

Hervé Gourdel à deux kilomètres seulement du campement des terroristes ? L’alpiniste français ne pouvait pas plus mal tomber, puisque c’est dans la gueule du loup qu’il l’a fait. Le loup, ce serait donc ce Kherza Bachir qui serait devenu son bourreau, et qui servait de « mufti » au groupe « Jund al-Khalifa ». Ce dernier a récemment « fait allégeance » à l’organisation Etat islamique, rappelle Le Parisien.

Etat islamique : Kobane, ville martyre

En Syrie, le siège de Kobane menace de tourner au massacre de masse. Le groupe Etat islamique continue de prendre en tenaille l’essentiel de cette ville syrienne limitrophe de la Turquie. Les forces kurdes continuent de défendre avec l’énergie du désespoir. Les stocks de munitions de ces dernières commençant à s’épuiser. Le Journal du Dimanche annonce la chute « programmée » de Kobane. Les Nations-Unies craignent un « massacre » si la ville tombe aux mains des assaillants.

Kobane, c’est la « mère de toutes les batailles » contre l’organisation Etat islamique autoproclamé, estimeRue89. « Il reste environ 12 000 habitants dans la ville », s’inquiète le site Internet français. Qui prévient : « Un succès des jihadistes, malgré la longue liste des pays engagés contre eux, ne manquerait pas d’être amplifié par la propagande habile du mouvement en direction des musulmans sunnites du monde entier ».

Mali : le chacal

Au nord-Mali, le raid militaire français avant-hier visait un convoi de munitions destiné au chef traqué Iyad Ag Ghali. Il est suivi « à la trace par satellite et par drone », précise Le Journal du Dimanche, le convoi intercepté par des hélicoptères français aurait dû livrer sa cargaison d’armes à l’émir de la katiba d’Ansar Dine, énonce l’hebdomadaire. Le JDD affirme aussi que les forces nigériennes auraient participé à ce raid.

Macron : alias Roosevelt

En France, Emmanuel Macron propose un « New deal » en Europe. Le ministre français de l'Economie le dit au Journal du Dimanche : « La France s'engage à poursuivre et même à intensifier ses réformes ; l'Union annonce un grand plan de relance par l'investissement de 300 milliards d'euros (…) Tout le monde y gagnera, alors qu'aujourd'hui tout le monde est perdant », dit Emmanuel Macron dans Le JDD.

Juppé : papy fait de la résistance

Mais cette semaine, c’est Alain Juppé qui est désormais préféré à droite pour la prochaine présidentielle. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a du reste reçu le soutien appuyé de l’ancien président et de sa fille Claude Chirac, laquelle dit cette semaine au Nouvel Observateur que « pour les chiraquiens, Juppé est le choix de l’évidence ». Mais il n'a pas le soutien de Bernadette Chirac, qui le trouve « froid » et qui estime qu’il n’attire pas « les gens ». Elle préfère Nicolas Sarkozy. Alain Juppé donc, est devenu « le cauchemar de Sarkozy », lance Le Point.

A droite, Nicolas Sarkozy ne fait « plus peur », souligne Le Point. Témoin la défaite de son candidat à la présidence du sénat, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, battu par Gérard Larcher. Témoin, celle ensuite de Roger Karouchi pour la présidence du groupe UMP à ce même Sénat, défait par Bruno Retailleau.

Mais la vraie première victoire d’Alain Juppé face à Nicolas Sarkozy, c’est bien sûr celle de l’élection primaire pour désigner le futur candidat de l’UMP à la présidentielle de 2017. L’ancien président a fini par céder. Lui qui n’en voulait pas, a promis qu’il organiserait bien une primaire s’il est élu à la tête de l’UMP, ce qui ne fait aucun doute.

Selon Le Point, Nicolas Sarkozy l’a dit à Alain Juppé : « cette primaire, tu l’auras, mais ce sera un carnage ».

On le voit, le retour de Nicolas Sarkozy s’annonce plus compliqué que prévu. A tel point que Marianne, non sans un évident parti-pris il est vrai, se demande si Sarkozy « était fini ? ». Pour l’hebdomadaire, Sarkozy, c’est « le magicien qui ose ». Mais le charme « n’est plus tout à fait au rendez-vous », et la surprise « encore moins ». Quant à Alain Juppé, l’ancien président comptait ne faire « qu’une bouchée » de son ancien ministre. Mais à présent, il se demande par quel bout saisir cette « anguille », formule Marianne.

Foot : Ebola enfièvre la CAN

L’épidémie d’Ebola menace la prochaine CAN au Maroc. Le calendrier de la Coupe d’Afrique des nations sera-t-il respecté ? Le Maroc veut le retarder, la Confédération africaine de football entend le maintenir. Chacun y va de ses commentaires. Ce matin, dans Le parisien Dimanche, Alain Giresse ne manque pas de s’étonner. « Cela veut dire quoi un report ?, se demande l’ancien milieu de terrain français, désormais le sélectionneur de l’équipe du Sénégal. Un mois, six mois, un an… ou ils n’en veulent plus ? ». Selon Giresse, « Si on en arrive à éliminer une CAN, cela veut dire beaucoup de choses, pas seulement dans le football. Cela signifie qu’il ne peut plus y avoir aucun mouvement de foule. Il ne faut pas tomber dans la psychose », dit Giresse au Parisien Dimanche. C’est ce qui s’appelle faire une passe. Aux Marocains de jouer.

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