Revue de presse française

A la Une: Kobane, élan de solidarité kurde

Audio 06:20
AFP
Par : François-Xavier Freland
13 mn

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Kobane : la bataille kurde contre l'obscurantisme

C'est la photo du jour dans le journal Les Échos. Une photo très étonnante où l'on voit un jeune combattant kurde irakien ou peshmerga cagoulé, au volant d'une jeep, faire le V de la victoire. Une image qui n'est pas sans rappeler celle du Che Guevara défilant dans les rues de La Havane au moment de la victoire de la révolution en 1959. Sauf qu’à y regarder de plus près, et bien, on découvre sur la chemise kaki de son bras, un petit drapeau américain, qui laisse penser, que ces peshmergas sont armés, financés, habillés par les États-Unis.
Alors ces images vidéos et les photos de leur convoi ont été diffusées par l’agence de presse turque Anadolu qui médiatise d'un coup l’engouement suscité par leur arrivée en Turquie auprès des populations kurdes. Sous pression américaine, le gouvernement turc s’est finalement résigné à autoriser le passage par son territoire d’environ 150 combattants kurdes.

«Les voilà enfin», s'exclame l'envoyée spéciale du Figaro Delphine Minoui, pour résumer le sentiment général. Dans son reportage, l'envoyée spéciale du Figaro revient aussi sur cet immense élan de solidarité des kurdes du monde entier qui sont venus de partout pour aider, soutenir, Kobane, la ville martyr. Un chirurgien kurde d'Iran réfugié à Londres ces dernières années n'a pas hésité à quitter sa clinique confortable où il travaille pour filer sur Kobane, il raconte : « pas question de laisser Daech nous éradiquer. Ces gens-là sont fous, ce sont des terroristes. À cause d’eux, j’ai renoncé à l’islam », dit-il.

Ces volontaires humanitaires kurdes démontrent beaucoup de courage alors que les combats font rage à Kobane, « maison par maison, parfois même dans les étages », selon les témoignages qu'a pu recueillir l'envoyé spécial de l'Humanité. Ce qui est important c'est que les peshmergas arrivent à Kobane avec des armes anti-blindés, contre ces chars dérobés par les combattants du groupe état islamique aux armées syriennes ou irakiennes, qui leur permettaient jusque-là, de frapper les positions kurdes à l'artillerie sans être inquiétés, selon l'Humanité.

Le journal communiste relève au passage que le président François Hollande reçoit demain son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Paris, pour le convaincre d'accepter un corridor sur son territoire afin de permettre un meilleur acheminement des renforts.

Des drones au-dessus des centrales nucléaires

«Pour quelles raisons des drones ont-ils survolé des sites nucléaires français ces trois dernières semaines ?» se demande Le Parisien. Depuis début octobre, EDF a constaté qu’au moins 7 de ses 19 centrales avaient été illégalement survolées par ces engins sans pilote dirigés depuis le sol à l’aide de puissantes télécommandes. Une vague de survols sans précédent, d’autant que certaines de ces incursions sont intervenues parfois à la même date, notamment le 19 octobre, sur des sites pourtant distants de plusieurs centaines de kilomètres. L’enquête a été confiée à la gendarmerie précise Le Parisien. « La thèse d’un repérage en vue d’un acte terroriste n’est pas privilégiée», confie une source militaire. Reste que selon les informations du Parisien, à la suite de ces vols de drones inexpliqués, «un groupe de travail a été lancé par les pouvoirs publics pour étudier les réponses à apporter face à ce type d’intrusions».

Les français se sacrifient au Mali

Au Mali, un accrochage entre des militaires français et jihadistes a coûté la vie d'un sergent-chef, au nord-est du Mali. Tous vos journaux reviennent, bien que succinctement, sur la mort de Thomas Dupuy, 32 ans, car la nouvelle est tombée tard. C'est le 10e militaire français tombé au Mali depuis l'opération Serval. «La force française Barkhane se concentre sur deux fronts face aux jihadistes, relève le Parisien : enrayer leur résurgence au Mali et les couper de leurs bases arrières libyennes, lit-on.

A noter que Le Monde revient largement dans son édition d'hier sur ce «français jihadiste malgré lui au Mali». Djamel Benhamdi, 38 ans, avait été arrêté au nord-est du Mali au tout début de l'opération Serval. Dans sa version «édulcorée» selon l'expression du parquet, l'homme prétend qu'il aurait été kidnappé par les combattants d'Aqmi à la frontière malienne, où il se trouvait alors, pour se ressourcer et prier, avant d'être obligé de combattre à leur côté. Un récit qui n'aurait pas convaincu le procureur qui aurait ironisé: «si on va au bout de sa logique, ce n'est plus la relaxe mais une médaille de la bravoure qu'il faut lui donner».

Le monde coule

Libération publie un dessin humoristique qui résume bien l'état de la planète en proie à de multiples guerres. Sous le trait de crayon du caricaturiste Willem, on découvre une dizaine de bateaux qui sombrent en pleine mer, censés représenter les embarcations de fortunes transportant les réfugiés, les futurs migrants, issus désormais des quatre coins de la planète. Sur chacun de ces bateaux, Willem y a ajouté un pays d'origine, Afghanistan, Syrie, Irak, Libye, Erythrée, Somalie, etc... Comme si toute la planète coulait. Autant de pays malmenés par le fanatisme religieux.

Femme de reporter de guerre

La Croix revient sur la sortie littéraire ce jeudi d'un livre témoignage sur la vie d'une femme de grand reporter de guerre. «Amour de pierre», un ouvrage de Grazyna Jagielska, qui a connu un grand succès en Pologne raconte la détresse psychique d'une femme mariée à un homme qui arpente les pires conflits du monde, Afghanistan, Tchétchénie, Congo, Rwanda. Vivre dans la peur d'entendre le téléphone sonner pour apprendre la mort de l'être cher. C'est de cela dont il s'agit, de la solitude de cette femme, qui a tenté 3 fois de divorcer sans succès, de partir avec son mari reporter sur le terrain, pour se confronter à son addiction. «De sa terrible traversée est née un récit intime, plein des chaos du monde, minuscule et immense», conclu joliment l'article de La Croix. Amour de Pierre est un livre qui pourrait bien, par son universalisme connaitre le même succès qu’en Pologne, en France et ailleurs.

Les morts ressuscitent

Enfin encore dans Libération, ce travail d'un photographe qui fait revivre les morts... Ca ne parait pas très gai, mais c'est saisissant. Le cimetière du Père-Lachaise à Paris est peuplé de statues mélancoliques. Sur la dizaine de photos publiées, quand on regarde de près ces visages de gisants au dessus des tombes, effectivement, on a l'impression qu'ils respirent encore. Laurent Troude a choisi le cadre serré du portrait et, techniquement, a littéralement enlevé l’objectif, lit-on, pour créer un très léger flou qui donne l'impression que les yeux de ces statues vous regardent. «On aperçoit nettement alors la vie des morts, derrière les visages pétrifiés dont les érosions sont comme un maquillage qui coule, une larme qui tombe, des émotions qui perlent». C'est beau, c'est poétique, c'est à découvrir dans Libération ce matin.

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