Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une: jeu de massacre dans l'affaire Fillon-Jouyet

Audio 06:32
AFP

Publicité

C’est le grand titre de Libération. « Jeu de massacre » entre l'ancien Premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet. « L’affaire Fillon-Jouyet tourne au scandale d’Etat », s’exclame Le Figaro. « Le bras droit de Hollande dans la tourmente », lance Le Parisien. « Une affaire gênante », soupire L’Est républicain. « Fillon se dit victime d’une machination », constate La Nouvelle République.

Alors, petit rappel : selon les informations du Monde, publiées samedi, François Fillon a bien incité le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet à « taper vite » - ce serait ses termes - contre Nicolas Sarkozy pour accélérer les enquêtes en cours. « Le 24 juin, rappelle Le Monde, François Fillon et Jean-Pierre Jouyet ont déjeuné en compagnie d’un ami commun dans un restaurant proche de l’Elysée. Aucun des protagonistes ne conteste que ce repas ait été pris en commun : les deux hommes se connaissent, M. Jouyet a été secrétaire d’Etat du gouvernement Fillon. Selon le récit qu’a fait Jean-Pierre Jouyet à deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Fillon a donc demandé à l’Elysée d’intervenir afin d’accélérer le cours des affaires qui visent Nicolas Sarkozy. »

Jean-Pierre Jouyet a par la suite confirmé cette conversation aux deux journalistes du Monde. Après avoir nié, il a finalement reconnu que l’affaire Bygmalion et les pénalités de Sarkozy étaient bien au menu du fameux déjeuner du 24 juin. Pour sa part, François Fillon, hier dans le JDD et devant les caméras de TF1, a démenti les propos rapportés par Le Monde et annoncé qu’il portait plainte contre le journal. Il a également accusé Jean-Pierre Jouyet de « mensonge ». Au final, rapporte Le Monde, « rien n’indique que l’exécutif ait interféré dans les procédures judiciaires (…). Contacté par le journal hier, un proche de François Hollande a assuré que la justice ne recevait pas d’ordre de l’exécutif. » Résultat, donc, le secrétaire général de l’Elysée et l’ancien Premier ministre sont dans la tourmente.

Le Pen et Sarkozy tirent les marrons du feu

Et une fois de plus, les Français assistent à un pugilat stérile sur fond de lutte pour le pouvoir… « Les Français n’en peuvent plus, s’agace Le Parisien, de voir que leurs dirigeants ou ceux qui prétendent le devenir font plus souvent parler de leurs turpitudes que de leurs projets pour redresser notre pays. » Le Figaro hausse le ton également… « Qu’a-t-on vu depuis deux ans et demi ? À droite, la sulfureuse affaire Bygmalion, et ses millions envolés on ne sait trop dans la poche de qui. On a vu aussi l’affligeant combat Copé-Fillon pour la présidence de l’UMP, tragicomédie qui aura convaincu les Français que les hommes politiques vivent à des années-lumière de leurs soucis quotidiens. »

« À gauche ? Ce fut un festival !, poursuit Le Figaro. Sur fond de marasme économique et de frénésie fiscale, un ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a dû avouer aux Français qu’il cachait de l’argent en Suisse. Et un secrétaire d’Etat, Thomas Thévenoud, a plaidé la " phobie administrative " pour justifier le fait qu’il ait, de longue date, mis à la corbeille ses avis d’imposition… N’en jetez plus !, fulmine le quotidien d’opposition. Comment s’étonner que Marine Le Pen profite des dérives de ce qu’elle appelle " l’UMPS " ? Pourquoi s’indigner que le vote FN progresse quand on fait tout pour qu’il en soit ainsi ? Si de plus en plus de Français votent pour le FN, c’est parce qu’ils attendent de leurs hommes politiques deux qualités simples et éminentes, qui s’appellent la vertu et la probité, et qu’ils ne voient ni l’une ni l’autre, au PS comme à l’UMP. Il serait peut-être temps de s’en rendre compte. »

