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Les mots de l'actualité

VESTE - 17/10/2014

Audio 03:06
Par : Yvan Amar

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L’exécutif « retourne sa veste » à Hong Kong : c’est l’un des titres entendu hier sur RFI, avec une expression assez courante : «  retourner sa veste ».

En ce moment, il y a un bras de fer qui oppose le pouvoir et les étudiants à Hong Kong. Il était question de négocier, le gouvernement a durci sa position, il a refusé de négocier. Et puis il a changé une nouvelle fois d’attitude et il admet maintenant que peut-être on pourrait discuter. On dit que ce gouvernement « a retourné sa veste » : en fonction du développement de cette crise, il a changé de position.

Non pas peut-être parce que les revendications étudiantes soudain lui semblaient légitimes, mais parce que simplement le pouvoir craint d’affronter une trop grande impopularité. Donc, « retourner sa veste », c’est changer de discours, de façon d’être. L’image est tout à fait parlante : « retourner sa veste », c’est bien un retournement d’apparence. On avait un habit blanc… on le retourne… on a un habit noir. Sous-entendu, on est opportuniste : on n’était pas forcément plus sincère avant qu’après, on ne pense qu’à son intérêt.

Mais la plupart du temps, cette expression s’emploie dans un autre contexte, le plus souvent électoral : il s’agit d’une personnalité politique qui « retourne sa veste » quand elle change de discours et d’opinion et de famille politique.

On a par exemple été socialiste pendant dix ans, voilà qu’on se découvre libéral de droite. Oh, mais ça peut se faire dans l’autre sens. Pourquoi ? Parce qu’on pense qu’on a davantage de chance de faire carrière sous cette étiquette, on sera mieux élu !

En tout cas, c’est ce qui est indiqué quand on utilise cette formule, toujours péjorative : parce qu’on va dire d’un autre qu’il « a retourné sa veste ». Mais jamais je n’ai entendu un homme politique dire de lui-même : « j’ai retourné ma veste ».

Au mieux, de temps en temps il dira : « j’ai évolué, j’ai modifié ma position, j’ai changé d’opinion ». Mais pas « j’ai retourné ma veste ». Parce que « retourner sa veste », c’est trahir, c’est passer à l’adversaire et changer de camp.

Le mot veste est d’ailleurs assez riche de sens dans famille politique, puisque retourner sa veste n’empêche pas parfois de « prendre une veste ».

« Prendre une veste », c’est une autre expression dont le sens n’a rien à voir : c’est essuyer un échec cinglant, subir une défaite. On dit aussi « ramasser une veste ».

Pourquoi une veste ? Probablement que ça nous vient du jeu de cartes. Quand on ne fait pas un seul pli, une seule levée, on dit qu’on a perdu et qu’on est capot. Donc, on peut dire qu’on a pris une capote : « ramasser une capote ».

Et au premier sens, qu’est ce que c’est qu’une capote ? C’est un habit militaire, c’est un manteau, donc c’est une longue veste. Alors, « on a pris une capote » et par glissement de vocabulaire, on peut dire qu’on a pris une veste, de façon plaisante. Et en fait, c’est cette formule qui est restée dans le vocabulaire d’aujourd’hui. « On a pris une veste », ça veut dire qu’on a raté l’élection, mais de beaucoup !

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