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A la Une : Tunisie, un scrutin calme sous une météo printanière

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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A la Une, l’attente des résultats des élections législatives en Tunisie... « Une soirée d’été avec une brise de fraîcheur », c’est comme cela que le grand journal national La Presse de Tunisie décrit la soirée électorale hier, dimanche 26 octobre, aux allures de nouveau « printemps », notamment dans la circonscription de Gafsa, une des grandes villes du sud, où « l’engouement a été remarquable », selon le quotidien de Tunis. Les électeurs tunisiens sont allés voter, malgré l’impressionnant bouclier de sécurité mis en place. « Un grand bravo pour ces veilleurs sur la Tunisie parmi lesquels la gente féminine était très présente », félicite le journal La presse de Tunisie. Le quotidien semble se contenter d’un taux de participation assez moyen sur tout le territoire tunisien ; aux alentours de 60 %, alors qu’on craignait une abstention importante compte tenu de l’ampleur des espoirs déçus depuis la révolution de 2011.

Dans son édition d’hier, le journal Le Temps se voulait déjà optimiste évoquant une « opportunité historique pour les tunisiens de se reconstruire ». « Ne trahissons pas la démocratie », prévenait le quotidien de Tunis. L’auteur de l’article intitulé « Langage du temps », rappelait la vieille expérience démocratique tunisienne au temps de la constitution de Carthage. Il y a trois mille ans, les tunisiens avaient déjà été invités à élire un parlement, dans le cadre d’un système représentatif. « Malgré nos dictatures, la démocratie est dans nos gênes », se félicitait donc hier le quotidien Le Temps.

Bref, bon taux ou moyen taux de participation, « la page islamiste sera-t-elle tournée ? », s’interroge justement pour sa part en Une, Guinée Conakry Info qui se félicite lui aussi d’un scrutin plutôt calme. « En raison des bilans économiques et sécuritaires de la brève gestion du pays par ce parti islamiste, lit-on, une bonne partie des électeurs, et certainement bien des chancelleries occidentales, souhaiteraient que la formation de Rached Ghannouchi ne revienne pas aux affaires! », constate le journal qui rappelle au passage qu’Ennahda bénéficie quand-même d’un socle électoral. Alors on y verra plus clair tout à l’heure, alors que les premiers résultats partiels devraient tomber dans la matinée.

La Tunisie : modèle à suivre ?

Enfin que dit-on chez les voisins ? EL Watan, le grand quotidien d’Alger estime que la Tunisie est la « lueur d’espoir dans une région tourmentée ». Les thèmes de campagne ont peut-être joué contre le parti islamiste, alors que la sécurité et l’économie étaient au cœur des débats, et qu’on a beaucoup reproché à Ennahda une telle situation.

A croire El Watan, il régnait un air de victoire hier, du côté du parti séculier de Tunisie Nida Tounes. « Le problème, c’est que le mode de scrutin à la proportionnelle favorise les petites formations, constate le quotidien algérien et qu’à priori aucun parti n’aura de majorité pour gouverner seul». « Si Ennahda arrive en tête, Nida Tounes n’exclue pas de former une coalition gouvernementale avec des formations idéologiquement proches », lit-on dans El Watan.

Botswana : Ian Khama, la force autoritaire tranquille

Au Botswana, le président Ian Khama a été réélu de justesse. Le candidat du Parti démocratique du Botswana, le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1966, a une nouvelle fois battu son principal adversaire qui représentait une coalition de différentes formations, au nom très printanier lui aussi : « le parapluie pour le changement démocratique ».

Et on le voit en Une du Daily News, le président Ian Khama tout sourire, toujours jeune à 61 ans, à l’allure rockabilly dans sa veste blanche, sur une chemise rouge, flanquée d’une cravate à rayures noires et rouges par dessus. Son brushing, son allure de pop star cachent pourtant un autoritarisme dénoncé par l’opposition durant toute la campagne.

Le Mali panique face à Ebola

Selon Malijet, depuis le premier cas avéré d’Ebola vendredi 24 octobre, suivi du décès de la fillette de 2 ans à Kayes, psychose et fausses alertes ont explosé à Bamako. « Le moindre symptôme apparenté à celui du virus Ebola chez un patient, amène les populations à crier à la maladie et crée la panique », lit-on.

Malijet revient sur le cas d’un jeune garçon qui souffrait d’une fièvre inexpliquée. Quand sa mère l’a emmené dans un des hôpitaux de la capitale, des agents de santé qui croyaient avoir à faire à un nouveau cas d’Ebola, ont pris de peur et se sont enfuis en expliquant qu’ils n’avaient pas encore l’équipement pour y faire face. La famille a dû alerter, grâce à des relations, le ministre de la Santé en personne, pour que des policiers prennent en charge l’enfant, et que des tests soient réalisés ensuite. Finalement, l’enfant ne souffrait pas d’Ebola mais d’un paludisme grave. Voyez, des réactions pas très rassurantes, à en croire Malijet, qui donne l’impression qu’après des mois d’épidémie dans les pays voisins, le Mali ne semble pas vraiment préparé.

 

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