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Revue de presse Afrique

A la Une : la grogne des militaires en Côte d’Ivoire

Audio 04:04
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Des soldats sont descendus dans les rues hier un peu partout dans le pays. « Des milliers de soldats se révoltent », s’exclame Soir Infos. « Les militaires secouent la République », lance L’Inter. « La vérité sur les milliards et sur les vraies revendications des militaires », titre L’Intelligent.

« Hier mardi, relate le journal, l’on a constaté des bruits de bottes un peu partout dans des casernes à Bouaké, Daloa, Bondoukou et Abidjan. Au nombre des revendications des soldats, le paiement de rappel de deux ans d’arriérés de salaires (entre 2009 et 2011), soit 360 000 francs CFA par soldat, le paiement de solde de retard de bail de 50 000 francs CFA par élément, ainsi que la prime d’installation et la prime Ecomog de plusieurs millions par élément. Ces revendications ont aussi porté sur des montées en grade et des frais de mission impayés. »

L’Inter prend l’exemple de Bouaké : « Las de voir leurs exigences renvoyées aux calendes grecques, les soldats ont pris d’assaut la ville tôt hier matin. Très vite, le quartier Commerce, centre des affaires, est bouclé. Les services, les commerçants et autres opérateurs ne se font pas prier pour fermer. Des barricades sont dressées sur les principales artères de la ville, empêchant la circulation des biens et des personnes. Impossible d’avoir accès à la capitale du Centre pour les voyageurs en provenance du sud ou du nord ; les corridors étant fermés et les gendarmes, douaniers et policiers en faction en ces lieux, chassés par les FRCI mécontents. Tout donnait l’allure d’un mouvement insurrectionnel au point où avoir un interlocuteur direct était un exercice périlleux. »

Hier soir, rapporte Fraternité Matin, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, s’est voulu rassurant : « Le président de la République Alassane Ouattara n’était pas très content de savoir que cette question des salaires qui était prévue par les accords de Ouagadougou n’ait pas été traitée et exécutée. (…) Vous vous êtes exprimés. Le président a compris. Il a donné des instructions fermes au gouvernement. Dès demain mercredi, nous entamerons des discussions sur les modalités d’exécutions. »

Traumatismes…

Les mauvais souvenirs sont remontés à la surface. C’est ce que constate L’Inter : « Encore une histoire de primes impayées par l’armée, soupire le journal. Le mouvement d’humeur des militaires ivoiriens vient une fois encore bousculer le quotidien des populations qui croyaient avoir tourné la page des traumatismes. En effet, les crépitements d’armes hier à Bouaké et à Abobo ont réveillé chez les populations le traumatisme de la guerre postélectorale. La frayeur était sur les visages des travailleurs qui fuyaient pour certains leur bureau, pour d’autres leur commerce ou leur magasin. (…) Vivement qu’une solution pérenne soit trouvée, conclut L’Inter, pour éviter de plonger encore les populations dans la frayeur. »

« Le calme avant la tempête ? », s’interroge de son côté le site Connection ivoirienne. « Les ex-combattants, miliciens et éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire qui ont accompagné Alassane Dramane Ouattara dans sa prise du pouvoir, ont déterré la hache de guerre. (…) N’oublions pas que le régime de Bédié est tombé suite à des revendications militaires. On n’est jamais assez fort et puissant éternellement. L’histoire de l’humanité montre que les princes qui sont parvenus au pouvoir grâce à des alliés sont toujours l’objet de leur chantage. C’est la capacité du prince à négocier qui fera de lui le maitre à bord. »

Blaise porterait-il la poisse ?

Le site Guinée Conakry Infos, pour sa part, établit un lien entre cette grogne des militaires ivoiriens et les récents événements au Burkina. « Un lien qui n’est de prime abord pas très évident, reconnait-il. Et pourtant, la protestation des soldats ivoiriens d’hier est la conséquence d’une longue et lancinante crise sociopolitique, dans laquelle l’actuel locataire de la luxueuse résidence de Yamoussokro (Blaise Comparoré donc) avait joué un rôle déterminant. La différence cependant, relève le site guinéen, c’est que, débarrassé de Compaoré, le Burkina Faso s’en sort plutôt bien, tandis qu’en Côte d’Ivoire, l’arrivée du même ex-président coïncide à un cinglant rappel à l’ordre de la part des militaires. On pourrait croire que le problème, c’est finalement Blaise ! On pourrait dire que le Burkina Faso fait la passe à la Côte d’Ivoire. Et que Blaise Compaoré serait le ballon. En effet, pointe Guinée Conakry Infos, alors que la prestation de serment de Michel Kafando augure d’une transition apaisée au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, la sortie des militaires vient rappeler que la page de la crise sociopolitique n’est pas tout à fait tournée. »

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