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Revue de presse française

A la Une: la mémoire des pierres

Audio 06:45
AFP
Par : François-Xavier Freland

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A la Une, la sonde Rosetta lancée en 2004 largue aujourd’hui son robot Philae pour analyser le sol de la comète 67P, un évènement planétaire à la Une de tous vos journaux ce matin. Alors « pourquoi cette comète », se demande Libération. Parce qu’elle pourrait détenir les secrets de l’apparition de la vie sur Terre. Elle est un « de ces milliards d’astres errants à travers le système solaire, formés en même temps que le Soleil et la Terre, il y a plus de 4 milliards d’années et inchangés depuis ».

Et on la voit dans Libération, cette comète en photo pleine page prise donc par Rosetta. Elle ressemble à une grosse pierre, pas vraiment ronde, pas vraiment homogène. Les détails sont si incroyables qu’on voit même la pellicule de neige qui la recouvre. Le robot doit d’ailleurs atterrir dans quelques heures sur cette neige sale, précise Libération, dans un paysage tourmenté fait de pentes abruptes et de rochers. Le risque d’échec de l’opération est donc très élevé mais constitue un défi scientifique de grande ampleur... François Sergent dans l’éditorial de Libération salue cette « prouesse scientifique, un exploit littéralement cosmique, selon lui, qui a réuni des milliers de scientifiques du Vieux Continent, entièrement européen, réalisé sans les Russes ni les Américains », précise-t-il.

Le Parisien Aujourd’hui en France appelle ça « le rendez-vous historique de l’espace ». A noter cette note d’humour, signée du caricaturiste Ranson dans ses colonnes ce matin, mercredi 12 novembre. On y voit un Français pantouflard assis devant sa télévision pour regarder en direct l’atterrissage du robot Philae sur la comète 67P, quand soudain une soucoupe volante apparaît à l’écran avec une banderole où il est écrit « Hollande démission ». Et le téléspectateur outré s’exclame : « Il y a toujours des cons pour gâcher les moments historiques ». Le caricaturiste du Parisien fait évidemment allusion à la banderole anti-Hollande déployée quelques minutes avant l’arrivée du président. C’était au-dessus du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette, lors des commémorations du 11-Novembre.

Israël : le risque d’une troisième intifada

Dans un tout autre domaine, Israël redoute une troisième intifada, selon Le Figaro. Le Figaro publie une photo très étonnante, d’un enfant palestinien, visiblement, très, très jeune qui ramasse une pierre à côté de ses copains pour la lancer vraisemblablement sur des militaires israéliens. Des émeutiers souvent très jeunes y défient presque chaque soir les forces de police, qui ont procédé à plus 1 000 interpellations. Une répression qui, loin de ramener le calme, semble avoir alimenté l’escalade. « La guerre meurtrière à Gaza et les revendications conflictuelles autour des lieux saints ont ajouté à la colère ambiante », constate Le Figaro.

« Le meurtre de deux Israéliens, poignardés à quelques heures d’intervalle a ravivé lundi 10 novembre, de bien douloureux souvenirs », rappelle encore Le Figaro. Après plusieurs années d’un calme relatif, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader depuis le début de l’été. Et tout aussi inquiétant, les violences jusqu’à présent cantonnées à Jérusalem semblent désormais en passe de se propager non seulement en Cisjordanie, mais aussi au centre et au nord d’Israël. Pour L’Humanité, « de Jénine à Naplouse, la révolte bout contre l’occupation », les humiliations, l’accélération de la colonisation. « Ils ont morcelés la Palestine en territoires séparés, entre lesquels ils nous est interdit de circuler. Nous vivons isolément chacun dans son ghetto » déplore un jeune étudiant.

Et dans son éditorial intitulé « Mémoire des pierres », Patrick Apel-Muller estime que le gouvernement français qu’il accuse d’avoir justifié la guerre contre Gaza pourrait se réhabiliter « en reconnaissant officiellement un Etat palestinien ».

Intifada verte

Dans ce conflit sans fin, La Croix nous redonne un peu d’espoir, avec cette intifada verte en Cisjordanie. Dans un champ de pierres et de rocailles, un village tout entier fait le pari de la résistance verte, nous dit le journal catholique. A 8 kilomètres seulement de Jérusalem, le village de Battir en Cisjordanie, récemment classé au patrimoine de l’Unesco lutte à sa manière contre la barrière de séparation. Le paysage est magnifique, quelques cultures en terrasse descendent vers la vallée, où passe encore la ligne de chemin de fer construite en 1949 pour relier Jérusalem à Tel-Aviv. Les autorités israéliennes comme partout ailleurs dans le pays avaient projeté d’ériger un mur le long de celle-ci, mais les villageois ont fait preuve de tellement d’énergie contre, que cela n’a jamais été le cas. L’argument avancé est écologique : un mur briserait l’harmonie de ce paysage millénaire. Les habitants ont donc misé sur l’écotourisme en réaménageant une vingtaine de kilomètres et de sentiers de randonnées. Et bien qu’entourée de colonies de peuplement, cette zone n’a pas connu le moindre acte terroriste en trente ans, constate La Croix.

Le sport, victime d’Ebola

Le Maroc ne recevra pas la CAN 2015 et sa sélection a été automatiquement écartée de la compétition. La coupe d’Afrique victime d’Ebola titre L’Equipe. Le Maroc a été dessaisi de l’organisation de la CAN et sanctionné sportivement pour avoir exigé un report de l’épreuve en raison d’Ebola. « Et si la CAN quittait l’Afrique ? », se demande L’Equipe qui a bien du mal à voir où pourrait se jouer la compétition sur le continent, et qui constate que l’une des pistes de repli pourrait être le Qatar, qui trouverait là une occasion de tester ses compétences, avant la Coupe du monde qu’elle accueillera chez elle en 2022. En attendant, au Maroc, c’est la déception constate Le Parisien Aujourd’hui en France même si on fait bloc derrière les autorités selon lui. Dans le reportage de son correspondant à Casablanca, un buraliste qui regrette la suspension de l’équipe des Lions de l’Atlas estime que les autorités ont raison de prendre toutes les précautions nécessaires mais se demande quand même si cela ne cache pas « quelque chose d’autre » : le manque de préparation de l’équipe nationale. Un étudiant dit plus loin : « Les dirigeants de la Fédération nationale ont dû se rendre compte qu’ils étaient vraiment en retard et ils ont pris comme prétexte Ebola. »

« Qui vive » : lorsque l’oppression pousse à la violence

La sortie de Qui vive, avec l’acteur Reda Kateb est saluée par le quotidien Le Monde. Rien que pour l’acteur fétiche du Prophète, on s’en souvient, le film vaut le détour à en croire Le Monde qui parle d’un premier film réussi pour la réalisatrice Marianne Tardieu. Reda Kateb y joue le rôle d’un vigile de centre commercial au milieu d’une cité, qui s’ennuie ferme, sanglé dans son costume-cravate et rêve de quitter cette grande banlieue qui l’étouffe. « Son envie d’un autre monde, d’une autre humanité, se lit sur son visage », lit-on dans Le Monde. L’auteur écrit plus loin : « L’histoire d’un type bien qui voudrait s’en sortir dignement et qui parce qu’on le pousse à bout finit par commettre une erreur grave ».

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