Chronique des matières premières

Le réveil des prix de l’uranium

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Les groupes miniers ont profité du réveil des prix de l'uranium. Ici, la mine d'uranium Ranger située dans le parc national de Kakadu, dans le nord de l'Australie.
Les groupes miniers ont profité du réveil des prix de l'uranium. Ici, la mine d'uranium Ranger située dans le parc national de Kakadu, dans le nord de l'Australie. Getty Images/UIG/Auscape

La décision du Japon de relancer deux réacteurs nucléaires a sonné le réveil des prix du combustible, le concentré d'uranium.

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Les prix de l’uranium sortent brutalement de leur léthargie. Vendredi dernier, sur le marché spot, ils ont connu leur plus forte hausse quotidienne, 4,5 %, depuis la catastrophe de Fukushima, qui avait condamné toutes les centrales japonaises au sommeil et donné un coup d’arrêt à l’industrie nucléaire mondiale.

Ce même vendredi, la préfecture de Kagoshima donnait son feu vert au redémarrage des deux réacteurs de Sendaï au nord de l’archipel nippon. Hier, la Russie s'est engagée à construire deux nouveaux réacteurs à Bouchehr, en Iran. Et l'Australie s'apprête à vendre du combustible à l'Inde. Depuis plusieurs jours déjà, les ventes de concentré d’uranium s'étaient accélérées sur le marché spot, avec le retour aux achats des principaux opérateurs de centrales aux Etats-Unis, donnant en quelque sorte le signal à tous les autres opérateurs du nucléaire, qui ne veulent plus tarder à se réapprovisionner de peur de voir les prix grimper davantage.

Désormais c'est sûr, le Japon ne vendra pas ses stocks d'uranium sur le marché mondial, pas de risque de voir s'aggraver le surplus mondial de combustible. Le prix de la livre de concentré d'uranium ne risque pas de rechuter. Elle vaut désormais 39 dollars, 50 % de plus qu'avant l'été sur le marché spot, 45 dollars sur le marché à long terme.

Les groupes miniers ont profité de ce regain en Bourse, du Canada à l'Australie, même en France l'action d'Areva se porte un peu mieux, après avoir plongé sous le coup de mauvais résultats cette année. Mais tous ces producteurs d'uranium ont diminué leur production, et si l'on ajoute la baisse des quantités d'uranium recyclé, l'offre de combustible a tout de même chuté de 11 % en 2014 sans que cela ne fasse disparaître le surplus mondial. Si le réveil des prix de l'uranium est réel, l'heure d'ouvrir de nouvelles capacités extractives, du Kazakhstan au Niger n'a pas encore sonné.

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