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Les mots de l'actualité

CHEVET - 06/11/2014

Audio 03:17
Par : Yvan Amar

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Trois chefs d’État africains au chevet du Burkina-Faso. J’entendais cela hier sur RFI. (Lire l'article)
Les présidents nigérian, sénégalais et ghanéen étaient présents hier à Ouagadougou pour une série d’entrevues avec le nouvel homme fort au Burkina Faso, le lieutenant colonel Isaac Zida. Je cite toujours RFI.

Mais pourquoi dire qu’ils étaient « au chevet » du Burkina. Peut-être parce qu’on considère en ce moment le Burkina comme un pays malade, qui ne jouit pas d’une parfaite santé démocratique. Alors on va lui rendre visite, comme on visite un malade : par compassion, par affection, et peut-être pour l’aider à guérir. Cette image du chevet – être au chevet de quelqu’un – est assez courante, mais beaucoup plus quand il s’agit d’une personne. C’est plutôt rare à propos d’une réalité qui n’est pas humaine. Et pourtant c’est une image que j’ai entendu plusieurs fois l’an dernier ou depuis deux ans. Donc c’est peut-être une image qui monte d’une certaine façon. Et qui signifie donc qu’on est allé prendre des nouvelles d’un malade, qu’on l’assiste, que peut-être on le soigne, en tout cas qu’on est là, attentif, patient, présent quelque soit le malade, que ce soit donc un humain ou bien un pays. Mais on ne l’abandonne pas ; c’est ça le fait important.

Mais c’est rarement le médecin qui est au chevet de son malade : le médecin passe, fait son travail et s’en va. Alors est-ce que celui ou celle qui est au chevet est une infirmière ou un infirmier ? Peut-être davantage. Mais le mot s’emploie surtout en ce qui concerne les amis, ou la famille du malade, ceux qui viennent par affection et non parce que c’est leur métier.

Alors d’où vient cette expression être au chevet de quelqu’un ? Le mot chevet, qui est ancien en français, dérive du mot latin caput, qui signifie tête. Mais le chevet s’est spécialisé pour désigner l’endroit où l’on pose sa tête dans un lit. C’est d’abord un traversin qu’on appelle ainsi. Pas vraiment un oreiller mais un genre de boudin doux, plus long qu’un oreiller, et qu’on pose en travers du lit, pour y poser sa tête. Et ensuite, le chevet est devenu la tête du lit, la partie supérieure d’un lit. Et il est resté très associé à cette réalité.
Par exemple on parle d’une table de chevet : celle qui est à côté  du lit, et où l’on peut placer un certaine nombre d’objets usuels qu’on aime avoir à portée de la main pendant la nuit, ou simplement qu’on dépose là avant de dormir. On peut y mettre un réveil, sa montre, ses lunettes. Et le livre qu’on a lu pour s’endormir surtout.

Pourquoi surtout ? Parce qu’on a l’expression livre de chevet qui a vraiment fait son chemin. Il ne s’agit pas simplement du livre qu’on a lu la veille : un livre de chevet est un livre qui ne vous quitte pas, un livre que l’on fréquent longtemps, peut-être toute sa vie. Comme une référence constante, comme un texte auquel on peut sans cesse revenir sans s’en lasser, sans l’épuiser, sans peut-être le comprendre complètement, de sorte qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à y chercher.
Un vieux camarade de vie que le livre de chevet.


Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.cndp.fr/

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