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Revue de presse Afrique

A la Une: le Burkina Faso à la recherche de la perle rare…

Audio 05:04
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Comme le constate le quotidien Aujourd’hui, « depuis la semaine passée, le Burkina Faso, sous transition militaire, est à la recherche frénétique d’une perle rare : l’homme qui va diriger la transition civile jusqu’à la présidentielle de novembre 2015. » Seulement voilà, on en est toujours à la case départ… « Les trois chefs d’Etat dépêchés par la Cédéao, en l’occurrence Goodluck Jonathan, John Dramani et Macky Sall, ont ahané de concert avec les protagonistes burkinabè pour s’accorder sur un nom. En vain !, s’exclame Aujourd’hui. (…) La société civile a proposé ses candidats. Mais, il y a eu un hic, car ceux qui vraiment avaient le profil de l’emploi n’ont pas voulu figurer sur cette liste. Ainsi, en est-il par exemple du professeur Luc Marius Ibriga, constitutionnaliste de son état, qui a décliné l’offre, préférant participer activement à la rédaction de la charte devant régir cette transition civile. »

« Du côté de l’opposition, c’est une feuille blanche qui a été rendue aux trois missi dominici de la Cédéao, constate encore Aujourd’hui. Est-ce par manque de candidatures au CV bien étoffé ? Que nenni ! Ici, le problème est tout autre. Evidemment, chaque leader à la présidentielle de 2015 est en ligne de mire, et ne compte donc pas perdre son temps avec cette petite présidence éphémère de 12 mois. Ensuite, il y a mieux ou pire, c’est selon. Car il s’en trouve qui sont intéressés, mais se heurtent, semble-t-il, au refus des autres leaders. Nous voilà bien loin, conclut Aujourd’hui, de cette cohésion affichée autour du « tout sauf Blaise » qui a servi de mot d’ordre à cette opposition. »

Un prélat, un général, un fonctionnaire international ?

Pour Le Pays, autre quotidien burkinabè, « le futur président de la transition doit être la personnalité la plus neutre et la plus crédible possible. De ce point de vue, estime-t-il, cet oiseau rare pourrait se recruter au sein de l’Eglise catholique. Cette piste est d’autant plus lumineuse, explique Le Pays, que l’Eglise a eu le mérite, bien avant que les choses basculent, d’interpeller le régime en des termes explicites et avec des arguments pertinents, sur les risque liés à la révision de l’article 37. Aujourd’hui, l’histoire lui donne parfaitement raison. Les forces vives, qui ont été à l’avant-garde de la révolution du 30 octobre, pourraient donc se satisfaire de voir l’Eglise catholique piloter la transition. »

Certes, rebondit le site d’information Fasozine, « le nom d’un homme de Dieu, en la personne de Mgr Paul Yembuado Ouédraogo, président de la Conférence épiscopale Burkina-Niger, s’est bien dégagé (écouter son interview sur RFI ici), mais il ne fait pas l’unanimité auprès de la confession religieuse musulmane, et même au sein des catholiques. Pour le clergé, cette fonction hautement politique est contraire au " jus canonicum " (au droit canonique) sauf dérogation venant droit du Vatican. Compte tenu de la situation exceptionnelle du Burkina Faso, peut-être que le Saint-Siège daignera bien accorder cette exception. »

Fasozinecite par ailleurs d’autres noms… « L’autre personnalité qui se rapproche du poste est le général Tiémoko Marc Garango, premier médiateur du Faso, ancien ambassadeur, ancien ministre des Finances et du commerce du premier gouvernement de feu le président Sangoulé Lamizana, homme reconnu intègre et travailleur. » Il y a aussi « Lassina Zerbo, le secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires. » D’autres noms circulent encore… Toutefois, s’interroge Fasozine, « ceux dont les noms reviennent régulièrement dans les cercles officiels et informels de discussion, seront-ils prêts à griller leur position actuelle pour le fauteuil éphémère et très brûlant de président de transition au Burkina Faso ? La fibre patriotique fera peut-être la différence, ou alors les propositions d’après présidence de transition doivent être encore plus alléchantes. »

Les militaires veulent leur part…

Enfin, autre difficulté dans le processus de transition au Burkina, l’attitude de l’armée qui, certes, est prête à remettre le pouvoir de transition à un civil, mais qui, dans le même temps, semble vouloir sa part du gâteau… C’est ce que pointe le site d’information Guinée Conakry Infos : « Les militaires souhaitent se retrouver en interne, affirme le site, pour discuter des conditions qu’ils pourraient soumettre, en contrepartie du " sacrifice " qu’ils consentent en se délestant du pouvoir. Dans les rangs de la société civile et des milieux politiques, on a également conscience que pour amener l’armée à honorer ses engagements, il y a un prix à payer. »

Et de continuer : « Ayant été très étroitement associée à la gestion du pays depuis son indépendance, une partie de la " grande muette " redoute d’en être écartée. Elle ne veut surtout pas perdre les privilèges dont elle jouissait. C’est ainsi que, selon des indiscrétions, précise Guinée Conakry Infos,20 des 90 postes prévus au compte de l’organe législatif de la transition reviendraient au colonel Zida et à ses camarades d’armes. Quelques postes ministériels régaliens leur seraient également dévolus. »

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