Chronique des matières premières

La banane Chiquita plutôt Brésilienne qu'Irlandaise

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La banane Chiquita devrait s'allier au groupe brésilien Cutrale-Safra.
La banane Chiquita devrait s'allier au groupe brésilien Cutrale-Safra. Reuters/files

Le producteur de banane américain Chiquita voulait devenir Irlandais pour payer moins d'impôts, mais les actionnaires préfèrent s'offrir à un groupe brésilien.

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La banane Chiquita bientôt Brésilienne ? Ironie de l'histoire, la société emblématique de l'impérialisme économique des Etats-Unis en Amérique latine pendant des décennies a toutes les chances de tomber entre les mains de latinos 

Les actionnaires de Chiquita, en Caroline du Nord, ont refusé la fusion du géant américain de la banane avec son concurrent européen, le fournisseur et distributeur de banane irlandais Fyffes. Un mariage qui aurait permis à Chiquita de déménager son siège en Irlande et de payer moins d'impôts qu'aux Etats-Unis.

Mais le projet des dirigeants n'est pas du goût des actionnaires. Depuis les fiançailles au printemps, un nouveau prétendant brésilien s'était présenté : le roi du jus d'orange Cutrale, allié au richissime fond d'investissement brésilien Safra. Les actionnaires de Chiquita ont été davantage séduits par cette offre sud-américaine, d'autant que Cutrale-Safra a amélioré son offre deux jours avant leur vote.

Adieu donc l'exil fiscal de Chiquita à Dublin ! Le mariage Chiquita-Fyffes est abandonné au pied de l'autel. Il aurait pourtant permis de constituer le premier groupe bananier mondial, à l'heure où la concurrence est de plus en plus féroce sur le marché de la banane, 7 milliards de dollars, et où les acteurs américains Chiquita, Dole et del Monte ont perdu de leur superbe.

Chiquita et Fyffes comptaient en particulier regrouper leurs forces en Europe où ils auraient représenté 30% du marché. De quoi donner une force de frappe encore plus grande à la banane dollar, qui bénéficie déjà de la disparition des droits de douane, avec deux tiers du marché européen.

L'annonce de ce mariage effrayait donc déjà les producteurs africains et européens, en particulier des Antilles, encore prépondérants sur le marché français. L'échec de la fusion Chiquita-Fyffes, abandonnée au profit d'une alliance probable de Chiquita avec les oranges brésiliennes, doit les réjouir.

 

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