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Revue de presse française

A la Une: Europe, tourisme spatial contre tourisme social

Audio 06:55
AFP
Par : François-Xavier Freland

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La Cour de justice européenne a jugé hier, mercredi 12 novembre au Luxembourg qu’un Etat n’était pas tenu de verser des aides à des personnes venant dans un pays dans le seul but de toucher des prestations. « La décision a été saluée dans les capitales prospères », constate Le Parisien mais en France, cela reste ultrasensible. En gros, au FN, on se réjouit d’une décision qui valide ce que le parti d’extrême droite prône depuis toujours, à l’UMP aussi, à gauche, on met en garde contre toute stigmatisation. Cette décision porte une nette limite à ce qu’on appelle parfois le « tourisme social », constate Le Parisien qui en fait sa Une. Cette expression de « tourisme social » désigne les pratiques de ressortissants des pays les moins aisés de l’Union européenne qui partent vivre dans les plus riches, non pas pour trouver un travail, mais pour bénéficier d’aides sociales.

Reste selon Le Parisien que les politiques semblent oublier que la portée de ce jugement sera très limitée en France. Selon Le Parisien, contrairement aux idées reçues, c’est assez compliqué en France de bénéficier de ces aides, si on n'atteste pas d’un titre de séjour en cours de validité, ou si l’on ne réside pas sur le territoire depuis au moins 3 mois. Le Parisien déplore néanmoins un certains nombre de fraudes. Des filières sont constituées notamment en Tchétchénie pour bénéficier par exemple, de l’aide médicale d’Etat ou AME.

Sivens : une bavure mal gérée ?

En France, la polémique sur la mort de Rémy Fraisse, victime d’une grenade offensive lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens, repart de plus belle. Libération revient en Une sur ces révélations du Monde hier, mercredi 12 novembre, qui, selon le quotidien attestent que les gendarmes connaissaient tout des circonstances de la mort et que le gouvernement, lui, aurait joué la montre, selon ses propres mots.

Le décryptage du film tourné par l’escadron et révélé par Le Monde est accablant, vous l’avez déjà entendu : à 2 h 03 du matin précisément, un gendarme s’époumone devant le cadavre de Rémy Fraisse : « Il est décédé, le mec… Là, c’est vachement grave… Faut pas qu’ils le sachent… » En référence « aux manifestants ».

« Ces gendarmes ont-ils caché la vérité à l’autorité politique ?, s’interroge Laurent Joffrin dans l’éditorial. Il est beaucoup plus vraisemblable, écrit-il encore, que les responsables gouvernementaux ont obéi à ce vieil adage du cynisme politique : il faut retenir les informations jusqu’à ce qu’elles n’aient plus d’importance. »

Rashwan, 15 ans, otage du groupe Etat islamique

L’humanité publie le témoignage exclusif d’un jeune otage de Daesh, ou groupe Etat islamique à Kobane en Syrie. On découvre Rashwan 15 ans, en photo dans L’Humanité, avec encore un peu d’acné juvénile. Au mois de mai dernier, Rashwane revient d’Alep en car avec des collègues de classe et passe dans la zone désormais contrôlée par le groupe Etat islamique. A un barrage, une dizaine d’hommes armés surgissent. Les hommes les emmènent de force vers une mosquée pas très loin pour soi-disant leur poser quelques questions. Rashwan reconnaît un accent d’ailleurs, « tunisien », précise-t-il à l’envoyé spécial de L’Humanité. Ils sont en réalité pris en otage, pour servir de monnaie d’échange, avec des combattants jihadistes prisonniers des forces kurdes. L’enfant raconte son calvaire qui a duré plusieurs mois, où il sera souvent frappé, et durant lequel on a essayé de l’endoctriner pour rejoindre les troupes du groupe Etat islamique. Ce sont les bombardements alliés qui ont permis à Raschwan de recouvrer la liberté selon L’Humanité.

Arabie saoudite : la peur de la contagion jihadiste

L’Arabie saoudite se protège quant à elle de plus en plus de cette menace jihadiste, selon Le Figaro ce matin. Ce pays qui compte plus d’un millier de ressortissants combattant en Irak et en Syrie aux côtés de l’État islamique, redoute d’être à son tour prise pour cible par les jihadistes qui ne sont plus qu’à 200 kilomètres du royaume, écrit George Malbrunot.

Après avoir dépêché à la hâte au début de l’été 30 000 soldats de la garde nationale à la frontière avec l’Irak, les autorités saoudiennes ont très discrètement fait appel à plusieurs milliers de soldats égyptiens, dont des éléments des Forces spéciales pour épauler l’armée face à une éventuelle incursion jihadiste dans le royaume. Apparemment, « les Saoudiens n’ont pas une confiance totale dans leurs forces de sécurité », explique l’une de ces sources. « L’Arabie est le berceau du wahhabisme, […] dont se réclament les dirigeants de Daech en Syrie et en Irak ». A en croire Le Figaro, les jihadistes bénéficient d’une certaine sympathie chez les jeunes notamment, critiques d’une monarchie vieillissante.

Balkany l’Africain

L’Obs fait des révélations ce matin sur celui qu’il surnomme « l’ami fidèle de Sarkozy », soupçonné d’avoir constitué une partie de sa fortune en Afrique. Selon L’Obs, les Balkany habitent un domaine de 4 hectares près de Giverny; passent leurs vacances d’été à Saint-Martin, ou parfois dans un palais de 1 600 mètres carrés dans la palmeraie de Marrakech, ils offrent des billets d’avion et des séjours exotiques à leurs amis, mais à part ça ils ne payent pas l’impôt sur la fortune. Comment peuvent-ils s’offrir un train de vie de millionnaires, s’interroge L’OBS.

Les Balkany ont été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Hier, mercredi 12 novembre, l’enquête a connu un nouveau rebondissement, nous apprend L’Obs. Une demande d’information judiciaire visant Patrick Balkany a été ouverte et émanerait de la République de Centrafrique. On le soupçonne d’avoir profité de commissions importantes, dans le cadre d’un litige opposant le groupe Areva et l’ancien gouvernement, suite au rachat en 2007 de la société minière d’uranium locale. La justice a même constaté que Balkany et l’un de ses proches conseillers à la mairie de Levallois, avait fait de nombreux voyages en Afrique. Libreville est même jumelée avec Levallois. « Quelles sont les bonnes affaires à faire en Afrique en ce moment », aimait à demander le conseiller en question à ses interlocuteurs africains. Apparemment, Patrick Balkany connaîtrait si bien l’Afrique, qu’on aurait même pensé à lui pour devenir le Monsieur Afrique sous Sarkozy. Voilà, des révélations qui risquent encore de faire grincer beaucoup de dents.

L’hymne à la lenteur

Et puis toute la presse salue l’atterrissage réussi du robot de la petite sonde européenne sur la comète « Chury » hier, mercredi 12 novembre. La sonde Rosetta est la reine de toutes les Unes ce matin, dans un élan de patriotisme, d’europhilie. « L’Europe et le robot Philae, au firmament », s’exclame Le Populaire du Centre ce matin. Le Journal du centre ose même parler « de 7ème ciel pour Philae et L’Europe ».

On l’a dit hier, pour résumer, la sonde Rosetta va tenter à travers l’étude de cette comète de comprendre l’histoire de la terre.

« Ce qui a de fou, estime Dominique Quinio dans l’éditorial de La Croix, c’est que pour atteindre cette comète située à 500 millions d’années, la sonde Rosetta a été lancée par une fusée Ariane, il y a douze ans. C’est l’hymne paradoxal à la lenteur. »

 

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