En effet, insiste La Charente Libre, « la principale bénéficiaire à attendre des dégâts de l’affaire Jouyet-Fillon, est incontestablement une Marine Le Pen déjà radieuse de voir les " magouilles et les manipulations " liant les responsables de " l'UMPS " jetées en pâture à l’opinion. » « Sur la forme, renchérit L’Alsace, cette affaire révèle l’incroyable légèreté d’un personnel politique français qui ne tire jamais aucune leçon du passé. Et voilà comment des affaires de fraude fiscale à celles de collusion, l’extrême droite, en France, frappe à la porte du pouvoir. »

Et puis, complètent Les Echos, « une autre personnalité, discrète sur le sujet, voit dans ces rebondissements de quoi étayer ses thèses. Nicolas Sarkozy, qui peut aujourd’hui donner corps à son statut autoproclamé de " victime ". Au menu de ce déjeuner du 24 juin, il y avait, semble-t-il, un plat unique : comment faire pour le sortir du jeu politique. » En effet, déplore Libération, « cerné par les affaires, confronté à des sondages médiocres, contesté jusque dans son propre camp, Nicolas Sarkozy ne pouvait rêver d’une telle aubaine. A travers quelques lignes d’un livre bien informé, l’ancien président a désormais des arguments pour dénoncer la collusion entre son ancien Premier ministre, devenu son premier adversaire, et un pouvoir socialiste prêt à tout pour l’abattre. Il peut à nouveau se poser en victime et reprendre l’antienne du complot d’un improbable cabinet noir. »

Vers une troisième Intifada ?

Le dossier israélo-palestinien à la Une de La Croix, avec notamment cette question : « Est-on au bord d’une troisième Intifada à Jérusalem-Est ? » « La tension dans la ville sainte est extrêmement vive entre Israéliens et Palestiniens, constate le quotidien catholique. Elle menace de dégénérer. » Commentaire de La Croix : « Les affrontements se situent logiquement sur deux plans : national, avec la politique israélienne de grignotage des quartiers palestiniens, et religieux, les extrémistes juifs et musulmans se disputant la " propriété " de l’esplanade que les uns appellent du Temple et les autres des Mosquées. Sur le papier, la solution est simple, relève La Croix. Elle est de reconnaître ce que l’histoire a fait de cette ville la capitale de deux peuples et un lieu sacré pour trois religions. »

« Il faut donc aller vers une cohabitation de deux Etats qui garantirait elle-même le respect des lieux saints et leur libre accès pour les fidèles du monde entier, conclut le quotidien catholique. Facile à dire mais si difficile à réaliser tant les passions sont exacerbées localement, régionalement et même mondialement. Une désescalade ne pourra d’ailleurs s’engager que si les acteurs internationaux – et singulièrement les Etats-Unis – exercent une pression constructive tant sur les Israéliens que sur les Palestiniens. »

Le PSG toujours invaincu…

Enfin, le football avec un classico Paris-Marseille, hier soir, qui a tenu toutes ses promesses… « Paris tient le choc », s’exclame L’Equipe,qui qualifie ce match d’ « haletant et spectaculaire ». « L’efficacité des Parisiens a fait la différence et leur permet de revenir à un petit point de l’OM. La suite du championnat s’annonce passionnante. » « Paris dompte l’OM », s’enthousiasme Le Parisien. « Du haut de ses quatre succès de rang en L 1, six toutes compétitions confondues, le champion en titre commence à ressembler à l’ogre que son effectif l’oblige à être. »

Et puis, il y a eu le retour de Zlatan, rapporte Le Figaro… « L’homme que l’on attendait plus. Zlatan Ibrahimovic. Frustré de compétitions depuis sept longues semaines en raison d’une talalgie et simple remplaçant au coup d’envoi. Pour sa 100e apparition sous les couleurs parisiennes peu après l’heure de jeu, le colosse suédois se voyait réserver une ovation digne d’un empereur romain. » Au final, donc, 2 à 0 pour le PSG. « Le public parisien pouvait chambrer : " Et ils sont où les Marseillais ? " Le patron de la Ligue 1, conclut Le Figaro, ce n’est pas encore tout à fait le Paris SG. Mais ce dimanche, il a réellement frappé un grand coup ! »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.