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Aujourd'hui l'économie

Etats-Unis : le rebond de l’économie se retourne contre les démocrates

Audio 03:37
La Chambre des représentants à Washington.
La Chambre des représentants à Washington. AFP/Rainer Jensen

Les Américains votent ce mardi 4 novembre pour les élections de mi-mandat. Huit ans après la crise, l'économie américaine a retrouvé un nouveau souffle, mais cela n'aide pas beaucoup les démocrates, ils pourraient perdre la majorité.

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A première vue l'administration Obama a pourtant un beau palmarès en la matière. Une croissance à 3,5% en rythme annuel enregistrée au troisième trimestre. Un chômage en-dessous de 6%. Une Bourse euphorique. Et c'est là où le bât blesse : la reprise est solide et durable, mais ce sont surtout les plus riches qui en ont bénéficié. Jamais les inégalités n'ont été aussi fortes aux Etats-Unis, la présidente de la banque centrale (la Fed) Janet Yellen s'en est même émue récemment.

L'électorat traditionnel du parti démocrate, issu de la classe moyenne, n'a toujours pas retrouvé son niveau de vie d'avant la crise. Le salaire médian, c'est-à-dire le seuil qui sépare la population active en deux parts égales, est inférieur de 8% à son niveau d'avant la crise. C'est en partie dû à la débâcle financière mais aussi à la mutation de l'économie américaine que la crise a accélérée. Les millions d'emplois industriels, le creuset de la classe moyenne, ont disparu. Les nouveaux emplois créés sont souvent moins qualifiés, moins bien rémunérés, dans le secteur des services.

Et le président Obama n'a pas réussi à imposer au congrès contrôlé par les républicains une hausse générale du salaire minimum

A défaut d'obtenir une majorité sur un salaire minimum à 10 dollars de l'heure, Barack Obama a demandé aux gouverneurs de relever directement le salaire de base dans leur Etat sans attendre le vote des Chambres. Un message largement entendu. Les syndicats ont fait pression pour organiser des référendums aujourd'hui même dans les Etats où le coup de pouce n'a pas encore été adopté. Résultat : quatre Etats, contrôlés par les républicains vont se prononcer sur une augmentation du salaire minimum. Une aubaine pour les candidats démocrates qui pourraient bénéficier d'une plus forte mobilisation des classes populaires. Mais dans chacun de ces Etats les candidats conservateurs ont tous fini par soutenir le vote en faveur de la hausse.

Les candidats démocrates sont aussi en difficulté dans les Etats dépendants du secteur des hydrocarbures.

Le boom du gaz et du pétrole de schiste a été l'un des facteurs du rebond américain, et une épine dans le pied du président Obama, accusé par les républicains de préférer la défense de l'environnement à celle de l'économie. En inscrivant la lutte contre le changement climatique dans les priorités de son mandat, le chef de la Maison Blanche s'est mis à dos tous ceux qui vivent des hydrocarbures. Dans les Etats où l'extraction du charbon est encore une activité pourvoyeuse d'emplois comme la Virginie Occidentale, le candidat républicain au Sénat est quasiment sûr de l'emporter.

Autre sujet brûlant : la construction de l'oléoduc Keystone XL qui doit acheminer aux Etats-Unis le pétrole canadien issu des sables bitumineux de l'Alberta. Barack Obama n'a toujours pas tranché alors que beaucoup d'Etats attendent depuis des années cet ouvrage pour créer des emplois. L'énergie est un enjeu majeur de la bataille du Sénat. Les républicains sont en passe de l'emporter dans cinq Etats où cette question est très sensible en terme d'emplois, et le parti conservateur a besoin de six sièges pour obtenir la majorité à la chambre haute.

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